Le respect du consentement, la base d’une relation saine
La notion de consentement ne s’arrête pas aux seuls humains : par respect, mais aussi par sécurité, il est important de ne pas imposer un contact à un animal qui n’en a pas envie (sauf contention obligatoire en cas de soins ou en situation d’urgence). J’en parle très souvent dans mes articles.
Le consentement de l’animal devrait être enseigné aux enfants dès le plus jeune âge, même si cet apprentissage peut s’avérer frustrant pour eux. Car non seulement il les protège (un chien qui ne veut pas de contact peut mordre, un chat peut griffer, un cheval peut donner un coup de sabot, etc), mais en plus, il leur apprend qu’ils ne peuvent pas disposer du corps d’un individu comme bon leur semble. Même si cet individu est à leur disposition, même s’il est moins fort qu’eux, et même s’il ne dit rien.
Lors de mes ateliers médiation animale auprès d’enfants et d’adolescents (les jeunes que j’ai la chance d’encadrer ont entre 10 et 16 ans environ), j’essaie d’appliquer ce principe au maximum : si l’on veut caresser un chien, on l’appelle d’abord, et l’on n’insiste pas s’il n’a pas envie de venir. Ce n’est pas toujours évident à faire respecter, mais c’est indispensable. En médiation animale, les chiens peuvent vite se sentir envahis par la présence des enfants, et c’est justement ce que je ne souhaite pas. Il est important à mes yeux que les enfants passent un bon moment, mais les chiens aussi. Exploiter les uns pour faire plaisir aux autres, ce n’est pas le message que j’ai envie de transmettre aux enfants.
Pour faire comprendre aux enfants la notion de consentement, je leur explique que les chiens viendront beaucoup plus facilement vers eux s’ils leur offrent toujours le choix (celui de s’en aller s’ils en ont envie). Très vite, ils constatent que c’est vrai : mes chiens ont une nette préférence pour les jeunes qui leur offrent de l’espace, ne les serrent pas dans les bras et les laissent faire leur vie s’ils n’ont pas envie d’interagir. J’essaie aussi de proposer un maximum d’activités aimées par les enfants ET les chiens : je préfère les voir partager un moment agréable ensemble, pendant lequel les deux s’amusent et entretiennent une relation bilatérale, plutôt que d’imposer le contact de l’un à l’autre. Les enfants apprennent ainsi qu’on peut faire bien d’autres choses avec un chien que de le traiter comme une peluche.
Je suis persuadée que le consentement enseigné aux enfants par le biais de la relation qu’ils entretiennent avec les animaux peut être généralisé à leurs pairs. Leur apprendre qu’on ne doit pas profiter d’un autre être vivant pour son bon plaisir est, j’en suis convaincue, un premier pas vers un meilleur respect des autres individus humains, notamment des plus vulnérables, et une meilleure prise en compte du « non » et des limites imposées par l’autre.
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Elsa Weiss / Cynopolis Formations
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