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Mon chien fugue : pourquoi ?

Il y a peu de situations aussi dangereuses pour le chien que le fait de fuguer de son jardin. D’autre part, un chien qui erre peut provoquer un accident de la route, tuer un chat ou des poules, venir ennuyer une femelle en chaleur pendant sa promenade, etc. Il n’est plus envisageable de laisser son chien divaguer dans notre société actuelle, à moins d’habiter un hameau de douze habitants au fin fond de la Lozère, et encore.


Mais, pourquoi certains chiens fuguent-ils, tandis que d’autres peuvent rester dans un jardin à peine clôturé sans même chercher à en franchir les limites ? Chaque cas est différent, comme toujours, mais s’il y a une généralité qui peut être énoncée au sujet des chiens qui fuguent, c’est celle-ci : un chien qui fugue, c’est un chien qui ne trouve pas chez lui tout ce dont il a besoin. Dépense physique ou mentale, besoins sociaux, besoins de sécurité, etc, forcément, l’un d’eux n’est pas comblé. Ce qui n’est pas toujours évident à reconnaître quand on aime sincèrement son chien et qu’on essaie de tout faire pour le rendre heureux.

Voici une liste (non exhaustive) des raisons qui peuvent pousser un chien à fuguer :


👉 IL MANQUE D’ACTIVITÉ :


Un chien que l’on prend le temps de promener longuement avant de partir travailler, qui a pris le temps de se dégourdir les pattes et de renifler de nombreuses odeurs, sera en toute logique plus apte à rester tranquille pendant l’absence de ses maîtres. Sortir son chien (hors du jardin) avant de partir au travail est certes contraignant, mais c’est indispensable si l’on est contraint de le laisser seul plusieurs heures. Un chien peut tolérer de rester seul, mais il ne faut pas oublier que cela ne fait pas partie de son éthologie : à nous de l’aider à mieux accepter de rester seul en répondant au mieux à ses besoins.


Après avoir proposé une longue promenade à votre compagnon, vous pouvez le nourrir s’il est amené à rester plusieurs heures seul. L’exercice suivi d’une bonne ration de nourriture activera son système nerveux parasympathique, c’est à dire qu’il s’apaisera en digérant tranquillement son repas. À votre retour, inutile de préciser qu’une autre sortie s’avérera nécessaire : votre chien aura passé une bonne partie de la journée seul, il aura besoin de se dépenser à nouveau physiquement et mentalement.


👉 IL S’ENNUIE :


Cette cause rejoint la précédente : si la vie de votre chien n’est pas assez riche, il pourra être tenté de fuguer pour se trouver des stimulations ailleurs. Rappelons-nous que les chiens n’ont ni la télé, ni Netflix, ni de bons livres à lire.


Heureusement, il est possible de rendre le fait de rester seul moins désagréable aux yeux de votre chien, en lui offrant des choses intéressantes à faire quand vous n’êtes pas là : mastiquer des friandises naturelles, chercher de la nourriture dans l’herbe, se régaler d’un sabot de bœuf fourré, etc. Petit bémol pour les chiens qui présentent de la détresse liée à la solitude : leur état de stress peut être tel qu’ils ne toucheront pas à la nourriture en votre absence, ou même, qu’ils l’associeront à des émotions négatives, ce qui n’aura dans ce cas aucun intérêt. Si c’est le cas, faites-vous accompagner par un(e) éducateur/trice qui travaille impérativement en méthodes respectueuses et, si possible, qui est spécialisé dans la détresse liée à la solitude.


👉 IL EST EN DÉTRESSE :


C’est une raison très courante qui pousse un chien à fuguer. La solitude, cela s’apprend (dans la limite du raisonnable : s’absenter plus de 8h par jour, sans personne pour venir s’occuper du chien et couper sa journée, cela devient très très compliqué pour beaucoup de toutous). Mais cela s’apprend très progressivement : on n’achète pas un chiot, ou on n’adopte pas un chien en refuge, pour le laisser brutalement seul au bout de deux jours. L’idéal, c’est d’accueillir son nouveau compagnon à la maison pendant ses vacances : on pourra ainsi l’habituer progressivement à rester seul, d’abord 5 minutes, puis 15 minutes, puis une heure, etc.


Or, beaucoup de chiens n’ont pas appris à tolérer sereinement de rester seul quelques heures par jour : alors, ils paniquent. S’ils sont en intérieur, ils peuvent détruire, aboyer, faire leurs besoins partout. S’ils sont en extérieur, ils peuvent fuguer, souvent parce qu’ils veulent retrouver leur famille humaine ou d’autres humains pour les apaiser. Encore une fois, un(e) professionnel(le) spécialisée dans ce genre de problème devra être consulté(e) si l’on souhaite améliorer la qualité de vie de son compagnon, car les absences de ses propriétaires sont perçues comme un véritable calvaire pour lui.


J’ajouterai que les chiens peuvent avoir des difficultés à vivre avec un humain qui travaille en horaires variables : certains individus canins sont très attachés à la routine et le manque de prévisibilité dans leur vie peut être une grande source de stress. Il n’est pas impossible de conjuguer chien et horaires changeants, mais dans ce cas, l’idéal est d’essayer d’instaurer un maximum de stabilité dans la vie de l’animal, par exemple en employant un pet-sitter qui pourra venir sortir votre chien à peu près aux mêmes horaires que les jours où vous le sortez vous-même.


👉 IL CHERCHE DU CONTACT SOCIAL :


Certains chiens fuguent, nous venons de le voir, parce qu’ils ne supportent pas le fait de rester seuls sans leur famille humaine. D’autres peuvent fuguer pour retrouver des congénères, souvent parce qu’ils manquent de contacts sociaux intra-spécifiques dans la vie de tous les jours. Les Huskies, les Beagles, les Anglo-Français, globalement les chiens sélectionnés pour la vie en groupe, sont plus enclins à fuguer pour retrouver des copains chiens, parce qu’ils ont grand besoin de leur contact, là où d’autres se satisferont amplement d’une rencontre ou deux au coin d’une rue de temps en temps.


Assurez-vous donc que les besoins de contacts sociaux inter-espèce sont comblés chez votre chien, sans quoi il pourrait être tenté d’aller rejoindre les autres toutous du quartier !


👉 IL SE SENT EN INSÉCURITÉ :


Certains chiens fuguent parce qu’ils se sentent vulnérables lorsqu’ils sont laissés seuls dans leur jardin : ils sont exposés au bruit, au passage et à la vue de parfaits inconnus, parfois des chiens passent devant chez eux et aboient, le facteur vient toucher à la clôture du jardin. etc. Cela peut être très stressant pour un chien.


Si c’est le cas, la solution, c’est de sécuriser l’animal : en le rentrant, tout simplement ! Rappelons qu’un chien ne s’amuse pas tout seul dans un jardin. Si certains individus préfèrent rester au grand air lorsqu’ils sont laissés seuls, beaucoup sont plus à l’aise dans leur salon, où ils se sentent en sécurité.


👉 IL APPARTIENT À UNE RACE QUI A BESOIN DE « PATROUILLER » :


Certains chiens, tels que les chiens de protection des troupeaux, éprouvent le besoin viscéral de patrouiller pour assurer leur rôle de protecteur. Ces races ont été façonnées par et pour les vastes espaces : un petit jardin ne leur suffit que rarement et une simple clôture ne les arrête nullement. Pour eux, leur territoire s’étend bien au-delà. S’ils ne bénéficient pas de longues sorties pour s’assurer que tout va bien dans les parages, la vie à leurs côtés pourra s’avérer bien compliquée.


Attention, il est couramment admis que d’autres races, telles que le Husky, sont « naturellement fugueuses ». En réalité, ce qui pousse le Husky à fuguer, c’est le manque d’activité (activité qui est à la portée de tout le monde si l’on s’en donne les moyens : une à deux heures par jour de sortie qualitative en extérieur peuvent suffire au Husky, qui n’a pas besoin de courir 20km par jour comme on l’entend souvent -le Husky « de compagnie » n’étant plus sélectionné sur ses performances physiques, mais sur des critères de beauté), et aussi le fait que les comportements de prédation soient assez développés chez lui. Enfin, c’est un chien qui a souvent un grand besoin de contacts avec ses congénères. Et comme il est généralement assez débrouillard, il est rapidement capable de trouver comment escalader une clôture. Mais s’il fugue, c’est encore une fois parce que l’un de ses besoins n’est pas comblé, par parce qu’il porte en lui « le gène de la fugue ».


Dans tous les cas de figure, si votre chien fugue, je vous déconseille l’emploi de méthodes coercitives, comme la cage, qui empêche le chien de bouger mais ne règle pas le problème, bien au contraire. Le collier anti-fugue est aussi à fuir absolument : il n’est rien d’autre qu’un collier électrique qui peut causer à l’animal de gros dégâts psychologiques et physiologiques et qui, encore une fois, ne résoudra pas le problème de fond.


Pour résoudre le problème de fugue de votre chien, aidez-vous de la pyramide de Maslow adaptée au chien : examinez chacun de ses niveaux, et demandez-vous si chaque besoin cité est comblé chez votre compagnon. Ainsi, vous pourrez repérer des manques auxquels vous n’avez pas forcément pensé jusqu’à présent. Aucun problème n’est insoluble : en offrant au chien tout ce que sa personnalité complexe réclame, on peut améliorer sa qualité de vie, et la nôtre par la même occasion !


Elsa Weiss / Cynopolis Formations

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