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  • Les erreurs à éviter lors d’une rencontre canine

    Lorsque je suis en promenade avec mes chiens, je croise bien évidemment d’autres toutous. J’ai la chance d’habiter une région peu peuplée et donc de ne croiser des chiens qu’en quantité limitée, la surpopulation des villes, tant humaine que canine, étant à mes yeux l’un des facteurs favorisant la réactivité de certains chiens. Quand c’est possible, je les laisse donc faire connaissance avec les chiens de passage. Mes chiens communiquent plutôt bien quand ils sont en liberté, donc les rencontres se déroulent presque toujours sans heurts. Je n’ai jamais eu de problème avec Farouk et Indy, quant à Sirius, il a une palette plutôt riche de signaux de communication et les rares fois où il « dégoupille », c’est parce qu’il se sent entravé (tension sur la laisse ou prise au collier par exemple, des situations qu’il faudrait que je travaille mais je vous l’avoue, en Charente, cela ne me pose pas vraiment de problème…), et cela ne reste que du bruit. Avec un chien « à mode d’emploi » comme Sirius, je me suis particulièrement rendu compte ces derniers temps, que les propriétaires de chiens faisaient d’énormes erreurs lors des rencontres entre leur toutou et un congénère. Erreurs qui, dans beaucoup de cas, déclenchent une querelle entre les deux animaux, qui ne se serait pas produite s’ils les avaient laissés se débrouiller. Cela fait des années que je suis consciente du problème, mais Sirius m’a permis de comprendre à quel point, sur un chien sensible, le moindre geste inapproprié peut faire dégénérer une rencontre pourtant bien engagée. Si vous ne savez pas toujours quel comportement adopter lorsque votre compagnon rencontre un chien inconnu, voici quelques petits conseils qui vous aideront, je l’espère, à mieux appréhender la situation. Je précise que je ne parle pas là de chiens réactifs ou en rééducation, qui peuvent avoir des comportements différents à l’approche d’un autre chien qui ceux décrits ci-dessous, bien que ces informations puissent servir aux propriétaires de ces chiens en cas de rencontre imprévue (un chien qui arrive de manière impromptue pour dire bonjour au chien réactif, par exemple). 🐕 ON RELATIVISE : Nous, propriétaires de chiens, faisons, pour la plupart d’entre nous, des efforts pour garder nos chiens sous contrôle. Je suis la première à rappeler et rattacher mes chiens lorsque je vois quelqu’un arriver. Cependant, il faut garder à l’esprit que nous ne sommes pas infaillibles, et nos chiens non plus. Parfois, il y a des ratés : hier encore, j’ai lâché mes chiens dans un parc, certaine d’être seule, pourtant Sirius s’est retrouvé nez à nez avec un autre chien au détour d’un buisson. Cela peut arriver à tout le monde, et je trouve parfois injuste que des personnes se fassent hurler dessus parce qu’elles ont mal appréhendé une situation et que leur chien est venu renifler celui d’un autre promeneur. Il y a une réelle différence entre quelqu’un qui fait l’effort de bien gérer ses chiens mais qui, de temps en temps, n’a pas prévu l’arrivée d’un congénère, et un propriétaire de chien qui se promène les mains dans les poches alors que son chien va importuner tous les congénères qu’il croise, « parce qu’il est gentil ». Pensez aussi que, si vous hurlez sur le propriétaire d’en face chaque fois qu’un chien vient à la rencontre du vôtre, vous créez une situation de stress pour votre chien, qui peut finir par assimiler les autres toutous à un danger. Je ne dis pas qu’il faut tout supporter sans broncher, mais je pense que relativiser un peu les rencontres canines permet de faire du bien à tout le monde. Encore une fois, je ne parle pas là des chiens réactifs qui ont vraiment besoin qu’on respecte leur zone de confort, ni à l’inverse des chiens trop amicaux qui sautent sur chaque congénère ou humain qu’ils croisent, ce qui peut s’avérer particulièrement crispant. Mais, quand deux chiens bien codés se rencontrent, pourquoi ne pas les laisser se renifler s’ils en ont envie, avant de continuer son chemin ? 🐕 ON N’INTERROMPT PAS DEUX CHIENS QUI ONT COMMENCÉ À SE RENIFLER : Avez-vous déjà remarqué que, si vous rappelez votre chien alors qu’il a déjà commencé à renifler le chien d’en face, il fait la sourde oreille ? C’est un comportement tout à fait normal. Aucun chien n’interrompt ce moment sacré. Pourquoi ? Parce que c’est totalement contraire aux règles de la bienséance canine. D’autre part, une nouvelle rencontre est toujours un moment de tension, et aucun chien n’interrompra cette situation au risque justement, de la voir dégénérer. Quand deux chiens se rencontrent, ils se reniflent plus ou moins longuement, puis entament une partie de jeu ensemble ou repartent chacun de leur côté (après avoir généralement conclu la rencontre par un petit jet d’urine sur le poteau le plus proche). Aucun chien n’interrompra le processus, car la politesse est importante aux yeux de nos compagnons. 🐕 LA « CRÊTE », C’EST NORMAL ! Deux chiens qui se rencontrent ont généralement l’échine hérissée. C’est normal, et cela ne signifie aucunement que la rencontre va mal se dérouler. Comme mentionné précédemment, une rencontre entre deux individus qui ne se connaissent pas est toujours un moment de tension, et la « crête » signant une émotion forte, il est tout à fait normal que votre chien la présente lorsqu’il s’approche d’un chien inconnu. 🐕 ON NE CARESSE PAS L’AUTRE CHIEN : Du moins, pas pendant les présentations. Vous brisez là un moment fort en émotions, et en caressant le chien inconnu pendant que lui et le vôtre se reniflent, vous risquez d’ailleurs de le voir sursauter légèrement. Nous, humains, et notre drôle de manie de vouloir tout toucher, nous sommes parfois bien trop intrusifs avec les chiens. Vous aurez tout le temps de caresser le chien une fois que les salutations seront terminées s’il le souhaite, mais ne touchez jamais un chien (même le vôtre, d’ailleurs), lorsqu’il renifle un nouveau congénère. 🐕 N’ENTRAVEZ PAS LES CHIENS : La laisse, en soi, n’est pas un obstacle à une rencontre canine de qualité. En revanche, veillez à la laisser la plus lâche possible, à ne pas y imprimer de tension et à ce qu’elle ne s’enroule pas autour des chiens qui vont forcément tourner l’un autour de l’autre pour se renifler. Attention, la tension la plus minime sur une laisse peut faire se déclencher un chien peu sûr de lui, et faire tourner au vinaigre une rencontre qui avait bien commencé. De même, si vous repoussez du pied le chien d’en face, ou que vous l’attrapez au collier pour qu’il n’approche pas le vôtre (ENCORE UNE FOIS, je ne parle pas ici d’un chien réactif qui foncerait sur le vôtre pour l’agresser), vous vous exposez à ce que la situation s’envenime. Je n’émets ici aucun jugement, je peux comprendre que l’on ne soit pas serein lors de certaines rencontres. J’expose simplement des faits. 🐕 RAPPELEZ-VOUS QUE LES QUERELLES DE CHIENS VONT RAREMENT BIEN LOIN : Les chiens sont des animaux possédant des capacités de communication très développées leur permettant d’éviter généralement les conflits. Sauf souci comportemental, un chien se mettra rarement en danger en agressant un congénère, sachant qu’il y aura une riposte. Une querelle de chiens fait généralement beaucoup de bruit et donne toujours l’impression que les animaux vont s’entretuer, mais finalement, elle ne laisse presque jamais de séquelles, si ce n’est un petit poinçon à l’oreille ou sur la face. 🐕 SI VOUS N’ÊTES PAS SÛR DE VOUS, TENTEZ LE TOUT POUR LE TOUT : Si votre chien communique correctement, que celui d’en face ne vient pas pour l’agresser mais que vous n’êtes pas serein avec les interactions canines en général, vous pouvez envisager de lâcher la laisse de votre chien et de ne pas regarder la rencontre. Vous n’interfèrerez pas dans la rencontre et ainsi, il y a de grandes chances qu’elle se passe bien ! 🐕 LAISSEZ DE L’ESPACE AUX CHIENS : Les chiens communiquent beaucoup avec les postures du corps et ont besoin d’espace pour s’exprimer. Évitez de vous coller à eux, éloignez-vous en bout de laisse s’ils sont attachés (sans y mettre de tension) ou même un peu plus s’ils sont en liberté. De même, si vous les sentez « tendus », éloignez-vous et marchez. Généralement, le fait de laisser les chiens se débrouiller seuls désamorce les conflits, et ils se hâteront d’achever la rencontre pour venir retrouver leurs humains. Rien de pire qu’une rencontre entre deux chiens peu à l’aise, avec une tension qui monte, et les propriétaires qui restent statiques à côté d’eux. J’espère que ces quelques conseils, bien que très généraux, vous aideront à mieux appréhender les rencontres canines. Le langage canin n’est pas toujours facile à décoder, mais croyez-moi, avec des chiens qui ne présentent pas de souci particulier, vous pouvez généralement laisser les rencontres avoir lieu sans inquiétude. Rien de plus riche en matière de communication qu’une rencontre canine, alors profitez-en pour observer, et apprendre. Vous comprendrez bientôt que le chien est un animal le plus souvent pacifique sur lequel nous, humains, devrions prendre exemple. Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2022

  • Le Labrador Retriever : la perfection faite chien ?

    Le Labrador a perdu beaucoup de terrain dans le cœur des Français ces dernières années, au profit de races principalement bergères comme le Border Collie, le Berger Australien ou le Malinois. Pourtant plus stable émotionnellement que ces derniers, le Labrador est aussi mieux adapté à la vie de chien de famille. Pour qui recherche une race dynamique et polyvalente mais moins obsédée par le travail que les chiens de berger, le Labrador est tout indiqué. Le Labrador est un épicurien. Il dévore la vie comme la meilleure des gamelles, et qui a déjà vu un Labrador l’engloutir sait à quel point il le fait avec passion. Le Lab est à lui tout seul une ode à la vie. Emmenez-le en promenade, regardez-le se vautrer allègrement dans toutes les flaques de boue, gambader avec joie vers un congénère ou revenir vers vous un bâton dans la gueule, sa queue de loutre oscillant joyeusement de gauche à droite. Sa joie de vivre n’est-elle pas communicative ? Il est vrai que quand il engloutit tout ce qu’il trouve sur le sol ou qu’il rentre à la maison en sentant la charogne (qu’il aura bien sûr mangée après s’être roulé dedans), sa compagnie est moins plaisante. Mais les moments de bonheur que le Labrador apporte dans une existence partagée sont tels qu’on lui pardonne ces petits écarts de conduite tout naturels pour un chien. Initialement sélectionné pour le rapport du gibier d’eau, le Lab voue une passion à l’élément aquatique. Il y a des exceptions, mais elles sont rares. Si vous tenez à la propreté de votre intérieur, adopter un Labrador n’est pas nécessairement une bonne idée ! Car, tout comme son cousin le Golden, plus le Lab est cracra, mieux il se porte. Il a aussi une fâcheuse tendance à aimer tenir des objets en gueule (n’oubliez pas, il a été, et est encore parfois employé comme chien de rapport), et, insuffisamment stimulé, il peut mettre sens dessus-dessous votre salon coquet, surtout lorsqu’il est jeune. Le Labrador a un heureux caractère, mais si ses besoins ne sont pas comblés ou s’il est laissé seul trop longtemps dans la journée, il devient une arme de destruction massive pour une maison ou un jardin. N’oublions pas non plus que le Labrador est un chasseur : s’il tombe sur une piste intéressante, il y a de grandes chances pour qu’il fasse la sourde oreille à vos demandes de rappel que vous aurez mis tant de temps à lui inculquer. Lorsqu’il ne souffre pas d’embonpoint, le Labrador est un véritable athlète capable de tout faire : cani-cross, randonnée, agility, cavage, recherche utilitaire, et même traîneau ! Il est un sportif accompli, qui se régalera de n’importe quelle activité que vous pourrez lui proposer. Qui pense que le Lab est un benêt, avec ses oreilles flasques et sa « tronche de gentil », se trompe sur toute la ligne : le Labrador dispose de très bonnes capacités cognitives. Alliées à son caractère conciliant et stable, elles font de lui un excellent chien utilitaire pour qui le souhaite. Ce n’est pas pour rien qu’il est très représenté parmi les chiens d’assistance. Avec ses congénères, le Labrador est généralement sociable et est un bon communicant, n’hésitant pas à en rajouter et à accentuer sa gestuelle face à un chien timide ou hésitant (et vas-y que j’enchaîne les révérences, et vas-y que je rampe sur le sol pour t’apaiser, comment peux-tu ne pas m’aimer !), s’avérant si convaincant qu’il obtient généralement ce qu’il souhaite ! Cependant, j’ai aussi connu quelques Labradors réactifs envers leurs congénères. Gros point positif : la rééducation avec récompense alimentaire fonctionne plutôt très bien pour cet éternel affamé. Vous l’avez compris, j’adore les Labs. Je considère cette race comme l’une des « valeurs sûres » du chien de compagnie, à l’image du Golden, du Bouvier Bernois ou du Cavalier King Charles, par exemple. Beaucoup de races canines font des chiens de famille formidables, mais peu d’entre elles sont aussi capables de nous pardonner nos erreurs, que le Labrador. N’allez pas croire pour autant qu’il est une « chiffe molle » ! Le Lab est un chien de caractère, qui sait ce qu’il veut. Il ne doit pas non plus être considéré comme une peluche que les enfants peuvent importuner à tout moment de la journée, même s’il sera ravi de partager avec eux les jeux de lancer qu’il affectionne tant. Si vous êtes un adepte des longues promenades dans la nature, que vous recherchez un chien sportif qui ne soit pas pour autant accro à l’adrénaline comme certaines races bergères, et que vous rêvez d’un compagnon adaptable capable de vous suivre dans toutes vos activités, l’ami Lab sera ravi de s’inviter dans votre maison. À condition que la cantine y soit bonne ! Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2022

  • Utiliser les déplacements pour communiquer avec son chien

    Tout le monde connaît désormais les fameux signaux d’apaisement (merci Turid Rugaas qui a grandement contribué à les populariser) dont on entend parler à tort et à travers, qui sont plus ou moins bien interprétés et qu’il peut être utile d’employer dans certaines situations pour apaiser un chien (pas toujours -quelquefois l’animal nous regarde bailler avec l’air de nous prendre pour un sombre idiot- mais au moins, on tente). S’il s’agit d’une grande avancée en matière de bien-être animal que de s’intéresser à ces signaux, il faut savoir qu’il n’y a pas qu’eux, dans la vie. Les chiens utilisent majoritairement leur sens olfactif et visuel pour communiquer. Nous, humains, employons beaucoup le langage verbal, mais nous avons en commun avec le chien de laisser une place énorme au non-verbal dans notre façon de nous exprimer. Chez les chiens, c’est encore plus flagrant : le moindre mouvement du corps a sa signification, qu’elle soit intentionnelle ou non, et pour faire passer un message à son compagnon (un message simple, il ne s’agit pas non plus de discuter conflit israélo-palestinien avec Toutou), on peut facilement utiliser certains déplacements. Parlons tout d’abord du rappel. Quand un humain rappelle son chien, il est extrêmement courant que son langage verbal et sa communication non-verbale s’opposent lorsqu’il donne sa consigne. Je vois souvent des propriétaires rappeler leur chien d’une voix enthousiaste, mais en restant totalement immobiles. Le chien privilégiant toujours la gestuelle à la parole, il va presque toujours se passer la chose suivante : l’animal va lever le nez vers son humain en entendant son nom, le regarder avec plus ou moins d’intérêt… et reprendre l’activité à laquelle il était occupé, au grand damn de son maître qui ne comprend pas bien ce qui pèche dans son enseignement. Le chien est un être de mouvement : quand vous le rappelez, bougez ! Si vous employez une intonation motivante pour encourager votre chien à revenir mais que tout votre corps, par son immobilité, crie le contraire, vous pouvez être quasiment certain que votre rappel ne fonctionnera pas. Essayez de prendre l’habitude de reculer pour aspirer votre chien vers vous lorsque vous le rappelez, ou partez dans une direction opposée. À savoir aussi que le chien voit mal de loin, à moins que sa cible soit en mouvement. Quand l’un de mes chiens se trouve un peu loin de moi au moment où je le rappelle, je n’hésite pas à bouger un bras de haut en bas pour l’inciter à revenir. Si je reste immobile, je cours le risque qu’il me regarde, perplexe, l’air de se demander : « J’ai cru entendre qu’elle m’appelait, mais j’ai des doutes… est-ce que ça vaut le coup d’arrêter de renifler ce super pipi pour revenir vers elle ? »… De même, une autre erreur courante consiste à se dépêcher d’attraper son chien pour le remettre en laisse quand on aperçoit un congénère un peu plus loin. Bien souvent, notre compagnon, qui s’était arrêté pour observer de loin les intentions de l’autre toutou et nous voyant débouler dans son champ de vision, va alors s’avancer vers son congénère, ce que nous voulions justement éviter. Pourtant, nous venons de lui en donner l’autorisation tacite en nous dirigeant dans la même direction que lui, c’est à dire vers l’autre chien… Il aurait été plus judicieux d’appeler tranquillement son chien tout en faisant demi-tour ou en changeant de direction si nous voulions éviter la rencontre. Nos déplacements influencent aussi beaucoup le comportement des chiens que nous croisons. Se diriger en ligne droite sur un chien est souvent perçu comme offensif. Se placer de trois-quarts, ou de dos en présence d’un chien qui a peur est rassurant pour l’animal. Un individu de dos fait moins peur, c’est un langage universel. Je l’ai déjà employé avec un cheval particulièrement farouche : je me suis assise par terre, dos à lui, et je n’ai pas tardé à sentir son souffle chaud dans mes cheveux. Avec un chien un peu trop amical, au contraire, se placer de côté lorsqu’il arrive comme un fou pour nous sauter dessus permet de désamorcer son excitation. Une communication efficace avec son chien passe d’abord par des besoins comblés. Un chien qui ne sort qu’une ou deux fois par semaine sera tellement excité en promenade qu’il ne sera probablement pas attentif à vos demandes de rappels, même si vous adoptez les déplacements adéquats. Un chien qui reste seul dix heures par jour sera trop excité de vous retrouver pour être capable de se retenir de vous sauter dessus, même si vous vous placez de trois-quarts ou de dos. Encore une fois, l’empathie, c’est à dire la « faculté intuitive de se mettre à la place d'autrui, de percevoir ce qu'il ressent. » (c’est pas moi qui l’ai dit, c’est le Larousse), est la clé d’une relation réussie. Sans empathie, on ne peut pas combler correctement les besoins de son chien (et la majorité de nos canidés n’ont malheureusement pas une vie épanouie), et il est alors impensable d’espérer pouvoir communiquer efficacement avec son compagnon. La bonne nouvelle ? Il n’est jamais trop tard pour s’améliorer. Offrez davantage de votre temps à votre chien, imaginez comment il appréhende telle ou telle situation, cessez d’imaginer qu’il vous « désobéit » pour vous contrarier, et votre relation s’en trouvera nécessairement améliorée. La qualité de votre communication inter-espèces gagnera en richesse… et c’est tout ce que je vous souhaite de plus beau avec votre chien. Vous verrez combien il a de choses passionnantes à vous dire, et combien vous pouvez lui en dire en retour ! Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2021

  • Je ne suis pas éleveuse

    Je ne suis pas éleveuse parce que, faire commerce d’êtres vivants, cela implique des compétences que je n’ai pas. Je ne suis pas éleveuse parce que, faire reproduire une chienne, c’est une responsabilité que je ne me sens pas les épaules de porter. Je ne suis pas éleveuse parce que je n’ai pas de reproducteurs qui pourraient apporter des améliorations à une race. Je ne suis pas éleveuse car je ne connais pas tous les tests de santé à faire réaliser à de futurs géniteurs. Je ne suis pas éleveuse parce que mes connaissances en génétique sont limitées. Je ne suis pas éleveuse car je suis consciente des risques d’une gestation et d’une mise-bas, et je n’ai pas les connaissances pour réagir en cas de problème. Être éleveur, ce n’est pas juste produire de beaux chiens. Être éleveur, ce n’est pas faire reproduire des races qu’on connaît à peine, juste parce qu’on sait qu’elles vont se vendre. Être éleveur, ce n’est pas faire de l’argent facile en vendant des chiots sur Leboncoin. Être éleveur, ce n’est pas faire porter sa chienne « parce qu’elle a besoin d’être maman », ou qu’on veut garder un chiot sans se préoccuper de ce que deviendront les autres. Être éleveur, ce n’est pas faire des mariages arbitraires, sans même connaître la différence entre homozygote et hétérozygote (non, ce ne sont pas des orientations sexuelles…). Être éleveur, ce n’est pas produire des chiens à la mode, sans aucun travail de sélection sur leur santé et leur comportement. Être éleveur n’est pas un passe-temps : c’est un métier. Un métier qui demande de multiples compétences, car la sélection, l’amélioration de la race, la production de chiots adaptés à une vie de famille ou à un travail particulier, demandent passion, rigueur et connaissances scientifiques. Je ne supporte plus de voir ces chiots vendus comme des petits pains sur Internet, sans aucun parent confirmé, à des prix exorbitants et qui trouveront preneurs parce qu’ils ont le pelage bleu merle ou les yeux vairons. Je ne supporte plus de voir des chiots distribués comme des petits pains, par des éleveurs n’ayant aucune connaissance de la race, à des acheteurs n’en ayant aucune non plus (acheteurs, vous êtes AUSSI responsables : à l’heure d’Internet, se renseigner avant d’opter pour une race particulière ne me semble pas hors de portée. S’étonner qu’un Border poursuive les vélos ou qu’un Shetland aboie, ne me paraît désormais plus pardonnable). Les vrais éleveurs, les vrais sélectionneurs, ceux qui élèvent une ou deux races et font naître des chiots en parfaite connaissance de cause, sont rares. C’est pourtant vers eux qu’il faut se tourner si l’on veut trouver la perle rare. Il est temps qu’une formation obligatoire (l’ACACED, que je dispense, n’est aucunement une formation, juste une autorisation d’exercer, bien insuffisante pour travailler avec du vivant) soit mise en place pour encadrer cette profession et contribuer à ce que les « marchands de chiens » disparaissent de la circulation (utopie…). Le chien n’est pas un produit de consommation. Il est un être vivant. Et ça, on est en train de l’oublier. Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2022

  • Formation #2 : L’instinct de poursuite chez le chien

    Beaucoup de chiens aujourd’hui sont issus de races bergères (Berger Australien, Malinois, Border Collie) et ont un instinct de poursuite très développé. Le chien étant un prédateur, son instinct de poursuite reste encore très ancré et il faut apprendre à composer avec ! Mais cela peut être très handicapant dans un milieu rempli de stimuli comme la ville. Nous allons vous apprendre à combler et canaliser cet instinct de poursuite pour mieux vivre avec. Cette vidéo s’adresse aux particuliers propriétaires notamment de chiens de bergers, ou professionnels de l’éducation et du comportement canins souhaitant se perfectionner. Contenu détaillé de la formation : 1.L’instinct de poursuite, c’est quoi ? (2min06) Définitions éthologiques, observations, et rôle des patrons moteurs 2. Quels chiens sont concernés ? (11min02) Focus sur les chiens de bergers 3. Comment s’exprime l’instinct de poursuite ? (12min08) Décryptage des types de poursuites 4. Comment combler l’instinct de poursuite chez le chien ? (13min36) Connaître et combler les besoins de son chien, mettre en place des exercices pour combler son instinct de poursuite 5. Comment canaliser l’instinct de poursuite de son chien ? (31min51) Apprendre des techniques de gestion et enseigner des mots clés pour canaliser l’instinct de poursuite 6. 5 astuces pour améliorer le rappel de votre chien 7. Focus sur le comportement de prédation

  • Les chiens et les caresses, amis ou ennemis ?

    Les propriétaires de chiens que je reçois en clientèle sont souvent étonnés du fait que je ne caresse que rarement leur compagnon. Qu'ils se rassurent, je ne leur ai pas menti et j'aime réellement et profondément les chiens, cependant j'attends toujours qu'ils m'en donnent l'autorisation avant de les caresser. Par "autorisation", j'entends bien celle des chiens, car ce sont eux qui me donnent leur feu vert s'ils souhaitent recevoir un contact de ma part. Rien de magique là dedans, juste un peu d'observation qui fait qu'avec le temps, on comprend mieux les erreurs de communication que l'on commet avec nos compagnons, et tout ce qu'ils subissent de notre part comme offenses à leurs codes de politesse. Car les chiens connaissent la politesse, vous pouvez me croire, et entre chiens, celui qui ne respecte pas ces codes peut être sévèrement réprimandé. Curieusement, il semblerait​ que les toutous soient plus tolérants envers nos propres erreurs, sans doute parce qu'à leurs yeux, nous sommes une espèce animale un peu "limitée". Ce qui n'est pas une excuse pour ne pas apprendre les règles de base des salutations canines. Imaginons que vous vous rendiez chez des amis qui viennent d'adopter un chien adulte en refuge (les chiots n'ayant pas encore appris les règles de politesse et étant généralement très à l'aise avec tout le monde, je parlerai exclusivement des chiens adultes dans mon article). Vous franchissez le portail, saluez vos amis, et une truffe froide et mouillée vient inspecter jusqu'aux endroits les plus intimes de votre anatomie. Adorant les chiens, vous tendez naturellement les deux mains pour grattouiller les joues du toutou, qui sursaute avec un petit grognement. N'en concluez pas pour autant qu'il est peureux ou agressif, ni qu'il a peur des gestes brusques et a été maltraité. Il est simplement à cheval sur les codes de politesse canins que vous n'avez pas respectés. Son grognement outré signifiait simplement : "Hé ho ! On n'a pas élevé les cochons ensemble !". Alors, comment doit-on​ aborder un chien inconnu ? Si le chien ne vient pas vers vous de lui-même, appelez-le en vous accroupissant et en vous tournant légèrement de côté. S'il vient en remuant la queue, alléluia, il était juste timide. S'il ne vient pas, laissez tomber. Il ne vous connaît pas et vous exprime clairement qu'il n'a pas envie d'entrer en contact avec vous. Après tout, rien ne l'y oblige. N'allez pas vers lui, vous risqueriez au mieux de le mettre très mal à l'aise, au pire de vous faire mordre. Tant pis pour vous, il vous aura prévenu. On en a tous fait un jour les frais, déroutés par cet acte de violence gratuite, alors que le chien nous avait en fait envoyé des signaux gros comme des panneaux publicitaires. Si le chien vient vers vous, laissez-vous renifler sans le toucher. Vous pouvez lui parler, mais ne rompez pas le charme, il est en train d'entamer la conversation. Si vous le touchez, vous le verrez d'ailleurs tressaillir à coup sûr. Observez deux chiens qui se rencontrent pour la première fois : ils se reniflent sous toutes les coutures sans bouger, car se laisser renifler est la base de la communication canine. C'est souvent ce moment que choisissent les propriétaires pour intimer à leur chien de "faire doucement" tout en mettant les pieds dans le plat en caressant le chien d'en face, provoquant ainsi une bagarre. Ne pas respecter les salutations de deux canidés entraîne très souvent un conflit. Une fois que le chien vous aura reniflé, soit il s'éloignera, soit il demandera à faire plus ample connaissance en remuant la queue au son de votre voix, par exemple. Vous pourrez alors très certainement le caresser. Mais encore une fois, pas n'importe comment... Nous ne le répéterons jamais assez : ne caressez pas un chien inconnu sur le dessus de la tête. C'est une approche qui est perçue comme offensive par beaucoup de chiens, comme le fait de les regarder dans les yeux. Évitez de toute façon les approches "du dessus" : ne vous penchez pas au dessus du chien. De même, ne l'enlacez pas si vous ne le connaissez pas ! C'est très intrusif pour un chien. C'est malheureusement un geste naturel pour les enfants qui se font souvent mordre au visage puisqu'il se trouvent alors à proximité de la gueule du chien (la plupart des enfants qui se font mordre subissent l'accident à cause d'une grave erreur de communication canine, ce qui est normal car les enfants ne connaissent pas les "bonnes manières" avec les chiens. De plus, ils ne savent pas lire les signaux de menace. À vous de ne pas les laisser caresser un chien inconnu et de leur apprendre à respecter l'espace vital de leur propre compagnon). La meilleure façon de caresser un chien (s'il a "validé" la caresse) est plutôt de le grattouiller sous le menton, sous le poitrail ou sur les flancs. Enfin, sachez que votre propre chien, même s'il est avec vous depuis des années et vous accorde une confiance aveugle, peut ne pas aimer les caresses. C'est pourquoi la caresse n'est pas nécessairement une récompense en éducation canine ! Chez les chiens, il y a des individus tactiles, et d'autres non. Exactement comme chez nous ! Pour savoir si votre chien aime être caressé, rien de plus simple : observez-le. Si, pendant l'interaction, il mâchonne dans le vide, se lèche la truffe, détourne la tête ou bâille, vous pouvez être quasi sûr qu'il n'est pas à l'aise. S'il se secoue après que vous l'avez caressé ou bâille à nouveau à s’en décrocher la mâchoire, il évacue un stress et n'était donc pas parfaitement détendu. Il peut aussi rester immobile et stoïque, façon canine d’exprimer tacitement qu’il supporte vos caresses mais ne les apprécie nullement. En revanche, s'il vous donne des coups de museau ou vous touche de la patte lorsque vous cessez de le caresser, s'il revient se coller contre vous ou tout simplement s'il tourne la tête vers vous, bref s'il fait un geste dans votre direction, cela signifie généralement qu'il en redemande. Si votre chien n'est pas câlin, ne vous vexez pas : cela ne veut certainement pas dire qu'il ne vous aime pas ! Le chien ne ressent pas comme les primates que nous sommes le besoin de toucher et d'être touché. D'autant plus que certains chiens sont "gavés" de câlins à longueur de journée, alors qu'ils préféreraient sûrement qu'on leur montre notre affection avec une belle promenade en forêt... Je ne dis pas pour autant qu'il ne faut pas caresser son chien, cependant il faut savoir respecter ses limites et comprendre qu'il est un individu à part entière, pas un poupon que l'on nourrit à coups de câlins et de bisous. À vous de jouer maintenant, faites le test et essayez de déterminer si votre compagnon est plutôt "câlin-phile" ou "câlin-phobe"... Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2021

  • Mâchouiller, c’est la vie !

    Deux minutes. Trois, au mieux. C’est le temps qu’il faut à un chien pour avaler sa ration de croquettes quotidienne. « Avaler », le mot est adéquat, car le chien croque rarement ses croquettes, il les avale tout rond. Dans la nature, un canidé passe plusieurs heures par jour à chercher sa nourriture. Cela concerne aussi les chiens libres qui errent autour des villages en quête de charognes, d’os, de déchets, d’excréments divers, et j’en passe. De quoi occuper une bonne partie de la journée, contrairement à Médor qui, lui, doit passer 8h par jour à attendre le retour de ses propriétaires en s’ennuyant comme un rat mort (rat mort dont se délecterait son cousin le chien libre, soit dit en passant). S’il est chanceux, sa VRAIE journée commencera alors et il aura droit à des activités avec ses humains. S’il ne l’est pas (et j’ose espérer que ce n’est pas le cas des chiens des personnes qui suivent cette page 😉), sa seule occupation du jour sera l’engloutissement express de sa gamelle de croquettes. Croyez-moi, la vie de la plupart des chiens aujourd’hui se résume encore à ces trois mots : salon/jardin/croquettes. Pendant quinze ans de vie. Triste ? Déprimant, oui. Je ne suis pas opposée au fait de nourrir son chien avec des croquettes. J’ai moi-même opté pour une ration mixte, et il y a des jours où mes chiens mangent uniquement des croquettes, si je n’ai pas le temps d’agrémenter leur gamelle avec un petit quelque chose en plus. En revanche, depuis un bon moment maintenant, j’ai ajouté à mon budget « croquettes » le budget « mastication ». Je donnais déjà à mes trois monstres de quoi mâchouiller assez régulièrement, mais désormais, j’essaie de leur proposer de la mastication tous les jours ou presque. Oreilles de porc ou de bœuf, sabots de veau fourrés, nerfs de boeuf, peau de chameau, fromage de yak, le choix est désormais vaste et il y en a pour tous les goûts. Ce n’est pas donné, c’est vrai. Mais, si votre chien fait partie des « mâchouilleurs convaincus », et c’est le cas de presque tous les toutous, ce n’est que du bénéfice pour lui. En effet, tous les canidés, sans exception, ont une mâchoire et un système digestifs conçus pour mordre, arracher et dilacérer muscles et tendons, et broyer et digérer des os. Les croquettes ne permettent pas de satisfaire ce besoin de déchiqueter. Si votre chien est nourri aux croquettes, je vous invite à lui fournir, aussi régulièrement que possible, de quoi satisfaire son besoin masticatoire. Les bénéfices en sont multiples : entretenir ses dents (les croquettes n’entretiennent nullement les dents et au contraire, ont tendance à les entartrer), s’occuper, s’apaiser, entretenir les muscles de sa mâchoire, découvrir des saveurs différentes de celle de ses croquettes (imaginez-vous manger tous les jours de la purée en sachet… peut-être auriez-vous envie de découvrir d’autres goûts et d’autres textures !), et tout simplement, profiter d’un moment de plaisir. Ah, et puis aussi, embêter son humain en faisant plein de petits bruits de mastication et de déglutition -pendant qu’il regarde sa série favorite, de préférence. Sinon, ce ne serait pas pleinement satisfaisant. D’autre part, plus on fournit à son chien de quoi satisfaire son besoin masticatoire, moins il aura tendance à s’en prendre aux pieds de la table ou au cuir du canapé. Dans le cas d’un chien qui a un besoin marqué de mâchouiller, ou dans le cas d’un chiot, vous pouvez fournir des friandises naturelles séchées mais aussi des éléments non alimentaires (si votre chien n’en ingère pas les morceaux, évidemment) : pommes de pin, morceaux de bois, cartons, lanières de tissu à déchirer, etc. Mieux vaut retrouver votre maison un peu en chantier le soir, plutôt que votre fauteuil préféré éventré sans aucune pitié. Enfin (j’en parlais encore ce matin avec une amie qui a récemment fait l’acquisition d’un bébé Labrador), le besoin de mâchouiller et de mordiller est très marqué chez le chiot durant quelques mois. Cela peut sembler infernal quand on ne peut même pas traverser le salon sans qu’une petite bête sauvage reste accrochée à nos chaussons, mais c’est une période qui a une durée limitée dans le temps. Certains chiots ne mordillent presque plus après trois ou quatre mois, d’autres le font un peu plus longtemps mais, à l’approche de l’adolescence, ce besoin s’estompe (mais une autre période bien pénible vous attend 😁 !). N’entrez pas en conflit avec votre chiot pour cette raison : s’il mordille, c’est parce que ce besoin est naturel pour lui. Même s’il vous paraît effronté et qu’il semble insensible à vos protestations, il ne cherche pas à vous défier : juste à fournir à ses petites dents pointues comme des aiguilles ce dont elles ont besoin. Préférez échanger votre chausson (ou votre morceau de corps !) contre un jouet ou une friandise à mâcher. Si vous envisagez de partager votre vie avec un chien, pensez à inclure dans votre budget prévisionnel le coût de la mastication que vous lui fournirez. Sauf exception (il y a des chiens peu mâchouilleurs mais, très honnêtement, ils sont plutôt rares, surtout avec la diversité des friandises séchées proposées aujourd’hui), cela représente un certain coût si l’on veut donner de la mastication tous les jours à son compagnon (une trentaine d’euros par mois minimum pour un chien de taille moyenne), mais, combler ce besoin naturel chez son chien, c’est mettre des chances supplémentaires de son côté d’avoir un animal bien dans ses pattes. Farouk vous le garantit ! Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2023

  • Voilà pourquoi j’aime les chiens…

    Aujourd'hui, j'ai envie de rendre hommage à ceux qui constituent mon quotidien. J'ai envie de parler de ceux qui m'apportent tant d'émotions, qui me font rire, m'émerveillent, m'émeuvent, et me surprennent chaque jour. De ceux qui m'apprennent à rester modeste et à me remettre constamment en question. De ceux qui m'enseignent la patience, vertu qu'en tant qu'être bassement humain je brise parfois en mille morceaux après une journée fatigante. Je sais alors qu'il est temps que je prenne congé d'eux pour quelques heures afin de mieux les retrouver le lendemain, car je ne peux pas m'en empêcher, ils sont ma drogue. J'ai envie de parler de ceux qui ont donné à mon existence la forme d'une mission, celle de mieux les comprendre pour mieux les aider. Je veux bien sûr parler des chiens, mais ai-je besoin de le préciser ? Alors c'est vrai : ils puent, ils pètent, ils mettent des poils partout, mangent des choses innommables en promenade et lèchent leurs parties intimes en faisant des petits bruits répugnants quand on aimerait pouvoir se concentrer sur le film du dimanche soir. Mais il suffit d'un regard échangé, d'un moment de jeu partagé, d'un​ arrière-train qui se trémousse quand on rentre du travail, et tout cela est oublié. Avoir un chien, c'est devoir affronter quinze ans de promenades quotidiennes sous la pluie, de traces de pattes boueuses sur le pantalon, d'instants de gêne intense quand une truffe froide vient se coller sous notre jupe. Avoir un chien, c'est aussi devoir affronter la douleur de voir vieillir son fidèle ami, et la peur qui nous tord l'estomac quand on sait que, bientôt, on devra tourner la page et qu'il ne fera plus partie de la suite de l'histoire. Avoir un chien, c'est l'accompagner jusqu'à son dernier souffle​ sans comprendre pourquoi il paraît si serein, alors qu'on serait prêt à vendre notre âme au diable pour le garder encore un tout petit peu auprès de nous. Nous, on sanglote comme un petit enfant en le couvrant de nos dernières caresses, alors que le chien nous regarde paisiblement, les yeux mi-clos, l'air presque étonné de nous voir redevenir aussi fragile. Il s'en va, mais c'est normal, il a vécu la plus belle des vies, celle d'un chien, et il en a profité jusqu'à la dernière seconde. Parce que le chien vit l'instant présent. Nous, humains, qui nous pensons supérieurs aux autres animaux, nous sommes prisonniers de notre intelligence hors du commun. Nous ne savons pas profiter du moment présent : à peine avons-nous terminé notre journée de travail que nous pensons aux tâches ménagères qui nous attendent en rentrant. À peine sommes-nous en vacances que nous redoutons le moment de la reprise. À peine sommes-nous conscients de la mort qu'elle nous obsède jusqu'à la fin de nos jours. Le chien, lui, dévore la vie comme la meilleure des gamelles. Il aime profondément son existence et il lui rend hommage chaque jour qui passe, en la vivant pleinement. Il aime courir, aboyer, bondir, nager, chasser, se battre, tuer parfois. Pour lui, la vie est le plus beau des cadeaux. Le chien ne se pose pas de questions sur son avenir, il ne s'apesantit pas sur son passé. Quand ses muscles s'amenuisent et que ses articulations deviennent douloureuses, il s'assagit. Il sait que les bagarres et les flirts de la jeunesse ne sont plus de mise, mais il profite autrement. Il passe un peu plus de temps devant la cheminée ou sur le canapé à ronfler copieusement, mais ça aussi, ça fait partie de la vie. Et quand la mort pointe le bout de son nez, il l'accueille comme une vieille amie. Parce qu'il a aimé la vie, qu'il en a profité comme seul un chien sait le faire, et qu'il ne sait pas ce qu'est le regret. Voilà pourquoi j'aime les chiens. Parce qu'ils sont eux-mêmes. Parce qu'ils ont une force morale qui ferait rougir le plus coriace d'entre nous, et qu'ils sont la définition-même de l'épicurisme. Parce qu'ils ne se considèrent pas comme supérieurs, mais comme faisant partie d'un tout, ce que nous-mêmes​ avons oublié depuis longtemps. Le chien est profondément animal, et le traiter en petit humain est une offense à la dignité de son espèce. À mes yeux, les chiens sont des guides : nous nous considérons comme leurs maîtres, leurs chefs, mais n'aurions-nous pas plutôt tout à apprendre d'eux ? Peut-être nous accompagnent-ils depuis la nuit des temps pour nous guider sur le droit chemin. Ils portent en eux une sagesse ancestrale héritée de la nature, et peut-être sont-ils à nos côtés afin de nous rappeler d'où nous venons. Promenez-vous en forêt avec votre chien, vos deux ombres entremêlées. Endormez-vous non loin de lui un soir de pluie, et laissez-vous bercer par sa respiration profonde et rassurante. Regardez courir votre chien, ses quatre pattes tambourinant sur le sol. Peut-être surgiront en vous les réminiscences d'un temps immémorial où il était déjà à vos côtés, alors que vous n'étiez qu'une ébauche d'hominidé. Le chien n'est pas "juste un chien" : il est une ode à la nature. Il a conservé en lui une sagesse que nous avons oubliée. En apprenant à écouter le chien, nous pouvons, à petits pas de loups, apprendre à renouer avec nos racines. Les chiens nous rappellent simplement qui nous sommes. Voilà pourquoi j'aime les chiens. Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2021

  • Dans la tête d’un chien réactif

    Si j'étais un chien, je serais à coup sûr un chien réactif. Je serais de ces chiens qui se jettent en bout de laisse, et qui aboient les pires insanités à qui s'approche un peu trop près d'eux. Je serais de ceux qui tolèrent à peu près n'importe quoi de la part des membres de leur foyer (sauf manger en faisant du bruit, faut quand même pas exagérer !) mais qui ne peuvent pas encadrer les personnes étrangères à leur petit cercle rassurant de visages connus. Je serais de ceux qu'on peut tout de même parvenir à apprivoiser, avec du temps, de la volonté, et si l'on ne se montre pas trop intrusif. Je vous rassure, je n'ai pas l'intention de vous exposer ma vie dans ce texte. J'aurais un ego de la taille d'un terrain d'éducation canine si je commençais à me mettre en scène dans mes propres écrits. Le fait est que, cet après-midi, j'ai rencontré une petite chienne réactive comme il en existe parmi tant d'autres. Et j'ai eu envie de faire un profond travail d'empathie vis à vis de cette chienne, au sens propre, c'est à dire que j'ai tenté de me glisser dans sa peau (au sens figuré, cette fois, sinon il s'agirait de maltraitance animale) et de comprendre pourquoi elle était aussi peu à l'aise en présence d'inconnus. Et je me suis rendu compte que l'exercice était assez facile, parce qu'en réalité, je suis exactement comme elle. Et je suis sûre que je ne suis pas la seule à être dans ce cas. Beaucoup de chiens sont sociables, savent bien communiquer, aiment cela, même. Ils sont plutôt extravertis, ils aiment aller vers les autres. Faire de nouvelles rencontres les ressource. Ils aiment échanger sur des sujets légers, renifler le sol ensemble, mâcher quelques brins d'herbe, se disputer un bâton. La plupart des humains aiment les mêmes choses : partager des activités ensemble, échanger sur leur journée de travail, commenter une bonne série avec des amis. Et puis, il y a ces chiens pas comme les autres, ceux dont on entend souvent qu'ils sont « mal éduqués » parce qu'ils envoient paître un congénère de passage qui voulait leur renifler le derrière. Ces chiens marginalisent leur propriétaire, lui interdisent tout possibilité d'activité canine en groupe, attirent les regards hostiles de tous ceux qui ont un « gentil » chien, vous savez, celui qui remue la queue joyeusement dès qu'il aperçoit la moindre silhouette vaguement canine à l'horizon. Eh bien, il y a des humains comme ça, aussi. Ceux qui ont du mal à aller vers les autres, et qui, même, les évitent, parce qu'ils ne sont jamais sûrs de distinguer les intentions de la personne qui vient à leur rencontre. Ceux qui préfèrent se montrer « ours » pour que personne ne les approche, et qui dégoupillent au moindre regard de travers. Ceux qui ne se sentent pleinement rassurés qu'avec des visages connus, dans leur petit monde. Je suis de ceux-là, et peut-être que vous aussi. Nous ne sommes pas des personnes détestables. Nous manquons juste d'aptitudes sociales. Peut-être est-ce lié à un trait de caractère génétique, ou peut-être est-ce l'environnement qui nous a rendus méfiants. Mais les faits sont là : nous sommes toujours dans l'appréhension lorsque nous rencontrons de nouvelles personnes, et un contact forcé peut nous rendre agressifs. Nous souffrons de phobie sociale, et vous pouvez être quasi certain que si votre chien est réactif, c'est parce qu'il en souffre lui aussi. Il est possible d'aider ces chiens et ces humains particuliers à aller mieux : privilégier la qualité à la quantité en termes de contacts sociaux, ne jamais forcer au contact, respecter la zone de confort de l'individu, ménager des temps de repos nécessaires sans contacts sociaux en dehors de ceux des membres du foyer. Il est passionnant de constater à quel point les méthodes visant à accompagner les humains comme les chiens en difficulté sociale sont comparables. S'il y a une chose à retenir, c'est qu'on ne change pas la nature profonde d'un être peu social. Oui, il est incontestable que nous avons besoin des autres pour trouver notre équilibre, et il en va de même pour nos chiens. Je suis ravie de partager des activités canines avec vous, d'autant plus que nous partageons un intérêt commun ! Mais je peux aussi passer deux mois sans voir personne d'autre que mon cercle familial sans en souffrir. Pour votre chien réactif, c'est un peu pareil : il peut aimer s'amuser avec ses copains d'enfance, mais ne pas du tout tolérer les autres chiens. Avec un travail de fond, de la patience et de la méthode, vous pourrez l'aider à aller mieux. Vous pourrez réussir à atténuer ses craintes, à en faire un chien mieux dans ses pattes. Mais il ne sera jamais le gentil toutou de votre voisine qui est naturellement doué pour se lier d'amitié avec tous les chiens qu'il croise. Vous ne ferez pas d'un chien réactif, un chien à toute épreuve. Il n'y a pas de bon et de mauvais chien. Il y a des chiens plus adaptés au monde que les autres. Commencer par accepter cette diversité, et ne pas chercher à tout prix à la changer, c'est la meilleure façon d'aider votre compagnon à trouver son chemin dans ce monde qui lui échappe. L'aimer pour ce qu'il est, et non pas pour ce que vous aimeriez qu'il soit, c'est le plus grand service que vous pourrez lui rendre. Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2021

  • Dix idées reçues sur le comportement canin

    Tout le monde a son petit avis sur l’éducation et le comportement canins. Parfois même, les personnes n’ayant jamais partagé leur vie avec un chien. Je vous propose un petit florilège d’idées reçues qui ont la vie dure sur le comportement de nos compagnons. Vous y retrouverez des thèmes que j’ai déjà abordés plus d’une fois… mais dans certains cas, radoter peut s’avérer bénéfique ! 🐕 « Rassurer un chien qui a peur renforce sa crainte » : C’est faux. On ne peut pas renforcer une émotion. En revanche, on peut renforcer un comportement : si votre chien vient se réfugier dans vos jambes quand il a peur et que vous le cajolez à ce moment-là, cela peut l’inciter à reproduire ce comportement par la suite. Il ne faut donc pas hésiter à rassurer un chien qui a peur, sans en faire des caisses non plus. L’idéal est d’essayer de détourner l’animal sur une autre action, et de le remettre en mouvement pour qu’il cesse de se focaliser sur l’objet de sa peur. 🐕 « Un chien a besoin d’un jardin pour être heureux » : Non, non et non. Avoir un jardin, le chien s’en soucie comme d’une guigne. Ce qui l’intéresse, c’est de vivre une vie riche, de rencontrer des congénères, de partager des moments avec son humain d’attachement, de partir explorer le quartier… et tout ça, on ne le trouve pas dans un jardin. Le jardin n’est qu’une simple pièce supplémentaire de la maison. Un chien qui vit en appartement est souvent plus épanoui qu’un chien qui vit en maison avec jardin : ses propriétaires étant « obligés » de le sortir en extérieur, il mène souvent une existence plus intéressante que les toutous qui passent la moitié de leur vie à tourner en rond dans leur jardin. 🐕 « Quand deux chiens se rencontrent, il faut les détacher et tout se passera bien » : Il faut éviter les raccourcis hâtifs. Deux chiens en laisse peuvent tout autant se sentir à l’aise lors d’une première rencontre, à partir du moment où les laisses sont suffisamment longues, où l’on ne les entrave pas et où l’on n’intervient pas (pas de caresses ni de « Tu es gentil Ramsès hein, tu es gentil avec le chien du Monsieur », paroles à travers lesquelles votre compagnon peut ressentir votre stress éventuel. Certains chiens un peu timorés sont même plus à l’aise lors des rencontres en laisse. L’outil constitue une sorte de « cordon ombilical » qui peut avoir un effet rassurant sur les animaux les plus timides. Attention cependant à l’entortillement éventuel des laisses qui peut provoquer une bagarre. 🐕 « Il ne faut pas prendre son petit chien dans les bras » : Oui et non. Un chien de petite taille est avant tout un chien, c’est certain, il a besoin d’autant d’aventures et de rencontres que s’il était un Berger Allemand. Mais il est aussi plus vulnérable que les races plus grandes. Autant il est inutile, et vexant, de prendre son Yorkshire dans les bras dès qu’on croise le moindre chien maîtrisé par son propriétaire, autant cela peut être prudent si l’on ne « sent » pas la rencontre qui se prépare ou qu’un gros chien en liberté arrive en courant sur Snoopy. Attention à vous cependant : de nombreux chiens ont tendance à sauter, à s’exciter voire à mordre quand ils ne peuvent pas atteindre le chien qui est porté dans les bras. 🐕 « Un chien qui a goûté au sang risque de devenir agressif » : Euh… quand vous mangez un carpaccio de bœuf, vous avez envie de vous lancer dans l’anthropophagie, vous ? Le chien est un carnivore, ce n’est pas parce qu’il mange de la viande crue qu’il deviendra féroce. De même, ce n’est pas parce qu’un chien a mordu une fois qu’il recommencera nécessairement. Si la situation qui a provoqué la morsure ne se reproduit pas, le chien ne re-mordra généralement pas. 🐕 « Un chien n’a qu’un seul maître » : Je risque de vous décevoir… mais non. Les chiens portent une affection certaine à leur humain d’attachement. Certains vivent très difficilement le fait d’en être séparés, même provisoirement. Mais, ayant travaillé en refuge pour animaux, je n’ai jamais connu un chien qui s’est laissé mourir de chagrin. Un abandon est une source de souffrance énorme pour la plupart des individus canins, mais le chien est aussi un animal ayant des capacités d’adaptation étonnantes. Il est capable de s’adapter à une nouvelle vie si les besoins de son espèce sont respectés. Je n’encourage aucunement l’abandon (ne me faites surtout pas dire ce que je n’ai pas dit !), mais parfois, je préfère voir certains propriétaires prendre la décision de replacer leur chien parce qu’ils n’arrivent pas à combler ses besoins, plutôt que de le garder à tout prix et de lui offrir une vie de 💩, sous prétexte que « un chien, ça s’assume et ça doit vivre toute sa vie avec son maître ». L’idéal restant bien évidemment de s’abstenir de prendre un chien si l’on n’est pas sûr de pouvoir combler ses besoins au quotidien. Rendre un chien heureux, c’est s’en occuper plusieurs heures par jour, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’on ait des enfants, qu’on travaille beaucoup et j’en passe. 🐕 « Un chien qui a des problèmes de comportement est un chien mal éduqué » : Rarement, en fait. Un chien qui a des problèmes de comportement, c’est dans beaucoup de cas un chien dont les besoins ne sont pas comblés. La majeure partie des soucis que rencontrent les propriétaires de chiens pourraient être réglés en s’occupant davantage de l’animal : le sortir quotidiennement pour combler ses besoins exploratoires, lui procurer de l’activité masticatoire, le laisser utiliser son odorat pour appréhender son environnement, lui offrir des activités cognitives, des « missions » auxquelles sa race le prédispose, etc. Certains problèmes ont une origine purement éducative en effet, mais ils constituent une minorité. 🐕 « Il vaut mieux prendre un chiot pour pouvoir l’éduquer comme on le souhaite » : Un adulte, ça s’éduque tout aussi bien. Un chien de refuge n’a pas toujours eu un passé difficile : la plupart sont abandonnés parce que les propriétaires avaient minimisé le travail que représentait un chien. Un chiot ne sera pas mieux éduqué qu’un adulte, sous prétexte que vous l’avez eu petit. Les patrons-moteurs de sa race sont présents dans ses gènes et s’exprimeront un jour ou l’autre, que vous l’ayez « façonné à votre manière » ou non. Ces comportements s’expriment souvent à la puberté, et on peut alors tomber de haut. L’avantage dans l’adoption d’un chien déjà adulte, c’est qu’on connaît déjà en grande partie son caractère et ses ententes. 🐕 « Un chien doit manger tous les jours la même chose » : Je ne sais pas qui a décrété ça. Un industriel désireux de fidéliser les acheteurs à sa marque, probablement. Pourtant, beaucoup de chiens se lassent de leurs croquettes et chipotent au moment de manger. On les pense alors capricieux. Mais si vous mangiez une omelette à chaque repas de chaque journée de votre existence, n’auriez-vous pas envie de goûter un peu à autre chose ? Si votre chien dévore ses croquettes, toujours les mêmes, avec autant de plaisir chaque jour (coucou, les Labradors !), tant mieux. Mais s’il se lasse de ses croquettes, pourquoi ne pas varier les plaisirs en offrant à votre chien d’autres croquettes de qualité équivalente ? Attention cependant aux transitions, qui doivent toujours être réalisées sur plusieurs jours. Quant à l’alimentation ménagère ou au BARF, ces deux modes d’alimentation impliquent généralement un apport de nutriments diversifié. Les chiens s’en lassent donc rarement. 🐕 « Une chienne qui a eu une portée est plus calme » : Non. Une chienne n’a absolument pas besoin de se reproduire pour s’épanouir. Jusqu’à ce qu’elle se retrouve avec ses chiots sous son nez, elle n’est pas consciente qu’elle peut avoir des petits, le « désir d’enfant » n’existe donc pas chez elle. Avoir une portée ne la rend pas plus heureuse et ne l’apaise pas. En revanche, l’âge auquel les chiennes ont généralement leur première portée est aussi celui auquel elles entrent dans l’âge adulte. Elles deviennent donc naturellement plus posées avec l’âge, mais l’amalgame est vite fait avec le fait de donner naissance à des chiots. Laissons donc aux éleveurs le soin d’élever, et évitons les portées à visée « thérapeutique ». Si vous aimez ce genre d’article… les idées reçues, ce n’est pas ce qui manque dans le domaine canin 😉 ! Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2021

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