Choisir ses combats
- Cynopolis Elsa Weiss
- 18 avr.
- 3 min de lecture
Quand on partage sa vie avec un jeune chien, on peut être tenté de vouloir tout régler le plus tôt possible : avoir un excellent rappel, une marche en laisse impeccable, zéro mordillement, aucun dégât à la maison ou dans le jardin et un chiot capable de se contrôler face à tout type de stimulus. Spoiler alert : un chiot qui coche toutes ces cases, ça n’existe pas, ou alors c’est une peluche (ou un animal inhibé à l’extrême, et à ce stade et cet âge-là, c’est plutôt grave…).
Je dis souvent que, dans la vie, il faut savoir choisir ses combats, et c’est la même chose quand on vit avec un chiot : il est important de se donner des priorités, mais de ne pas chercher à avoir un animal parfait, tout de suite. Il est d’ailleurs un peu injuste, à mon sens, de souhaiter que son animal soit parfait : le sommes-nous nous mêmes ? Nous voulons que notre chiot se retienne d’uriner la nuit, mais nous nous levons pour aller aux toilettes. Nous ne souhaitons pas qu’il mâchouille ou creuse pour s’occuper, mais nous ne tenons pas dix minutes sans regarder notre téléphone. Nous exigeons de lui qu’il aime tout le monde, mais nous nous disputons régulièrement avec notre voisin… Les exemples sont multiples. Nous exigeons mille fois plus de nos chiens que de nous-mêmes.
Il y a des combats qui, selon mon expérience, ne valent pas la peine d’être menés : par exemple, un chiot mordille les mains. Cette phase exploratoire orale est une étape incontournable de son développement, tout comme elle l’est pour les bébés humains. Ce n’est pas très agréable, mais ça passe très vite, et à 3/4 mois, le chiot cesse de produire ce comportement. Pourquoi donc se battre pour le faire disparaître, puisqu’il est programmé pour s’éteindre ? Détournons simplement les petites morsures aux mains (qui peuvent être douloureuses, il faut le reconnaître !) sur autre chose, mais ne nous mettons pas la rate au court-bouillon pour essayer de supprimer un comportement qui, de toute façon, ne durera pas longtemps.
Fixons-nous des priorités : un bon rappel, par exemple, est mille fois plus important à travailler qu’un assis/pas bouger qui ne s’avérera finalement pas souvent utile dans une vie. De même, la construction d’un lien de confiance solide et la mise en place d’un environnement sécure sont capitales pour que le chiot apprenne à affronter sereinement les épreuves de la vie et à supporter quelques heures d’absence au quotidien.
Élever un chiot, ce n’est pas un concours, et à vouloir aller trop vite, on a plus à perdre qu’à gagner. Un jeune chien a besoin de grandir en apprenant l’autonomie, et ce n’est ni par des interdictions constantes, ni par une absence totale de cadre que l’on peut l’acquérir. Il n’est pas toujours facile de trouver l’équilibre, mais on peut le trouver en observant son chiot, en ne se mettant pas trop la pression et en faisant le tri dans les conseils distribués par tout un chacun. Et surtout, il est indispensable, pour préserver sa santé mentale et celle de Toutou, d’arrêter de penser qu’un chiot « doit savoir faire ci ou ça ». C’est VOUS, et seulement vous, qui décidez de ce que votre chien a le droit de faire ou non. Ce n’est pas votre oncle, votre belle-mère et encore moins l’inconnu croisé en promenade qui vous livre ses conseils non sollicités.
Alors relax, profitez de votre nouveau compagnon, enseignez-lui (à son tout petit rythme de chiot !) ce qui vous sera vraiment utile à long terme à tous les deux, et ne le gavez pas d’apprentissages superflus. Et puis, si la seule chose que votre chiot sait faire actuellement, c’est vous faire passer de bons moments, c’est déjà une très bonne chose, non ?
Elsa Weiss / Cynopolis Formations
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