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Et si l’on cessait de tout s’interdire ?

Ces dernières années, les injonctions à « ne pas faire » ont fleuri dans le milieu canin, bien souvent à raison et avec des intentions tout à fait louables : ne pas abuser des jeux de lancer avec son chien, ne pas l’immerger dans un parc canin bondé, ne pas le laisser monter excessivement en excitation, ne pas l’exposer à trop de stimulations dans une même journée, etc.


Si ces « règles » ont aidé beaucoup de propriétaires à être plus à l’écoute de leur chien et à veiller à ne pas dépasser ses limites, elles ont aussi poussé certains à être dans l’hyper-contrôle permanent, dans la culpabilisation au moindre écart dans le respect de ces conseils qui sont devenus pour eux des dogmes, et même, pour certains, à ne plus rien faire avec leur chien sous prétexte de ne pas le stimuler excessivement.


Je me souviens par exemple d’un client qui n’arrivait pas à créer de lien avec son jeune chien de berger. Ce chien ne semblait pas s’intéresser à son humain, il ne revenait pas au rappel, il paraissait s’amuser beaucoup plus quand il se trouvait loin de son propriétaire que près de lui. J’avais demandé à ce dernier s’il lui arrivait de jouer avec lui : le jeu crée du lien, c’est indéniable. Parfois, un lancer de balle, par exemple, constitue une excellente récompense à un rappel réussi. Mais mon client s’était fermement opposé à l’idée de jouer à la balle avec son chien, parce qu’il avait lu que les jeux de lancer étaient délétères pour la santé mentale de nos compagnons. Je n’avais pas pu le convaincre du contraire. C’est bien dommage, car même les jeux de lancer peuvent être bénéfiques dans certains cas : c’est leur excès qui est néfaste ! Sauf que ce conseil a été peu à peu déformé au fil des années par certains professionnels qui se sont mis à décréter qu’il fallait interdire tout jeu de lancer avec son chien.


De même, ne pas sur-stimuler son chien signifiait, à l’origine, ne pas lui proposer des activités en permanence, et lui apprendre, à certains moments de la journée, à se reposer. Mais aujourd’hui, à lire les écrits de certains professionnels (je n’ai aucun nom précis en tête, ne cherchez pas, je ne vise personne en particulier 😉 !), on a l’impression d’être maltraitant si l’on sort son chien plus d’une heure par jour. Sauf qu’un être vivant avec un système locomoteur est fait pour… bouger ! Il y a mille fois plus de chiens hypo-stimulés, obèses et en mauvaise santé physique et mentale à cause du manque d’activité que de chiens qui souffrent d’un surplus d’activité aujourd’hui. On marche vraiment sur la tête… Même l’injonction à ne pas sortir son chiot plus de cinq minutes par jour est une aberration, et est sortie de nulle part. Imaginerait-on limiter les sorties d’un enfant de quatre ans à cinq à dix minutes par jour ? C’est ridicule.


Si l’on choisit de partager son existence avec un chien, c’est pour la vivre plus intensément, pas pour se priver des bonnes choses que nous pourrions partager avec lui. Ne vous empêchez pas de vivre ! Vous aimez faire de grandes balades tous les jours en forêt avec votre chien ? Il est chanceux ! Vous aimez lui lancer la balle ? Tant que ce n’est pas tous les jours, qu’il ne devient pas toqué et que la base de son activité est constituée de sorties calmes, pas de souci ! Il s’excite parfois un peu quand il joue avec ses congénères ? Tant que ce n’est pas au détriment des autres, ce n’est pas grave ! Regardez les enfants dans la cour de récréation : ils courent, ils crient, ils vivent. Les enseignants les laissent faire tant que la situation ne dégénère pas : qui aurait l’idée d’empêcher un enfant de courir dans la cour ?


Être à l’écoute du bien-être de son chien, des conseils distribués sur les réseaux et dans notre entourage, c’est bien. Mais ne nous empêchons pas de vivre pour autant ! L’homme aime les chiens depuis la nuit des temps pour toutes les activités et les jeux qu’il peut partager avec eux. Tout excès est néfaste, mais les activités bien dosées ne peuvent être que bénéfiques. Faites plaisir à votre chien, faites-vous plaisir également, faites le tri dans les conseils que vous recevez et faites preuve de bon sens : si vous êtes à l’écoute de votre compagnon, vous êtes le mieux placé pour savoir ce qui est bon ou pas pour lui.


Elsa Weiss / Cynopolis Formations

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