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Votre chien est obsédé par les jeux de lancer ?

En promenade, je croise souvent des propriétaires de chiens harcelés par leurs compagnons, ces derniers passant l'intégralité de leur balade à poser un bâton ou un caillou aux pieds de leur humain. « Ô, grand lanceur d'objet, accomplis ton devoir et fournis-moi ma dose d'adrénaline quotidienne », semblent-ils demander avec leurs grands yeux de junkies -euh, de chiens battus.


Je ne comprends pas cette tendance éducative actuelle qui consiste à vouloir interdire à tout prix les jeux de lancer. Après tout, on aime les chiens aussi parce qu'on prend plaisir à partager ces activités avec eux depuis la nuit des temps. Le chien, chasseur-né, a toujours aimé courir derrière des objets en mouvement, et l'humain, animal néoténique* tout comme son ami canin, a tissé des liens profonds avec lui notamment par le partage de jeux communs. En revanche, il est indispensable pour l'équilibre mental de l'individu canin, de limiter ces jeux hautement addictifs à des sessions courtes et contrôlées. Un animal qui harcèle son propriétaire toute la journée pour jouer, cela indique qu'il y a un déséquilibre quelque part. Soit le chien ne partage QUE cette activité avec son humain (chien trop peu sorti du jardin et à qui on lance une balle régulièrement pour le « défouler » tout en s'épargnant les promenades), soit les jeux de lancer qu'on lui propose sont mal cadrés. Il est pourtant simple de lui enseigner quand un jeu commence, et quand il finit.


La première fois que j'ai vu des Borders travailler au troupeau, j'ai été étonnée de constater qu'à chaque fin de séance, leur conducteur leur signalait que le travail était terminé, et que les chiens comprenaient. Les mots « C'est fini », semblaient être leur bouton off, et ils passaient en un quart de seconde d'un état de focalisation extrême sur le troupeau, à un retour à une activité normale.


J'ai décidé d'appliquer ce principe au quotidien quand je jouais avec mon chien Indiana, et j'ai été agréablement surprise de l'efficacité de la méthode. Chaque fois que je jouais avec lui, je stoppais le jeu en lui disant « C'est fini », et je ne m'intéressais plus à lui. Si nous étions dans le jardin, je passais à une autre activité. Si nous étions en promenade, je poursuivais tout simplement ma balade sans plus prêter attention au jouet d'Indiana. Cela a fonctionné au-delà de mes espérances : maintenant, quand je dis « C'est fini » à Indy, il lâche tout seul son jouet et passe de lui-même à une autre activité, ou il continue simplement sa promenade si l'on est en extérieur.

Non seulement l'acquisition du « C'est fini » apporte un confort pour le propriétaire du chien qui ne subit plus le harcèlement de son compagnon, mais il s'agit aussi d'une consigne ayant un effet apaisant pour l'animal. Le chien sait que ses parties de jeux sont cadrées, il comprend qu'elles sont terminées quand on le lui signale, et il peut ainsi passer sereinement à une autre activité sans avoir besoin de garder son humain à l'oeil dans l'espoir qu'il lui lance quelque chose.


Pensez aussi à initier le jeu dans la majeure partie des cas : si vous répondez à toutes les demandes de votre chien quand il vous apporte une balle ou une pomme de pin, et même si vous lui dites « C'est fini » ensuite, il essaiera d'initier des parties de jeux aussi souvent que cela sera possible. Mieux vaut que vous l'appeliez quand vous souhaitez jouer avec lui, ou que vous inventiez une consigne de début de jeu (par exemple : « On joue ? »). Les consignes de début et de fin de jeu doivent bien entendu être toujours les mêmes. Votre chien ne comprend pas ce qu'elles signifient, mais il fait une association entre ces sons et le fait que vous commenciez et finissiez une partie de jeu. Si vous dites « C'est fini » un jour et « C'est terminé » le lendemain, vous risquez d'embrouiller l'esprit de votre chien.


Avec cette méthode, votre chien sera beaucoup moins obsédé par les balles et les bâtons. Il se donnera toujours à fond quand vous les lui lancerez, mais il saura faire la part des choses et cessera de vous harceler en permanence pour s'amuser avec vous. Mon chien Indiana a à sa disposition balles de tennis et jouets divers dans le salon, et pourtant il n'y touche quasiment jamais, car il sait qu'on ne joue que quand le moment s'y prête. C'est un véritable confort pour lui et pour moi.


Enfin, comme mentionné plus haut, je vous conseille de ne pas abuser des bonnes choses : les jeux de lancer ne devraient pas constituer l’activité principale de votre compagnon. Tous les chiens devraient pouvoir bénéficier en priorité de promenades calmes pendant lesquelles ils peuvent explorer et renifler. Cinq minutes de jeu de lancer de temps en temps, c’est bien suffisant pour faire plaisir à votre chien… sans le rendre complètement accro !


*Néoténique : qui conserve des caractéristiques juvéniles, physiques et/ou comportementales, à l'âge adulte. L'humain, par exemple, continue de présenter un intérêt pour le jeu toute sa vie (tout comme le chien!).


Extrait du livre "Dans la Tête du Border Collie : Comportement et Education d'une race extraordinaire", écrit par Elsa Weiss, disponible sur Amazon en format papier et numérique via le lien suivant :



Elsa Weiss / Cynopolis

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