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L’empathie chez le chien

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je me permets une petite précision : dans cet article, j’utiliserai le terme « animal » en opposition à « humain » par commodité, mais rappelons que l’humain fait lui-même partie intégrante du règne animal. La différence entre les autres espèces et lui est plus quantitative que qualitative, l’humain et les autres animaux étant tous le fruit d’une co-évolution. L’homme, en termes de taxonomie, n’est aucunement « à part ». Darwin a bien déblayé le sujet il y a déjà presque deux siècles, nous rappelant que notre prétendue « supériorité » n’est que purement subjective.


L’empathie, donc. Est-elle l’apanage de l’humain ? Après lecture du premier paragraphe de ce post, vous vous doutez de la réponse. L’existence de l’empathie chez les animaux est prouvée depuis longtemps, chez les dauphins, les singes (le primatologue Frans de Waal a observé chez les primates des comportements empathiques il y a plus de 40 ans), les éléphants, et même des animaux plus surprenants comme les petits rongeurs (souvenez-vous de cette vidéo montrant une souris en train de « réanimer » un congénère). Quand un membre du groupe, ou un congénère « ami » est en difficulté, on observe chez beaucoup d’animaux une contagion émotionnelle mais aussi des comportements de réconfort, comme de l’allotoilettage (le fait de toiletter un congénère) par exemple.


Nos chiens ne sont évidemment pas exempts d’empathie, d’autant qu’ils sont des animaux sociaux. Tout comme nous, ils produisent de l’ocytocine, et cette hormone intervient dans les comportements de réconfort. À l’instant même où j’écris ces lignes, mon chiot Aubrac vient de se cogner une patte et a poussé un cri aigu. Sirius, mon Border de 4 ans, qui est très proche d’Aubrac, s’est levé en précipitation pour venir voir ce qui se passait. Il s’agit d’un comportement empathique.


Sirius est sans aucun doute le plus empathique de mes quatre chiens. C’est une véritable éponge à émotions, et il suffit que je sois énervée ou triste, ou qu’un chien de son groupe social soit perturbé par un événement extérieur, pour qu’il vienne immédiatement voir ce qui se passe en émettant des signaux de stress évidents (montée en excitation, halètements, mydriase...). C’est même parfois ennuyeux car je dois toujours veiller à ne pas avoir un mot plus haut que l’autre à la maison, et je dois faire attention à ce que mes autres chiens ne se chamaillent pas, car une situation de tension, même si elle ne le concerne pas, le stresse aussitôt. Sirius n’est pas seulement un individu sensible : il semble absorber malgré lui les émotions des autres, et j’ai observé à maintes reprises chez lui des situations de réconfort (réduction de la distance avec l’autre, reniflages inquisiteurs, coups de museau, etc).


Si votre chien est particulièrement empathique, veillez à ne pas l’exposer à des situations trop difficiles à gérer pour lui. Vos propres émotions et celles des autres peuvent l’impacter négativement, et même s’il ne s’agit pas de le maintenir dans une bulle, il est nécessaire de le préserver un minimum. On évitera donc certaines formes de médiation animale avec ces chiens, ou les discussions politiques animées… L’occasion de nous rappeler encore une fois que nous sommes peut-être des animaux atypiques, mais des animaux tout de même, fruit d’une évolution conjointe avec les individus à fourrure, à plumes ou à écailles qui partagent notre planète.


Elsa Weiss / Cynopolis Formations

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