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89 éléments trouvés pour «  »

  • Dr Jekyll et Mister Beagle !

    Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il existe un fossé entre l'image que l'on se fait couramment du Beagle et sa véritable personnalité. Le Beagle constitue une exception au sein du groupe 6 (celui des chiens courants) de la nomenclature des races de la FCI. Les chiens courants sont employés quasiment exclusivement pour la chasse, et n'ont jamais conquis nos salons ; ils sont très peu adaptés à la compagnie et sont pour la plupart inconnus du grand public. Qui a déjà entendu parler du Porcelaine, du Billy, du Français ou du Brachet polonais ? Le Beagle, en revanche, avec sa bonne bouille et sa petite taille, est devenu ces dernières années l'un des chiens préférés des Français. On imagine souvent les chiens de taille modeste plus simples à gérer au quotidien, moins demandeurs de sorties que les plus grands et plus faciles à éduquer même pour les personnes néophytes. Il est faux de croire qu'un petit chien est plus facile à gérer qu'un chien plus grand. Certes, un Boxer qui tire en laisse, ne revient pas au rappel ou se montre réactif avec ses congénères causera davantage de problèmes à ses propriétaires qu'un Bichon maltais présentant les mêmes soucis. Mais la différence s'arrête là. Quelle que soit sa taille, un chien est un chien avec un mode de pensée canin, et cela qu'il s'agisse d'un Doberman ou d'un Carlin. Le Beagle, notamment, est la preuve vivante qu'on peut se tromper du tout au tout au sujet des petites races. Car c'est là que le bât blesse : alors que le Beagle devrait être choisi pour tenir compagnie à des personnes de préférence sportives, ayant déjà un autre chien si possible et bénéficiant de solides connaissances en matière d'éducation canine (car le Beagle est difficile à éduquer, qu'on se le dise !), il est souvent sélectionné par des humains débutants qui ne sont pas suffisamment informés au sujet de la race et se retrouvent à subir de la part de leur chien toute une palette de comportements indésirables. Dans ce domaine, Monsieur Beaglou sait se montrer particulièrement inventif : fugues à répétition, aboiements intempestifs, destructions lorsqu'il est laissé seul avec ingestion possible d'objets divers tels que chaussettes, morceaux de tongs et autres joyeusetés, obéissance inexistante, ingurgitation du contenu de vos placards ou de son paquet de croquettes laissé négligemment à sa portée. L'avantage, quand on a un Beagle, c'est qu'on apprend vite à toujours refermer les portes et débarrasser la table après le repas ! Car le Beagle est un sacré débrouillard : quand il veut quelque chose, il l'obtient. Oubliez l'idée de pouvoir laisser traîner de la nourriture sur les plans de travail. J'ai connu un Beagle qui escaladait le frigo pour atteindre le bocal à biscuits qui était posé dessus ! En bon chien de groupe, le Beagle a dans les gènes cette habitude d'engloutir toute nourriture qui se trouve sur son chemin avant qu'elle ne tombe dans la gueule de ses camarades de meute. Ne vous acharnez pas à essayer de lui faire passer cette fâcheuse manie : vous vous y casseriez les dents. Prenez plutôt l'habitude de mettre vos denrées alimentaires à l'abri. Ne pensez pas que votre Beagle est « voleur » : se saisir d'un quignon de pain qui dépasse de la table est pour lui une opportunité, et non un vol. Chez les chiens, voler équivaut à subtiliser un aliment directement entre les pattes d'un congénère, et bien peu de toutous s'y risquent. Mais consommer un aliment laissé de côté n'est pas considéré comme du vol par nos amis canins. L'atavisme de chien de meute du Beagle le pousse à rechercher le contact avec ses congénères. Il est rare qu'un Beagle soit réactif envers les autres chiens : au contraire, il communique souvent très bien et a un don pour se faire des amis ! Un Beagle peut vivre sans autre chien à la maison, mais il faut savoir qu'il supportera souvent assez difficilement de rester seul. La présence d'un congénère est un plus. Si votre Beagle est votre seul chien, évitez de le laisser seul pendant de longues heures ou il pourrait faire entendre à tout le quartier sa belle voix de stentor, et vous attirer les foudres de tous les voisins. Pire encore, si vous le laissez dans le jardin, il pourrait trouver LA faille, celle qui lui permettrait d'accéder à ce qu'il chérit le plus au monde : la liberté ! Et si faille il y a, Beagle la trouvera. C'est pourquoi le Beagle a besoin, tous les jours de sa vie pendant quinze années, de grandes promenades quotidiennes de préférence en forêt, en liberté si vous avez suffisamment travaillé son rappel et que son instinct de chasse n'est pas trop développé, ou en longe de 20m à 30m (le Beagle est un chien « à grand périmètre », contrairement aux bergers par exemple qui s'éloignent généralement peu de leurs humains). Courir le nez au sol, c'est son plus grand plaisir ! Une heure par jour est un grand minimum, qu'il vive en maison ou en appartement, le Beagle étant l'une des races les plus sportives au monde. Vous ne fatiguerez jamais un Beagle... mais vous pourrez au moins satisfaire son besoin d'exploration et de dépense physique, et ainsi réduire les dégâts qu'il pourrait infliger à votre salon. Et puis, quoi de mieux que le bonheur partagé d'une longue promenade en forêt... Enfin, si le Beagle est capable d'intégrer tous les apprentissages possibles du moment qu'ils sont motivants (heureusement, il est très gourmand!), ne vous attendez pas à ce qu'il vous obéisse au doigt et à l'oeil sans regarder d'abord autour de lui s'il n'y a pas mieux à faire. C'est aussi ce côté cabotin qui fait son charme ! Et puis, le Beagle, comme tous les chiens courants, a été sélectionné à l'origine pour sa capacité à poursuivre un gibier de manière totalement autonome. Ce sont les chasseurs qui suivent les limiers et non pas le contraire : ils les repèrent d'ailleurs à leur voix et à leur queue souvent blanche à l'extrémité et portée droite comme un fanion. La capacité à obéir des Beagles n'a donc jamais été un critère de sélection. Vous pourrez rétorquer cela à votre ami qui vous taquine parce que son Border collie le suit partout sans laisse tandis qu'en promenade, votre Beagle semble attiré comme un aimant par tout et n'importe quoi, sauf votre personne. Si le futur acquéreur d'un chien de race Beagle prend en compte tous ces travers bien spécifiques aux chiens de vénerie, et qu'il s'engage à combler les énormes besoins de son chien en matière de dépense physique et d'exploration, s'il est un amoureux des grands espaces et que les journées pluvieuses, la boue, les tiques et l'odeur de chien mouillé dans le coffre de la voiture ne le rebutent pas, alors oui, il peut foncer ! Vivre aux côtés d'un Beagle est une aventure de tous les jours et il est impossible de se lasser de ses pitreries. Comme je l'ai souvent entendu dire de la bouche des personnes qui ont véritablement saisi l'essence de ce chien : « Beagle un jour, Beagle toujours ! ». Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2021

  • Le léchage, un comportement aux multiples significations

    Le léchage fait partie de l’éthogramme de tous les chiens. Parfois agaçant, parfois attendrissant, il revêt mille significations en fonction du contexte dans lequel il est utilisé. En voici quelques-unes, mais attention, la liste est loin d’être exhaustive ! 👅 Exprimer son affection : Un chien peut lécher un humain ou un congénère qu’il apprécie. Il lèchera alors principalement au niveau du visage. 👅 Exprimer son respect envers un individu : Un chien qui lèche un individu canin ou humain au niveau du visage également, et de la bouche principalement, cherche parfois à lui exprimer son respect. Les chiots et les jeunes chiens présentent souvent ce comportement envers les adultes. Le langage corporel qui l’accompagne laisse peu de place au doute : le chien qui lèche place tout son corps en position basse par rapport à l’autre individu, oreilles plaquées en arrière, croupe abaissée, queue qui bat amplement. Les chiens adultes ayant connu un autre individu canin étant jeunes continuent souvent de présenter ce comportement avec lui, même des années plus tard. 👅 Apaiser un congénère : Après un conflit par exemple, un chien peut lécher un congénère pour apaiser une situation tendue. Je l’ai observé encore hier entre mes chiens Farouk et Sirius, qui se sont chamaillés pour une raison que j’ai déjà oubliée. Cette situation n’a été agréable ni pour l’un, ni pour l’autre, et Sirius a léché les babines de Farouk en signe d’apaisement à la fin du conflit. 👅 S’apaiser soi-même : Il arrive qu’un chien anxieux lèche une surface ou son propre corps (souvent les pattes avant, parfois le flanc). Il s’agit d’un comportement d’auto-apaisement, semblable à l’onychophagie où la dermatophagie chez l’humain. Si ce comportement est récurrent chez un chien, il faut s’en inquiéter et essayer d’en trouver la cause, car il signale un mal-être. 👅 Apaiser une douleur : Un chien peut lécher le sol ou une autre surface s’il a mal au ventre. 👅 Une forme de « harcèlement » : Certains chiens qui cherchent à tout prix l’interaction avec des congénères, peuvent leur lécher les babines avec acharnement, jusqu’à ce qu’ils réagissent (parfois mal, ce qui est parfaitement compréhensible !). Il s’agit d’une forme de « harcèlement » qu’il faut interrompre si elle perdure, car la situation peut finir par dégénérer. Mon American Staff Diana pratiquait beaucoup ce « harcèlement » lorsqu’elle était jeune, et cela lui a valu pas mal de coups de crocs en retour (je ne me rendais pas compte à l’époque que ce n’était pas un comportement acceptable). J’ai observé cela plusieurs fois chez des Staffs et Staffies, pas toujours capables de déceler les limites du jeu et de prendre en compte les signaux des autres. Mais tout chien peut employer le léchage comme forme de « harcèlement ». 👅 Une morsure contenue : Un chien mal à l’aise (par exemple à cause d’un contact désagréable ou douloureux), peut lécher intensément les mains de la personne qui le manipule. Cette forme de léchage indique que le chien se retient de mordre, il ne souhaite pas passer à l’action mais il est tout de même nécessaire de stopper la manipulation si l’on ne souhaite pas se retrouver avec un doigt en moins (et mettre encore plus mal à l’aise ce toutou quand même bien sympa). 👅 La faim : Farouk, mon Amstaff, cherche à me lécher le visage lorsqu’il a faim. J’évite de me pencher vers lui dans ces moments-là, mais parfois, il y a des ratés ! 👅 « Goûter » quelque chose : Un chien peut tout simplement lécher une personne parce le goût de sa transpiration ou de sa crème pour le corps lui plaît… Les mâles entiers ont tendance à lécher l’urine des autres chiens dans la rue (femelles et mâles castrés très probablement, je suis bien incapable de le vérifier !), et à « mâchonner » ensuite dans le vide. Ils détectent et analysent ainsi les phéromones grâce à leur organe voméronasal, situé au niveau du palais. 👅 Flirter : Un chien qui flirte présente souvent une posture caractéristique. Il se tient très droit, les oreilles relevées très haut (chez les chiens lupoïdes, elles semblent presque se toucher) la queue droite, le torse bombé. Il pose sa tête sur l’épaule du chien sur lequel il a jeté son dévolu ou lui donne des petits coups de nez, avec des gémissements amicaux. Il lèche alors bien souvent les oreilles de son « partenaire » (entre guillemets, car ce dernier n’est pas toujours consentant). 👅 Des bases génétiques ? J’ai pu observer des chiens adultes issus d’une même portée, présenter des comportements de léchage supérieurs à la normale en fréquence et en intensité. Ce comportement est-il transmis en partie par la mère ? A-t-il une base génétique ? N’étant pas spécialisée dans la génétique canine, je me garderai de répondre catégoriquement à cette question. Mais si quelqu’un a d’autres exemples de « fratrie lécheuse », cela m’intéresse 😄 ! Je rappelle que l’éthologie n’est pas une science exacte, mais une interprétation des comportements des animaux. Les comportements sus-cités vous apporteront sûrement des éléments de réponse aux questions que vous pouvez vous poser sur le léchage chez le chien. Cependant, ils restent très délicats à interpréter en fonction du contexte dans lequel ils s’expriment. Ne déduisez rien à la hâte ! Le comportement canin est complexe 😉. Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2022

  • Tu voudrais…

    Tu voudrais que je reste sage dans la maison sans aucune occupation, mais toi tu t’ennuies quand tu n’as pas Netflix ou ton téléphone. Tu voudrais que je tolère tous mes congénères, mais toi tu n’aimes pas croiser certains voisins. Tu voudrais que je me retienne de faire mes besoins douze heures par jour, mais toi tu te lèves deux fois dans la nuit pour aller aux toilettes. Tu voudrais que j’accepte les caresses des enfants dans mon panier, mais toi tu n’aimes pas être dérangé quand tu fais ta sieste. Tu voudrais que j’apprécie quand une personne étrangère me touche, mais tu n’aimerais pas qu’un inconnu te fasse la bise dans la rue. Tu voudrais que je cesse de renifler chaque poteau, mais toi tu aimes t’arrêter pour admirer les jolis paysages. Tu voudrais que je t’obéisse sans être récompensé, mais toi tu travailles pour un salaire. Tu voudrais que je cesse de me rouler dans du crottin, mais toi tu adores les parfums capiteux. Tu voudrais que je marche à ton rythme, mais tu t’impatientes quand ton petit dernier traîne des pieds. Tu voudrais que je me contente du jardin pour m’amuser, mais toi tu aimes sortir te distraire. Pour m’adapter à ton monde, je suis capable de modifier certains de mes comportements. La cohérence et l’empathie sont les clés de ma bonne éducation, non la soumission et le renoncement aux besoins de mon espèce. Je croque la vie à pleines dents, n’éteins pas en moi cette flamme qui brûle si ardemment : je ne t’empêche pas de vivre ta vie d’humain, alors si tu tiens à mon bonheur, ne m’empêche pas de vivre mon existence de chien. Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2022

  • Et si on relativisait un petit peu ?

    Il m’arrive de dire « non » à mes chiens, et je ne me considère pas comme maltraitante. Parfois, je les empêche de faire certaines choses : se rouler sur un cadavre en décomposition ou manger quelque chose par terre parce que j’ignore de quoi il s’agit (encore faut-il que je voie tout cela avant eux !). Pourtant, je ne me considère pas comme maltraitante. Il arrive que je manque de patience avec eux parce que j’ai eu une journée difficile : j’essaie de ne jamais perdre pied devant eux, parce qu’ils ont besoin d’une épaule sur laquelle s’appuyer, et pas d’une humaine instable en qui ils ne peuvent pas avoir confiance. Mais mes capacités d’auto-contrôle ont leurs limites : même si cela ne sert à rien, il m’arrive (presque jamais, heureusement) d’élever la voix sur eux. Je m’en veux toujours ensuite. Pourtant, je ne pense pas être maltraitante. Mon plus jeune chien déteste porter un harnais. Je le promène donc au collier. Il tire parfois un peu, mais je ne lui donne jamais de saccades, ça je me l’interdis : le cou d’un chien est plein d’organes sensibles et je m’en voudrais d’abîmer sa thyroïde. Mais il n’a pas de harnais ergonomique. Et pourtant, je ne me considère pas comme maltraitante. Je laisse mes chiens seuls pendant dix heures une fois par semaine. Je les promène trente minutes le matin et une bonne heure le soir en rentrant. J’imagine que ce n’est pas la journée la plus amusante pour eux, mais je ne pense pas pour autant être maltraitante. Mon Staff a porté un harnais Animalin dans sa jeunesse. J’ai très peu employé le mode anti-traction car je préférais les promenades en liberté en forêt, mais ce harnais m’a bien aidée à lui enseigner la marche en laisse à l’époque. Je ne me considère pourtant pas comme maltraitante. La maltraitance, c’est ne pas respecter les besoins de l’animal, et c’est aussi employer des méthodes « éducatives » visant à faire peur ou mal. Employer un collier électrique, étrangleur ou Torcatus, ça c’est de la maltraitance. Hurler sur son chien régulièrement, ça c’est de la maltraitance. Le priver des sorties dont il a tant besoin juste parce qu’on a un jardin, ça c’est de la maltraitance. Vouloir le contrôler en permanence, ça c’est de la maltraitance. Faire preuve de bienveillance envers son compagnon, c’est d’abord respecter ses besoins sociaux, ses besoins de dépense physique et mentale, ses besoins masticatoires, ses besoins de sécurité… C’est faire passer son bien-être avant le nôtre, et c’est essayer de voir le monde à travers ses yeux. J’aimerais travailler à 100% en renforcement positif. J’essaie de m’améliorer autant que je le peux, chaque jour qui passe. Mais les contraintes de notre société humaine et mes limites personnelles, font que je n’atteindrai jamais la perfection. Essayez de toujours faire pour le mieux pour votre chien. Il y aura toujours des ratés, des jours « avec » et des jours « sans », des moments de fatigue, de découragement, de colère même. Vous ne serez jamais parfait. Vous avez vos propres limites, vos faiblesses. Mais, si on relativisait un petit peu ? Être imparfait, c’est tout simplement être… humain. Et nos chiens semblent fort bien s’en accommoder. Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2023

  • Chiens en ville : il est temps que ça change !

    Depuis quelques semaines, j’habite la petite commune de Barbezieux-Saint-Hilaire, en Charente. Moins de 5000 habitants, mais des allures de vraie petite ville. Un endroit plutôt agréable à vivre, une commune rurale entourée de champs et de chemins de promenade auxquels on accède en prenant la voiture ou en marchant quelques kilomètres. Malheureusement, tandis que mon ami et moi sortions les chiens hier, nous avons eu une mauvaise surprise. Alors que nous nous apprêtions à emmener les toutous sur le petit terrain jouxtant le château médiéval situé près de chez nous, nous nous sommes retrouvés face à des barrières, avec des panneaux indiquant : « Animaux interdits, amende de 68€ ». Nous avons été un peu refroidis. Les endroits où il est possible de lâcher les chiens en ville sans déranger personne sont déjà très rares, et voilà que leur surface se réduit comme peau de chagrin. Je le reconnais, il y a un vrai souci de civisme chez certains propriétaires de chiens, qui laissent les crottes de leur animal au milieu du trottoir comme s’il s’agissait d’œuvres de street art. C’est rageant, même quand on est soi-même propriétaire de chien. Il y a aussi ceux qui laissent leur chien marcher sans laisse sur le trottoir, négligeant la peur éventuelle de certaines personnes qui peuvent avoir la phobie des canidés, et cela même si l’animal est parfaitement à l’écoute de son propriétaire. Enfin, il y a ceux qui se fournissent allègrement en sacs à crottes aux distributeurs gentiment installés par certaines communes. Je ne sais pas ce qu’ils en font, mais j’ai déjà vu des personnes en vider le rouleau entier. C’est toujours agréable, lorsqu’on a oublié d’amener un sac sur soi, de tomber sur un distributeur vide alors que Médor vient de déposer un petit paquet chaud sur le trottoir. Mais, en dehors de cela, il y a un vrai problème avec les chiens en ville. Même si l’on essaie d’être un minimum respectueux envers les autres habitants, on se sent souvent indésirable lorsqu’on a un, ou des chiens. On a l’impression de ne pas avoir autant de légitimité que les autres à être là. Quand on a un chien, on DOIT quelque chose aux autres. C’est terrible, comme sensation. Et beaucoup de communes participent à cette sensation désagréable, en condamnant toujours davantage d’endroits auparavant accessibles aux chiens. Le problème, c’est que les chiens sont là, et seront toujours là. L’être humain a toujours partagé sa vie avec le chien. Ce n’est pas en réduisant l’espace de vie des canidés, qu’ils disparaîtront comme par magie (bizarre, cela me rappelle la politique adoptée par certaines communes pour éviter que les SDF « n’entachent » l’image de la ville…). Le pire, c’est que tout le monde exige de nos chiens qu’ils soient sages, qu’ils n’aboient pas, qu’ils nous suivent docilement, mais pour cela, il faut d’abord qu’ils puissent satisfaire leurs besoins de chiens : c’est à dire s’ébattre, s’amuser, rencontrer des congénères éventuellement, explorer, renifler. Or, en réduisant l’espace de vie de nos chiens, on les empêche de faire tout cela. Et on les rend encore moins capables de s’adapter à la vie citadine. C’est le teckel qui se mord la queue. J’aimerais tellement que les villes deviennent plus « dog friendly ». Qu’on puisse bénéficier d’espaces dédiés, clôturés, où nos chiens puissent être détachés sans gêner personne. Je suis certaine que beaucoup d’habitants de petites communes seraient même prêts à se cotiser pour faire installer davantage de parcs à chiens, pour aider les mairies n’ayant pas un gros budget. Et je suis sûre que tout le monde en profiterait. Il faudrait bien sûr que chacun se responsabilise, et se donne un coup de pied au derrière pour ramasser les déjections de son animal. Mais il y a de réels efforts à faire des deux côtés. Si vous habitez une commune « dog friendly », qui a développé des projets intéressants pour améliorer la qualité de vie des propriétaires de chiens, je serais ravie que vous partagiez ces idées. Il y a sûrement plein de projets à mettre en place. De mon côté, je pense que le minimum serait la mise en place de quelques espaces clos pas nécessairement très grands, mais qui peuvent permettre à Toutou, qui parfois refuse de faire ses besoins en laisse, de se soulager librement ou de partager une petite partie de ballon avec son humain. Les distributeurs de sacs à crottes sont aussi bien utiles (j’amène des sacs avec moi 99 fois sur 100… mais un oubli est toujours possible, et toujours très gênant !), ainsi que les indispensables poubelles qui vont avec. Dans tous les cas, il est temps que des changements soient instaurés, car une chose est sûre : même si l’on veut l’évincer, le plus fidèle ami de l’Homme marchera toujours à ses côtés, même si le bitume doit constituer le seul sol qu’il devra fouler. Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2022

  • Une méthode « miracle » d’éducation canine ?

    « Vous avez éduqué vos chiens à ne pas aboyer ? On ne les entend jamais. » Telle est la question que l’un de nos nouveaux voisins nous a récemment posée, quelques mois après notre emménagement dans un grand appartement avec nos trois chiens. Trois chiens… autant vous dire que trouver à nous loger n’a pas été évident. Pourtant, à part quelques poils (bon, ok, beaucoup de poils, l’aspirateur fonctionne deux fois par jour…) dispersés sur le sol, personne ne devinerait que des chiens de taille conséquente vivent chez nous. Éduqués à bien se tenir ? Pas spécialement. Si nos chiens sont calmes à la maison, c’est avant tout parce que leurs besoins sont comblés. Nos chiens ne sont pas parfaits (surtout ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit !). Mais il est vrai qu’ils sont agréables à vivre au quotidien. Ils ne tirent pas en laisse, sont en liberté dans les lieux tranquilles, reviennent au rappel, sont à peu près sociables avec les autres chiens. Je n’en exige pas davantage d’eux. Je ne suis pas du genre à vouloir le contrôle absolu, « au pied-assis-couché-debout-pas bouger », ils savent faire, mais je ne les embête pas avec ça car je n’en ai quasiment pas l’usage au quotidien. Je leur apprends beaucoup de choses, des « tricks » notamment, mais le but est ici de faire travailler leur petite tête et de partager des moments de complicité. En-dehors de cela, je tiens à les laisser être des chiens, tant qu’ils n’embêtent personne (je les rappelle toujours et les rattache quand je croise du monde). On peut ne pas s’y connaître beaucoup en éducation, et pourtant avoir un chien agréable à vivre : en lui offrant tout simplement une VRAIE vie de chien ! L’éducation devrait venir ensuite, pour régler les quelques soucis éventuels rencontrés : je parle souvent de l’éducation comme d’une épice qui viendrait agrémenter un plat. Pourtant, la plupart des propriétaires de chiens souhaitent « éduquer » leur chien avant même de combler ses besoins. Certains passent même ces besoins totalement sous silence : ils ne prennent pas la peine de sortir leur compagnon quotidiennement mais veulent lui imposer une marche au pied militaire ; ils ne le lâchent presque jamais mais exigent qu’il reste connecté à eux et revienne au rappel en un claquement de doigts ; ils lui imposent des contacts canins multiples et répétés mais se fâchent s’il exprime son besoin d’être laissé tranquille ; ils lui interdisent d’exprimer son instinct de poursuite mais ne lui proposent aucune alternative pour le combler. Bien sûr, on ne peut pas laisser son chien faire tout et n’importe quoi. Mais si vous réprimez les comportements naturels de votre animal, ces derniers resurgiront sous une autre forme. C’est inévitable. Votre compagnon pourra devenir réactif, anxieux, aboyeur, destructeur, dépressif. Il pourra s’auto-mutiler (cela commence souvent par un léchage compulsif d’une patte avant, et peut mener à des plaies conséquentes), développer des dermatites, des problèmes gastriques. Choisir de partager sa vie avec un animal aussi hédoniste que le chien pour lui interdire d’exprimer tous les comportements inhérents à son espèce, est un non-sens absolu. Alors, de quoi un chien a-t-il besoin ? D’activité, tout simplement ! Or, le manque d’activité est la cause numéro 1 des problèmes rencontrés par les propriétaires dans notre société actuelle. Un chien a besoin de bouger : le jardin ne compte absolument pas dans ce cas. Un chien seul dans un jardin ne s’y amuse pas. Médor a besoin de sortir tous les jours, de renifler, d’explorer, de rencontrer des congénères s’il les apprécie (soyez observateur : s’il préfère sa tranquillité, ne le forcez pas !). Les promenades sont bénéfiques si elles se déroulent en liberté (à condition de rappeler votre chien à chaque croisement avec une personne ou un congénère…) ou en longe. Si vous êtes en ville, une laisse de deux mètres est préférable à une laisse courte : un chien marche vite, et le contraindre à marcher au pied en permanence risque de le frustrer et de le faire monter en pression au fil du temps. Le chien a aussi besoin d’activité mentale et/ou olfactive : apprendre des tours, chercher de la nourriture ou un jouet caché… Les besoins sociaux du chien sont également très importants : il est un animal qui a besoin d’appartenir à un groupe, ou au moins d’avoir un humain de référence suffisamment disponible pour lui. Travailler et devoir s’absenter, c’est normal, mais si vous laissez Toutou seul quinze heures par jour cinq jours sur sept, vous ne pouvez pas lui offrir une vie de qualité. Enfin, bien le nourrir est indispensable : essayez d’alterner croquettes et friandises à mâcher longuement, si vous ne nourrissez pas votre chien au cru (ce qui est bien plus adapté à sa physiologie mais n’est pas possible pour tout le monde). Ayant des chiens de travail, je ne peux pas conclure cet article sans vous parler du besoin de travail de nombreuses races : actuellement, Border Collies et Malinois sont à la mode, et bien peu se voient offrir une mission. C’est pourtant indispensable à leur bien-être et c’est ce qui les fait vibrer : agility, cavage, mantrailing, mushing, ring, les possibilités sont nombreuses ! Je pratique le troupeau dans le cadre de mon activité professionnelle, mais je n’oriente pas nécessairement les propriétaires de Borders vers cette activité : impliquant d’autres êtres vivants que le chien et son humain, le troupeau ne devrait pas être envisagé comme un « loisir ». Dans tous les cas, si l’on ne peut pas proposer de travail à une race qui a été sélectionnée pour cela, mieux vaut renoncer à elle. Les races de travail (je parle de celles qu’on utilise encore aujourd’hui dans un cadre de travail… car à la base, presque toutes les races de chiens avaient un « métier ») ne peuvent pas se satisfaire d’une « simple » vie de chien de compagnie. Elles peuvent être de formidables compagnons, mais elles ont besoin d’une mission pour être épanouies. Retenez de toute façon, qu’aucune race de chien ne peut s’épanouir sans un minimum d’activité. Même un petit Pékinois ou un gros Mâtin de Naples ! On parle beaucoup de sur-stimulation, mais malheureusement, l’hypo-stimulation est mille fois plus répandue chez nos chiens de compagnie. Nos toutous s’ennuient ! Et c’est souvent pour cela, qu’ils présentent ce qu’on pense être des « problèmes de comportement ». Évidemment, chaque chien a une génétique qui lui est propre, et ce n’est pas parce qu’un chien ne tolère pas ses congénères, ou qu’il ne revient pas rapidement au rappel, que ses besoins ne sont pas comblés. Mais avant d’entreprendre une éducation ou une rééducation, il est important de se demander en premier lieu, si l’on fait tout dans le sens du bien-être de son animal. Et puis, le plaisir d’avoir un chien ne réside-t-il pas dans les activités multiples que l’on peut partager avec lui ? Faites des choses avec lui, il n’attend que cela… Et, bien vite, vous adopterez la philosophie canine : on n’a qu’une vie, et c’est à fond qu’il faut en profiter ! Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2022

  • Lignée beauté / lignée travail : quelles différences ?

    Hier (il y a en réalité deux ans, car cet article date de 2021 😉), j’ai annoncé l’arrivée dans ma vie de mon premier chiot issu d’une lignée sélectionnée pour le travail. On m’a demandé, et je trouve la question intéressante, pourquoi je ne m’étais pas tournée à nouveau vers un chien de refuge, étant donné que mon précédent Border Collie vient d’une association et que je travaille sur ovins avec lui. Je me suis dit que c’était l’occasion parfaite d’expliquer la différence entre un chien non-issu d’une lignée sélectionnée, un chien de lignée de beauté et un chien de lignée de travail. 👉 Le chien non-issu d’une lignée sélectionnée : La plupart des chiens ne sont pas issus de lignées sélectionnées. Mon American Staff, Farouk, et mon Border Collie, Indiana, font partie de cette catégorie. Le petit corniaud du voisin aussi. Qu’ils soient « de type racial » ou non, ces chiens ont en commun de ne pas être inscrits au Livre des Origines Français (LOF), c’est à dire qu’on ne connaît pas leur arbre généalogique. Cela n’en fait aucunement des chiens « de qualité inférieure », bien évidemment ! À mes yeux, Farouk et Indy sont les chiens les plus merveilleux du monde (oui oui, même mon « Mordeur Collie » !), et vous pensez probablement la même chose de votre petit Royal Bourbon ou de votre Berger Australien non LOF. Un chien est avant tout un compagnon, un ami, un partenaire de vie, et la plupart des canidés domestiques, de lignée sélectionnée ou non, peuvent remplir ce rôle à la perfection. Attention cependant, ce n’est pas une raison pour faire reproduire des chiens juste « parce que les parents sont jolis », parce qu’on est curieux de savoir ce que donnera le croisement, ou « parce qu’une chienne a besoin d’être maman », ce qui est certainement la raison la plus absurde de toutes. À noter aussi que certaines races, comme l’American Staff ou le Tosa Inu, doivent impérativement être inscrites au LOF pour avoir le droit de se reproduire, afin d’éviter les naissances clandestines (mon Farouk, par exemple, n’aurait jamais dû naître si la loi avait été respectée par ses naisseurs). 👉 Le chien issu d’une lignée de beauté : Lors de leur examen de confirmation, les chiens de race de lignée beauté (ou « d’expo », ou « show ») sont principalement jugés sur des critères physiques. Ils doivent entrer dans un standard précis, ne pas dépasser un certain poids et une certaine taille, avoir les yeux de telle couleur, un poil court, long ou dur, avoir un stop plus ou moins marqué, etc. Des critères comportementaux sont aussi (théoriquement) pris en compte, comme le fait qu’une race doit être amicale avec l’humain ou au contraire sur la réserve, placide ou nerveuse, etc. Ce type de sélection a eu des conséquences parfois désastreuses chez certaines races dont le patrimoine génétique a alors été considérablement réduit (on pense tous au Berger Allemand…), mais heureusement, les bons éleveurs essaient de maintenir un juste équilibre entre beau et bon chien. 👉 Le chien issu d’une lignée de travail : Tous les chiens étaient, à l’origine, destinés à un usage particulier. Chasser, tirer des traîneaux, monter la garde, faire la guerre, conduire des troupeaux, tenir compagnie, etc. Aujourd’hui, la plupart d’entre eux ne sert plus qu’à ce dernier usage et n’a plus de rôle particulier à remplir. Ces chiens présentent encore des atavismes de berger, de chasseur ou de protecteur, mais ces traits ont été atténués par la sélection basée sur des critères quasi essentiellement physiques. Par exemple, le Berger Australien de beauté n’a plus grand-chose à voir avec le Berger Australien de travail. Il continue de présenter des patrons-moteurs de poursuite propres à ses origines bergères, mais il est rare qu’il ait encore suffisamment d’instinct pour travailler au troupeau. C’est normal, puisqu’il y a bien longtemps qu’on ne le sélectionne plus sur ces critères. Un chien de lignée de travail est, comme son nom l’indique, destiné à une mission particulière. Ses ancêtres ont tous été sélectionnés, depuis des générations, pour un travail spécifique. Je pense évidemment au Border Collie et au Malinois, mais aussi aux chiens de chasse ou de traîneau. Ces chiens ne sont pas destinés à la compagnie et ont le besoin viscéral d’accomplir ce pour quoi ils sont faits. Leur examen de confirmation comprend une épreuve de travail permettant de s’assurer que, s’ils se reproduisent, ils transmettront à leur descendance les gènes nécessaires à l’accomplissement de la mission pour laquelle la race a été créée. Pour en revenir à Sirius, il s’agit donc d’un chiot issu d’une lignée de Border Collies tous confirmés au troupeau, et donc présentant un très fort atavisme de berger. Il a aujourd’hui un peu plus de deux mois, et cet instinct est déjà bien visible : dans le jeu, il présente des patrons-moteurs de fixation et de poursuite, et il a déjà tendance à vouloir courser les voitures. Je vais le présenter aux brebis très bientôt et je ne doute pas que cela l’intéressera fortement. J’ai vu des chiots de trois mois découvrir les moutons et c’est quelque chose de magique : si on les écoutait, ils voudraient déjà réunir tout le troupeau alors qu’ils ont encore du mal à se dépatouiller avec leurs quatre pattes. Quand j’ai débuté le troupeau, je pensais qu’avec beaucoup de volonté, on pouvait arriver à tout avec n’importe quel chien. C’est vrai, mais seulement en partie. Mon Indiana, qui n’est pas issu d’une lignée sélectionnée, a démarré le troupeau à l’âge de quatre ans. Il présentait un fort instinct, mais il s’est tout de suite révélé très difficile à manier, et il l’est toujours. Il a travaillé un an en muselière car il mordait les brebis. Il a mis un temps fou à acquérir le « stop ». J’ai essayé de me fixer des objectifs, je l’ai emmené en alpage, j’ai obtenu le Certificat d’Aptitude à la Conduite de Chien de Berger sur Troupeaux (difficilement !), mais je ne compte pas les crises de nerfs que j’ai connues tout au long de son dressage. Cela dit, je ne regrette aucunement mon choix d’avoir commencé le troupeau avec un chien de refuge. Indy m’a permis d’apprendre à conduire un chien de berger, et c’est grâce à lui qu’est née ma passion du travail au troupeau. Je préciserai cependant que tous les Border Collies non-issus de lignées sélectionnées ne sont pas aussi difficiles à faire travailler qu’Indy. J’ai eu l’occasion d’en observer quelques-uns qui ont connu un beau parcours. Les Border Collies de lignée de travail sélectionnée sont vraiment « faits » pour la pratique du troupeau. Ils ont un instinct très fort mais aussi une meilleure « dressabilité » globale que les autres lignées : le but étant bien évidemment d’avoir un bon chien, mais aussi une certaine marge de manœuvre pour le faire progresser. Ils sont particulièrement rapides (les lignées poil court ont d’ailleurs bénéficié d’un apport de sang de lévrier), possèdent un « will to please » indéniable et des aptitudes naturelles à un travail « propre » : tendance à bien écarter autour du troupeau, allures « coulées » particulièrement marquées, etc. Pour conclure, quand on choisit un chien de lignée de travail sélectionnée, cela doit être impérativement dans le but de lui permettre d’accomplir sa mission. Les bons éleveurs ne placeront d’ailleurs pas ce type d’animal pour la compagnie. Sirius sera bien sûr mon compagnon de tous les jours, mais il est avant tout destiné à travailler et je vois déjà qu’il ne demande qu’à apprendre. Mais je resterai toujours une fervente partisane de l’adoption en refuge : ils ne sont peut-être pas de pure race et de haute lignée, mais les chiens de refuge m’ont prouvé à plusieurs reprises qu’ils étaient les amis les plus fidèles qui soient. Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2021

  • Mets-toi à ma place, humain...

    Il arrive souvent, humain, que tu me prêtes des intentions qui n’appartiennent qu’à ton espèce. Tu penses que je ronge les pieds de la table pour me venger parce que tu m’as laissé seul ; tu crois que je culpabilise parce que j’ai fait pipi dans le salon ; tu imagines que je ne reviens pas quand tu m’appelles pour le simple plaisir de te contrarier. Je te propose, humain, que nous nous essayions à un jeu : et si, aujourd’hui, tu mettais de côté tes idées reçues, et que tu te mettais vraiment dans la tête d’un chien ? Alors c’est vrai, il arrive que je détruise. Que je réduise en charpie les coussins du salon, ou que je transforme le jardin en champ de mines. Le matin, tu me jettes pourtant un regard envieux, quand tu t’absentes pour aller travailler alors que je suis vautré sur mon coussin. Toi, tu adores ces dimanches passés sur ton canapé, à regarder cette boîte à images qui semble tant fasciner ceux de ton espèce. Tu commentes les images, tu ris. Tu t’interromps pour faire le ménage, préparer ton repas. Voilà ce qui me manque : même quand tu es à la maison, tu as des choses à faire. Moi, je m’ennuie, cinq jours sur sept. Le soir, tu es trop fatigué pour me promener, alors tu m’envoies dans le jardin. Je le connais par cœur, et je ne m’y amuse pas. Le lendemain, j’ai accumulé encore plus d’énergie. Alors je l’évacue, à ma façon. Tu ne comprends pas pourquoi je ruine ta demeure ? Essaie de passer une seule journée sans aucune occupation. Tu te découvriras une passion pour les trous dans le sol ! J’ai remarqué, humain, que tu n’aimais pas que j’envoie paître un congénère un peu trop envahissant. Quand je grogne parce qu’un autre chien me fonce dessus, même avec les meilleures intentions du monde, tu te fâches. Il y a pourtant des moments où j’ai simplement envie de faire ma promenade tranquille. Et puis, je suis à cheval sur la politesse ! Ne réagis-tu pas comme moi, lorsque que tu évites soigneusement de croiser ce voisin un peu trop bavard au moment de sortir la poubelle ? Puisqu’on parle de la promenade, s’il te plaît, n’exige pas de moi que je marche constamment à tes pieds et à ton rythme. Naturellement, un chien ne marche pas, il trotte ! Marcher en laisse courte, c’est un supplice. Je sais que tu peux me comprendre : quand tu aides ta grand-mère à aller faire ses courses, tu dois t’adapter à son rythme. Tu as beau l’aimer, supporterais-tu de devoir suivre son allure à chaque sortie, tous les jours de ton existence ? N’aurais-tu pas envie de marcher un peu au rythme qui est le tien ? S’il te plaît, ne me force pas non plus à accepter les caresses de la part de parfaits inconnus. Quand tes amis viennent à la maison, demande-leur de me laisser tranquille quand je suis dans mon panier. Avant de pincer la main de ton amie, celle qui aime tant les animaux, je l’avais pourtant prévenue plusieurs fois de me laisser en paix. Tu ne peux pas m’en vouloir : si une personne inconnue entrait dans ta chambre et insistait pour te caresser les cheveux, ne serais-tu pas terrifié ? Enfin, cesse donc de craindre que la nourriture me rende agressif. Il est inutile que tu mettes ta main dans ma ration pour que je m’habitue à sa présence. Je ne suis pas un être sanguinaire prêt à tuer tout ce qui s’approche de mon repas. Laisse-moi me restaurer en toute tranquillité ; ainsi, je ne te considérerai pas comme un être importun, et je n’apprendrai pas à me méfier de toi. Le jour où tu auras besoin de reprendre ma gamelle (mais ce jour arrivera-t-il vraiment ?), je te regarderai simplement avec une vague surprise. Apprécie-tu, toi, que j’approche ma truffe de ton repas lorsque tu manges ? Je pourrais te citer mille autres exemples de ce genre. Mille exemples qui ont mis bien d’autres chiens dans l’inconfort, ou les ont poussés dans leurs retranchements, au point parfois de les contraindre à l’auto-défense. Combien de chiens se sont vu accuser d’être devenus « agressifs », alors qu’ils subissaient frustrations, incompréhensions et manque de prise en compte de leurs signaux de détresse ? Rester sur ses a priori est à la portée de tous, mais apprendre à mieux comprendre l’animal qui partage sa vie l’est aussi. Je pense, humain, que le « meilleur ami de l’Homme » mérite bien ce petit effort de ta part. Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2021

  • Et si j’adoptais... un American Staff ?

    L’American Staff est un chien extraordinaire, pourtant il souffre encore et toujours de sa mauvaise réputation. Les accidents survenus à la fin des années 90 notamment, et la surenchère médiatique qui s’en est suivie, ont stigmatisé la race. Pourtant, il faut comprendre que la détention de chiens était peu réglementée à l’époque, et les Pitbulls et Amstaffs intéressaient surtout des propriétaires peu scrupuleux, qui les détenaient dans des conditions atroces pour des combats clandestins, ou s’en servaient comme de substituts à leur virilité défaillante. N’importe quelle race, dans ces conditions, privée de socialisation et ne connaissant qu’un dressage violent sans aucun respect de l’éthologie canine, serait devenue une bombe à retardement susceptible de provoquer un accident grave si elle s’était retrouvée en liberté dans la nature. Malheureusement, encore aujourd’hui, l’Amstaff reste dans l’esprit de beaucoup, l’archétype du « chien dangereux ». L’American Staff ne présente pas un comportement naturellement plus agressif envers l'humain que les autres races canines. Créé pour le combat de chiens au 19ème siècle, le Staff devait être particulièrement docile envers l’homme pour permettre une manipulation sans risque. Ce trait de caractère se retrouve aujourd’hui encore au sein de la race, qui se montre particulièrement amicale envers l’humain, enfants y compris (pour peu qu’on respecte son espace vital comme toute race de chien, un chien n’est pas une peluche qu’on câline à son gré toute la journée, il est toujours bon de le rappeler...). Le petit défaut de l’Amstaff, parfois, c’est son incapacité à s’entendre avec ses congénères (normal, on a sélectionné ce trait de caractère sur des générations et des générations de chiens, on n’efface pas facilement deux siècles de sélection artificielle), et encore, ce n’est pas systématique, de nombreux Amstaffs sont très sociables et beaucoup adorent les jeux entre chiens. L’American Staff est un très bon chien de famille, qui sait s’adapter à tout type de vie, pour peu qu’on réponde à son grand besoin de dépense physique. Même si vous avez un jardin, rappelez-vous que tout chien a besoin de sortir tous les jours en extérieur pour partager un moment avec vous. L’Amstaff est polyvalent, et avec lui, vous n’aurez que l’embarras du choix : randonnée, course à pied, vélo... il peut s’avérer un très bon chien de sport, et, s’il se dépense suffisamment, il est très calme à la maison. Concernant l’éducation, le Staff est un chien plutôt facile, qui intègre sans difficulté une éducation cohérente et sans violence. Il est assez rustique, ne nécessite pas d’entretien particulier et bénéficie d’une bonne longévité. Ces multiples qualités ont fait de l’Amstaff un chien très populaire malgré sa mauvaise réputation, et ses naissances ont explosé ces dernières années. Le drame, c’est que beaucoup d’entre eux sont achetés par des irresponsables qui les abandonnent dès qu’ils deviennent adultes, plus puissants, et qu'ils se rendent compte qu'il aurait fallu commencer à les éduquer un peu plus tôt, et surtout combler leurs besoins physiques et mentaux. Si cette race vous plaît physiquement et que le descriptif que je viens de vous en faire vous séduit, oubliez les salons du chiot et certains élevages peu scrupuleux, et rendez-vous dans le refuge le plus proche de chez vous : les Staffs y sont toujours nombreux et ils ont tellement besoin du contact humain, que vous ne regretterez jamais d’avoir offert sa chance à l’un d’entre eux. Un permis de détention est certes obligatoire pour adopter un chien dit « dangereux », mais ce n'est qu'un détail si l'on pense aux quinze ans de bonheur qu'un Staff peut nous apporter. Alors, foncez ! Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2021

  • Formation #3 : Comprendre et éduquer son American Staff

    L’American Staff fait partie de nos races de cœur, malheureusement il est trop souvent mal perçu ou utilisé comme faire valoir. C’est pourquoi nous avons souhaité mettre à l’honneur cette race à la fois aimante et puissante, afin de vous apprendre à mieux la connaître, et que vous puissiez l’apprécier à sa juste valeur. Nous sommes convaincues que l’American Staff ne mérite pas sa réputation de férocité telle qu’elle est décrite dans les médias. C’est un parfait chien de compagnie, équilibré, sportif, mais qui sait aussi être calme. Cependant, c’est aussi un chien très puissant avec un comportement particulier qui doit être appréhendé afin d’éviter tout débordement. Enfin, l’American Staff étant un chien dont la détention est réglementée, nous avons également souhaité faire un focus sur cette particularité avant que vous ne l’adoptiez définitivement ! Cette vidéo s’adresse aux particuliers propriétaires d’un American Staffordshire Terrier, d’un chien d’une race apparentée, comme un autre terrier de type bull, ou d’un chien issu d’un croisement avec un American Staff. Notre formation s’adresse également aux professionnels de l’éducation et du comportement canins souhaitant approfondir leurs connaissances au sujet de cette race. Contenu détaillé de la formation : 1. Introduction sur la race (2min09) 2. Le propriétaire idéal pour l’American Staff (4min25) Qualités et défauts de la race, et obligations légales. 3. L’histoire de l’American Staff, et comment elle a influencé son comportement (7min30) Historique de l'évolution de la race, et traits de caractère prédominants 4. Législation : petit rappel ! (14min04) Rappel de la législation et de vos obligations en tant que propriétaire. 5. Le chiot Amstaff (20min08) Choisir un bon élevage, comment socialiser un chiot Staff, et lui apprendre la morsure inhibée. 6. Les bases de l’éducation (29min05) Combler les besoins de votre chien, les bases d’éducation à lui apprendre, comment apprendre à réduire les sauts intempestifs de votre chien, lui apprendre la marche en laisse et en harnais, et le rappel. 7. L’apprentissage du port de la muselière (45min30) Choisir la bonne muselière et apprendre le port de la muselière. 8. Proposer des activités à son American Staff (51min10) Besoins physiques du staff, dépense mentale et olfactive, et besoins masticatoires 9. Les jeux de « tug » : pour ou contre ? (55min45) Comment jouer intelligemment aux jeux de traction avec son chien

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