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  • Les petits chiens, ces oubliés…

    « Ce sont toujours eux les plus hargneux », « Ce ne sont pas des vrais chiens », « Je n’aime que les gros chiens, les petits sont des chiens à mamies »… Quel propriétaire de petit chien n’a jamais entendu ce genre de commentaire désagréable ? Les petits chiens semblent toujours être les oubliés de la gent canine. On en parle peu sur les réseaux, où l’on voit bien plus souvent des chiens de grande race, des bergers, des molosses (même sur cette page, j’ai tendance à les oublier !). Quant aux éducateurs qui préfèrent le collier étrangleur aux dernières avancées scientifiques, n’en parlons pas : il ne s’agirait pas d’abîmer leur image virile en les affichant avec un Caniche en bout de laisse, et puis quoi encore ? C’est bien triste, car si l’on exclut leur taille réduite, les petits chiens sont avant tout… des chiens. Ils descendent du même ancêtre que tous les autres chiens, et leur psychologie de diffère pas de celle d’un Rottweiler ou d’un Doberman. Il ne faut pas non plus penser qu’ils sont tous issus des chiens de manchon des nobles dames du Moyen-Âge : le Yorkshire, par exemple, était un redoutable chasseur de rats dans les mines anglaises, et le Chihuahua, si souvent moqué, est une race très ancienne qui existait déjà à l’ère précolombienne (certes, elle a quelque peu changé depuis, pour répondre aux demandes du public qui recherche des chiens au format toujours plus réduit). À titre personnel, j’ai partagé ma vie avec un Yorkshire qui était le chien le plus intrépide qui soit. Il avait d’ailleurs connu plusieurs familles avant que je ne me décide à l’adopter : la preuve qu’un petit chien n’est pas nécessairement plus facile à gérer au quotidien qu’un gros ! Le problème, c’est qu’un petit chien qui présente des problèmes de comportement dérange moins qu’un chien plus grand : c’est en partie pour cela que les chiens de petite taille sont moins présents sur les pages dédiées à l’éducation canine. Leur souffrance est souvent ignorée, parce qu’elle ne dérange personne. Ils se déchaînent en bout de laisse ? Qu’à cela ne tienne, un petit hélitreuillage et hop ! Ils se retrouvent dans les bras. Quelque chose les effraie ? Pas grave, il suffit de tirer un peu sur la laisse et ils n’ont pas d’autre choix que de suivre. C’est plus difficile avec un Cane Corso… Mais il s’agit d’une véritable négation des émotions de l’animal, qui n’est pas écouté et pas respecté. Le meilleur service à rendre à votre petit chien, c’est de le traiter comme un grand ! De même, il est courant de penser que les petits chiens ont besoin de moins d’exercice que les gros. C’est une aberration. Mon Yorkie pouvait parcourir quinze kilomètres sans aucune fatigue, là où mon Staff tirait une langue de vingt centimètres à la fin du parcours. Même un Lhassa Apso ou un Épagneul Tibétain peuvent randonner sans aucun souci, inutile de se tourner vers une race plus « sportive » pour pouvoir profiter de longues promenades avec son compagnon. Un chien est toujours un animal actif, tant qu’il est en bonne condition physique. Vous en ferez rarement trop avec votre petit chien : ce qu’un humain peut faire physiquement n’est généralement rien pour un chien en bonne santé. Vous serez bien souvent fatigué avant lui, même s’il a de toutes petites pattes. Si les petits chiens sont souvent « plus hargneux » que leurs congénères de grande taille, c’est parce qu’on leur donne rarement la possibilité de communiquer librement. On les porte au moindre grognement, on les surprotège. Même s’il est indispensable de veiller sur eux lors d’interactions avec les congénères, certains pouvant être pris pour de petites proies (d’où le fait qu’il ne me semble pas prudent de sélectionner des chiens toujours plus petits), il faut se rappeler que la majorité des chiens sont capables de communiquer avec des congénères de toutes tailles et ne vont pas faire du vôtre leur quatre heures. Je suis pour le fait, en revanche, de porter son petit chien si l’on trouve l’attitude du chien d’en face douteuse. Attention aux chiens un peu insistants, qui poussent votre petit chien dans ses retranchements et ne respectent pas ses demandes d’éloignement : un petit cri de la part de votre compagnon, et cela pourrait dégénérer en relation chasseur/proie. Mais ne soyez pas paranoïaque, ces cas restent vraiment une minorité. Détendez-vous, et laissez Titus être un chien, renifler des derrières, compter fleurette à un congénère, et jouer avec des copains tant que ces derniers n’ont pas un gabarit disproportionné par rapport à lui (attention tout de même aux jeux de course-poursuite qui sont hautement excitants pour les chiens et peuvent dégénérer en agression de prédation). Enfin, si votre petit chien présente des comportements qui vous inquiètent, ne les niez pas ! Même si ces problèmes sont facilement gérables en collant Toutou sous le bras, ce n’est pas une solution respectueuse de l’animal. Les émotions du chien devraient toujours être prises en considération, quelle que soit sa taille. Une astuce ? Imaginez que votre chien est un Berger Allemand. Que feriez-vous alors ? Essayez de vous mettre dans la peau d’un propriétaire de gros chien, et cela vous aidera sûrement à changer votre façon de procéder. N’écoutez pas Tonton Bernard qui vous rabâche que, s’il s’agissait de son chien, ses problèmes seraient réglés en dix secondes avec un coup de pied au derrière (bizarrement, il ne ferait pas cela avec un molosse), et consultez un(e) éducateur(trice) si vous avez besoin d’être guidé. Nous rencontrons si peu de petits chiens dans le cadre de notre travail que nous sommes ravis quand le propriétaire de l’un d’eux nous demande de l’aide. Un chien est un chien, qu’il pèse deux kilos ou cinquante : chez nos canidés domestiques, la taille ne compte pas 😁 ! Elsa Weiss / Cynopolis Formations © Tous droits réservés - 2023

  • Les chiens de protection des troupeaux

    Les vacanciers qui apprécient la randonnée en montagne les ont sûrement déjà croisés, ces gros chiens qui accompagnent les troupeaux lors de la saison d’estive. Ils sont chargés de la protection du bétail contre les prédateurs : loups principalement, mais aussi ours ou lynx, selon le secteur où pâture le troupeau. Leur carrure impressionnante et leur voix caverneuse qui porte jusqu’en haut des cimes dissuade généralement les curieux de s’approcher du bétail. Ce sont les chiens de protection, qui déchaînent les passions depuis le retour des grands prédateurs en France. On les nomme parfois « Patous », même si ce terme est employé à l’origine pour désigner le Montagne des Pyrénées, ce colosse au pelage blanc tacheté (la couleur entièrement blanche ayant été favorisée par les Français lorsque ce dernier a commencé à devenir un chien « de compagnie »), probablement le plus connu de tous les chiens de protection. Il existe cependant de nombreuses autres races, venues principalement d’autres pays d’Europe au relief montagneux, ou d’Asie (le Berger de Maremme, le Cão de Gado Transmontano, l’Estrela, le Mâtin Espagnol, mais aussi le Berger d’Anatolie -le fameux « Kangal »- l’Alabai, le Berger du Caucase, etc). Si ce n’est l’appellation de « chiens de berger », les chiens de protection n’ont rien à voir avec les chiens de conduite (Border Collie, Berger Australien, Berger d’Auvergne, Berger des Pyrénées, Berger de Crau, Huntaway, etc), qui, comme leur nom l’indique, aident au déplacement et au rassemblement du bétail. Il n’est pas évident de trouver de bonnes lignées de chiens de protection en France, et la plupart ne sont pas inscrites au LOF, à juste titre. La sélection des chiens de race dans notre pays étant essentiellement basée sur l’aspect physique de l’animal, beaucoup de Patous que l’on rencontre actuellement n’ont plus l’instinct de protection des troupeaux. Ce mode de sélection s’est avéré catastrophique avec le retour du loup, car il est désormais difficile de trouver de bonnes lignées de Patous de travail, et ce sont souvent des éleveurs « en marge » qui produisent des chiens véritablement capables de travailler, nés en exploitation et vendus à d’autres éleveurs. La cohabitation entre chiens de protection et touristes est un sujet délicat. Si certains chiens de protection restent essentiellement avec leur troupeau, d’autres ont dans leurs gènes l’instinct de « patrouiller » tous les jours pour inspecter et marquer la zone qu’ils protègent avec leur urine. Ils ne sont pas en divagation, et leur comportement est normal, mais il est certain que croiser ce type de chien au détour d’un sentier peut surprendre. Si vous croisez un chien de protection, et de surcroît si ce dernier aboie dans votre direction, la pire chose à faire serait de le menacer, en criant ou en employant un bâton. Essayez autant que possible de contourner le troupeau le plus largement possible, tranquillement. Si le chien s’approche de vous, et même s’il vous paraît menaçant, arrêtez-vous et laissez-le vous inspecter. Il veut simplement vous identifier. Vous pouvez tout à fait lui parler gentiment, mais ne le caressez pas (on ne caresse pas un chien inconnu, de toute façon). Une fois qu’il aura cessé de vous renifler, repartez calmement. Si vous êtes accompagné de votre chien, lâchez-le pour que la rencontre entre les deux animaux se passe avec le moins d’intervention humaine possible. Il est certain que la cohabitation entre les chiens de protection et les touristes n’est pas évidente. Un chien de cette taille qui arrive droit sur un randonneur en le menaçant peut constituer une expérience traumatisante pour ce dernier. Malheureusement, à ce jour aucune solution « miracle » pour que les touristes et les chiens de protection fassent bon ménage n’a été trouvée. Il en va de la responsabilité de chacun : celle du berger qui est en charge de son troupeau et des chiens de protection, mais qui ne peut pas avoir un œil partout et qui ne peut pas contrer leur côté naturellement indépendant (d’autant qu’il ne s’agit pas des chiens du berger mais de ceux de l’éleveur) ; et celle des utilisateurs de la montagne qui doivent accepter la présence de ces gros canidés et adopter les bons gestes en leur présence. Enfin, les chiens de protection, le Berger d’Anatolie plus particulièrement, commencent à intégrer les foyers français en tant qu’animaux de compagnie. Si une petite minorité d’entre eux peut s’accommoder d’une vie citadine, il convient de ne pas oublier les origines de ces chiens. À mes yeux, les chiens de protection ont réellement besoin d’espace, et se promener en laisse en milieu urbain, ainsi que voir passer du monde toute la journée derrière la clôture de leur jardin, peut être stressant et frustrant pour eux. Rien d’étonnant à ce qu’ils développent de l’agressivité, qu’ils aboient toute la journée ou qu’ils sautent par-dessus la clôture pour charger le facteur qu’ils ont déjà prévenu 150 fois de ne plus venir toucher les limites de la zone qu’ils protègent. Une chose est sûre : les chiens de protection constituent à ce jour la seule solution viable pour protéger les troupeaux contre les prédateurs. Si l’on est favorable à la présence du loup, du lynx ou de l’ours en France, accepter également celle des chiens de protection me paraît inévitable. Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2023

  • Le renforcement positif expliqué simplement

    Des Bisounours, des distributeurs de Knackis, des personnes laxistes, de doux rêveurs… Qu’est-ce qu’on se prend régulièrement comme réflexions dans la tronche, quand on travaille essentiellement en renforcement positif ! L’éducation positive reste mal comprise, et parfois mal employée aujourd’hui, alors qu’elle consiste simplement en une mise en pratique des lois de l’apprentissage qui existent depuis la naissance du monde et l’apparition des premiers être vivants. Le renforcement positif n’implique initialement aucune éthique ou aucune morale : il est une loi scientifique, dont on se sert effectivement aujourd’hui pour éduquer les animaux en respectant leurs émotions. Avec le renforcement positif, on peut éduquer quasiment TOUS les animaux (dans la limite de leurs capacités bien sûr : vous pouvez essayer de faire résoudre une équation à votre cochon d’Inde, mais vous risquez de faire chou blanc), du poisson à la baleine, en passant par la poule ou la chauve-souris. En effet, si les chiens répondent malheureusement aux méthodes violentes (coups, cris), les soigneurs animaliers en parcs zoologiques ne peuvent décemment pas hurler sur un hippopotame quand il s’agit de le soigner. Avec les animaux sauvages, on travaille donc en renforcement positif, et les résultats sont bluffants quand l’apprentissage est bien mené. Les principes du renforcement positif sont simples. Je ne vous décrirai pas toutes ses lois car il faudrait bien plus qu’un petit article pour les expliquer. Je vais donc faire simple : n’importe quel animal sur Terre, apprend par essais et erreurs (le fameux conditionnement opérant de Skinner). Quand un nouveau comportement lui apporte quelque chose de positif, il aura tendance à le reproduire. Au contraire, quand un comportement lui apporte quelque chose de négatif, ou ne lui apporte rien du tout, il aura tendance à s’éteindre. Rien de plus simple ! Par exemple, un chien qui trouve un os sous un banc aura tendance à retourner au même endroit le lendemain. Mais s’il n’y trouve plus d’os pendant deux ou trois jours d’affilée, le comportement « vérifier sous le banc » s’éteindra. Dans l’éducation de nos chiens, les principes du renforcement positif peuvent être appliqués dans toute situation : par exemple, votre chien aboie pour que vous lui ouvriez la baie vitrée. Si vous la lui ouvrez systématiquement, le comportement se renforcera, et il aboiera de plus en plus. Si vous ignorez ses aboiements, le chien comprendra qu’ils ne servent à rien, et il cessera progressivement ses vocalises. Donner un bonbon à un enfant parce qu’il est sage pendant les courses, c’est aussi du renforcement positif. L’enfant aura tendance à reproduire ce comportement. Mais le renforcement positif n’implique pas toujours de la nourriture, et c’est là que nous, éducateurs canins employant cette méthode, sommes mal compris. Un renforçateur peut être n’importe quoi, tant qu’il amène le comportement à se reproduire. C’est là que réside la différence entre renforçateur et récompense : la récompense n’augmente pas nécessairement la probabilité que le comportement se reproduise ! Imaginons que vous souhaitiez apprendre à votre chien à donner sa balle. Si vous lui donnez un bout de jambon quand il pose sa balle au sol, mais que la balle a plus de valeur à ses yeux que la nourriture, votre récompense n’est pas un renforçateur. Mieux vaut prendre la balle et la lancer, ou proposer une autre balle de même valeur ou de valeur supérieure en échange, pour que le comportement « poser la balle au sol » soit renforcé. Ce matin, j’ai entraîné Sirius au troupeau en employant le renforcement positif. Pour commencer, je ne l’ai pas mis en difficulté : j’ai limité les fuites des brebis avec un filet à moutons, et j’ai laissé une cordelette accrochée à son collier, pour pouvoir le rattraper en cas de besoin, sans me fâcher inutilement. Quand on travaille en renforcement positif, il est essentiel de limiter les échecs pour l’individu. Des échecs, il y en aura, mais mieux vaut les affronter un par un, sereinement, plutôt que de se retrouver dépassé par la situation, ce qui ne permet plus l’apprentissage. Chaque fois que Sirius me proposait un comportement correct, je le félicitais vocalement, mais pas que : je lui laissais de l’espace pour prendre possession du lot, parce que le VRAI renforçateur, au troupeau, c’est l’accès aux moutons. De même, lorsque je le rappelais à moi et qu’il revenait de bon cœur, je le renvoyais chercher les brebis (une fois ou deux, sinon bien sûr, on n’en finit pas 😄 !). Rien de plus efficace pour renforcer le rappel. Le renforçateur négatif (celui qui fait que le comportement du chien finit par s’éteindre), c’était le fait d’empêcher Sirius d’accéder aux brebis. S’il s’en approchait un peu trop vite par exemple, je l’empêchais d’en prendre possession, en me plaçant entre les brebis et lui. Je n’ai pas eu besoin de crier ou de le frapper. L’entraînement s’est très bien déroulé et cela, en renforcement positif, sans avoir besoin de sortir un bout de Knacki de ma poche ! Quand vous souhaitez enseigner un nouveau comportement à votre chien, ou éteindre un comportement déjà existant, posez-vous la question suivante : que puis-je proposer pour favoriser l’apparition de ce comportement, et au contraire, comment puis-je enlever le renforçateur du comportement non désiré ? (Bon, c’est vrai, cela fait deux questions). Par exemple, mon chien s’excite quand je sors sa laisse. Le renforçateur ici, est la laisse. Il suffit donc que je repose la laisse quand le chien s’excite, autant de fois qu’il le faut, jusqu’à ce qu’il ait compris qu’un minimum de self control lui est demandé s’il veut pouvoir partir en promenade. Enfin, et j’insiste là dessus, il est FAUX, ARCHI-FAUX, de dire qu’un chien « compliqué » ne peut pas être rééduqué en renforcement positif. Notre travail, en tant qu’éducateurs canins, consiste à rééduquer en grande partie des chiens présentant des comportements agressifs. Croyez-moi, nul besoin de les secouer en bout de laisse pour les « mater ». Il faut surtout se creuser la cervelle, et trouver des solutions pour appliquer les lois du renforcement positif sur ces chiens souvent très sensibles. Un chien proactif peut par exemple être rééduqué grâce au clicker-training, qui permet d’appliquer avec précision le renforcement positif. Si le chien a tendance à charger les humains, l’humain « chargé » peut cliquer et faire demi-tour AVANT que le chien ne se déclenche : peu à peu, l’animal comprendra qu’il obtient ce qu’il souhaite, soit l’éloignement de l’intrus, en restant calme et non pas en se jetant en bout de laisse. Et c’est ainsi que l’humain indésirable pourra s’approcher de plus en plus, en cliquant de plus en plus tard. Bien sûr, ce n’est qu’un exemple parmi des milliers d’autres, et ce qui marche avec un chien peut ne pas marcher avec un autre. Mais l’avantage du renforcement positif, c’est qu’il permet un apprentissage beaucoup plus qualitatif et beaucoup plus durable que les méthodes coercitives, plus spectaculaires et plus rapides et qui plaisent donc malheureusement au grand public, mais qui créent des dégâts psychologiques sur l’animal à long terme. L'usage du renforcement positif change la vie : une fois qu'on l'a adopté, c'est un univers entier de possibilités qui s'ouvre à nous et l'on ne revient plus jamais en arrière. Garanti ! Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2022

  • Formation #4 : La prédation chez le chien

    Votre chien chasse tout ce qui bouge ? Notre formation sur la prédation a pour but de vous donner tous les outils vous permettant de décortiquer un comportement de prédation, de comprendre par quoi il est motivé, quel impact il peut avoir sur l’environnement en général, ainsi que sur la propre sécurité de votre chien. Elle vous apprendra à limiter les comportements de prédation dès le plus jeune âge du chien, puis à combler et canaliser ces comportements tout au long de la vie de votre compagnon, pour des promenades plus harmonieuses. Cette vidéo s’adresse aux particuliers propriétaires de chien ayant un instinct de prédation développé (chiens de chasse, races bergères ou autres…), ou aux professionnels de l’éducation et du comportement canins souhaitant en apprendre davantage sur cette problématique fréquemment rencontrée en clientèle. 1. Qu’est ce que la prédation ? (1min50) Définition, motivation, chasse solitaire ou en groupe. 2. Comment se décompose une séquence de prédation ? (6min30) Les patron-moteurs en général et les particularités de certaines races. 3. Faut-il laisser son chien chasser ? (10min45) Les risques de laisser son chien chasser, l’impact sur l’environnement, la divagation, combler l’instinct de chasse de son chien. 4. Peut-on limiter les comportements de chasse ? (16min50) La socialisation aux différentes espèces, les activités permettant de combler certains comportements de chasse. 5. Combler et canaliser les comportements de prédation (20min20) Renforcement des séquences de chasse acceptables, réorientation des séquences non acceptables, enseignement d’un signal d’urgence.

  • Tous les chiens peuvent-ils se comprendre ?

    De tout le règne animal, le chien domestique est l’espèce qui présente la plus grande diversité morphologique. Pas grand-chose à voir, physiquement parlant, entre un Chihuahua, un Mastiff Anglais, un Lévrier Afghan et un Malamute d’Alaska. Avant l’ère victorienne, il n’existait pas de races de chiens à proprement parler, mais des types de chiens définis par leur fonction : chiens de garde, chiens de chasse, chiens de troupeaux… La première exposition canine n’a même pas 200 ans, et ce n’est que très récemment dans l’histoire de Canis familiaris que l’on s’est mis à privilégier la forme au fond, et que l’on a commencé à sélectionner des races sur des critères essentiellement physiques. Il existe presque 350 races de chiens reconnues par la Fédération Cynologique Internationale, et de nombreuses autres qui sont en attente de l’être. Tout cela pour dire qu’il n’est pas toujours possible de faire des généralités sur Canis familiaris : de par sa sélection séculaire basée sur une fonction particulière ET l’accentuation de certains de ses traits morphologiques, une race canine sera parfois très éloignée d’une autre. Non seulement un Staffie ne ressemble pas à un Akita Inu, mais sa façon de se comporter dans certaines situations sera aussi très différente. Parlons communication : là où le Staffie aime souvent le contact direct avec les autres chiens (et vas-y que je te lèche les babines jusqu’au harcèlement, et vas-y que je te saute dessus jusqu’à ce que tu perdes patience), l’Akita, lui, est justement un grand psychorigide des protocoles de salutation (si tu arrives un peu trop vite, j’te casse la figure, non mais !). Je travaille souvent avec des chiens en groupe, et il est amusant de constater qu’ils apprécient de se retrouver entre chiens « qui se ressemblent ». Les Labs aiment jouer avec les Labs, les Huskies avec les Huskies, les Beagles avec les Beagles. Pourquoi ? Parce que je pense sincèrement qu’ils se comprennent bien mieux entre individus proches morphologiquement et psychologiquement. Mais alors, tous les chiens peuvent-ils se comprendre ? Oui, dans une certaine limite. J’imagine que quand un Carlin rencontre un Doberman, les messages les plus simples passent sans difficulté : « Dégage de ma vue ! », « Tu m’plais bien » ou « Je ne suis pas très à l’aise », le langage « global » du chien est assez universel. Au pire, Carlin et Dob seront comme un Français et un Québécois qui se rencontrent : chacun son accent et ses coutumes. Mais il existe des disparités en terme de communication, qui peuvent faire que certaines rencontres ne se passent pas toujours à merveille. Le Boxer et le Lab communiquent beaucoup avec leur corps, quitte à être un peu « envahissants » ; le Bull Terrier aime les jeux de corps à corps qui peuvent ne pas être compris par le Border Collie ; et puis il y a les messages qui sont transmis involontairement : beaucoup de chiens n’aiment pas trop les bouledogues parce qu’ils prennent leurs « ronflements » pour des grognements (sans compter que leurs expressions faciales sont difficiles à lire) ; d’autres sont déstabilisés par le Border qui les fixe intensément du regard ; la silhouette ursine du Terre-Neuve peut perturber momentanément certains individus. Et pourtant, ce qui est amusant, c’est qu’un chien ayant reçu une socialisation de bonne qualité reconnaîtra toujours un chien (parfois après un petit instant d’hésitation) : qu’il soit grand ou petit, à poil court ou à poil dur, il ira toujours lui renifler le derrière. Une exception cependant : quelques rares grands chiens qui font de la prédation sur les petits, les prenant pour des proies ; mais ce n’est pas le sujet ici. Enfin, même si tous les chiens n’emploient pas les mêmes signaux de communication, ils semblent en mesure d’en comprendre la plupart : dans un précédent article, je racontais que je n’avais jamais vu mon vieux Border Indy faire une « révérence » pour inviter un autre chien au jeu ; mais il semble parfaitement en mesure de comprendre ce comportement quand mon plus jeune Border, Sirius, désire jouer avec lui. Il faut dire que la communication chez le chien n’est pas essentiellement visuelle, orale et tactile : la plupart des messages transmis entre canidés sont chimiques, nous excluant totalement de leur discussion. Quant à savoir si l’odeur d’un chien est influencée par sa morphologie… nous n’en saurons probablement jamais rien, et c’est tant mieux, car le chien mérite bien de conserver sa part de mystère. Elsa Weiss / Cynopolis Formations © Tous droits réservés - 2023

  • La maltraitance passive de nos animaux de compagnie

    Frapper, hurler, effrayer, insulter, secouer par la peau du cou… on a tous une idée bien définie de ce qu’est la maltraitance envers les animaux. On estime que maltraitance rime avec violence physique ou psychologique. C’est une erreur. La maltraitance commence bien avant les coups, et elle est beaucoup plus répandue qu’on ne le croit : quand on ne répond pas aux besoins éthologiques de l’espèce avec laquelle on partage notre vie, on est déjà maltraitant. Et nos chiens sont les premières victimes de ce manquement. Vous savez, ce voisin, là, celui dont vous n’avez jamais vu le chien ailleurs que derrière les grilles de son portail, et qui n’a pour seule occupation que d’aboyer après tous les passants ? Il est déjà maltraitant. La vieille dame du bout de la rue, celle qui promène son Yorkshire sans jamais le laisser renifler les traces d’urine et les déjections des autres chiens, « parce que c’est sale »… Elle est déjà maltraitante. Celui qui tient son chien constamment en laisse courte, parce qu’un chien, ça doit s’adapter au rythme de son maître et marcher au pied, et qui ne le laisse jamais explorer son environnement… Il est déjà maltraitant. Celui qui choisit un Malinois comme compagnon parce que c’est beau, c’est vif, c’est obéissant, mais qui ne le sort que vingt minutes en rentrant du travail… Il est déjà maltraitant. On peut extrapoler à d’autres espèces… vous allez me trouver ridicule, mais avez-vous déjà pensé que le poisson rouge que vous gardiez dans un bocal, c’était aussi de la maltraitance passive ? Un « simple » poisson rouge a des besoins éthologiques : vivre en groupe, évoluer dans un environnement vaste et riche en cachettes, chercher sa nourriture… Servir de décoration d’intérieur n’en fait pas partie. Je pense qu’on peut détenir à peu près n’importe quelle espèce, pour peu qu’on prenne la peine de se renseigner sur ses besoins. J’ai partagé ma vie avec des chiens, des chats, des rats, des souris, des hamsters, un mulot, un lapin, des furets, des poissons, une écrevisse (!), des araignées, un cheval, des moutons, des chèvres, un pigeon ramier et même un rapace. Chaque espèce a des besoins différents. Chaque sous-espèce, chaque race domestique a des besoins différents. Je ne suis pas la propriétaire parfaite, j’ai fait beaucoup d’erreurs avec mes animaux. Mais j’essaie au maximum de combler les besoins de leur espèce. Et je suis toujours révoltée de constater que le premier animal domestiqué par l’Homme, est celui qui fait le plus les frais du manque d’empathie de ce dernier. - 30 000 avant JC. C’est la date estimée du début de la domestication du chien par l’humain. Et ça n’a pas suffi à Homo sapiens pour comprendre qu’un chien n’est pas fait pour s’ennuyer toute la journée, pour passer sa vie dans un jardin, pour avoir comme seule occupation quotidienne de gober une gamelle de croquettes en dix secondes, pour servir de défouloir affectif, pour se promener uniquement en laisse courte sans jamais être libre de ses mouvements… Trente mille ans de vie commune et nous connaissons toujours aussi peu le chien. Il serait temps que nous changions de regard sur les animaux qui nous entourent. Ils vivent d’abord pour eux, comme tout être vivant sur cette Terre. Un chien est un compagnon de vie, pas un faire-valoir, une façon de compléter un joli petit tableau familial, une source de motivation pour faire son footing, une alarme pour faire fuir les cambrioleurs. Il est avant tout un animal avec des besoins complexes. La bonne nouvelle ? Il est encore temps de changer. Même trente mille ans après. Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2021

  • Aimer une race, c’est aussi aimer ses défauts…

    C’est ma collègue et amie Laura qui, suite à une discussion que nous avons eue ensemble il y a quelques jours, m’a inspiré cet article. Nous évoquions les « défauts » de deux de nos races de cœur, le Cane Corso pour elle et l’American Staff pour moi. Nous nous faisions la réflexion que beaucoup de propriétaires de ces chiens étaient soit dans l’ignorance totale des traits comportementaux parfois indésirables de ces races, soit, et c’est bien pire, dans le déni de ces traits comportementaux. Je m’explique : il y a quelques années, j’ai écrit un article sur le Staffie, en vantant son amour inconditionnel des humains mais sans nier son côté « querelleur » avec ses congénères. J’ai reçu énormément de commentaires de personnes presque soulagées de reconnaître leur chien dans ce tableau, heureuses de ne plus êtres seules à voir leur boule de poils se transformer en petit gremlin chaque fois qu’un congénère s’approchait d’un peu trop près. Mais, hélas, j’ai aussi pu lire quelques commentaires du genre « Un chien devient ce qu’on en fait, la recette c’est une bonne socialisation et de l’éducation». Rien de plus culpabilisant pour les humains de chiens réactifs, vous en conviendrez. Parce que OUI, il y a TOUJOURS des individus appartenant à une race, qui ne présentent pas les traits comportementaux communément retrouvés au sein de celle-ci. Des Borders qui n’ont pas d’instinct de troupeau, des Cane Corso qui ne sont pas gardiens, des Golden Retrievers qui n’aiment pas se tremper dans la première flaque de boue venue, des Cockers qui ne s’intéressent aucunement au gibier à plumes, et des Staffies qui sont copains avec tous les chiens. Rien de plus normal, puisque si l’ont plaçait les individus d’une même race sur une courbe de Gauss, on trouverait des chiens à chaque extrémité du spectre : des Staffies absolument intolérants avec tout ce qui ressemble de près ou de loin à un chien, et d’autres, à l’autre bout du spectre, qui aiment tout ce qui a quatre pattes et une truffe. Mais la plupart des individus situés sur cette courbe, seraient comme de nombreux Staffies, c’est à dire peu portés sur les interactions canines à tout va, éventuellement tolérants avec une poignée de congénères calmes, mais pas très avenants avec les autres. Pourquoi ? Parce que les races actuelles ont un historique qui influence encore aujourd’hui, pour beaucoup, leur comportement. Le Staffie actuel a des ancêtres qui combattaient les autres chiens. Les individus étaient sélectionnés sur leur impulsivité, leur pugnacité et leurs capacités de communication intra-spécifiques plutôt pauvres, le but étant d’obtenir des chiens peu capables de communiquer avec leurs congénères pour éviter les conflits. Leurs postures d’apaisement pour faire cesser un conflit sont encore aujourd’hui peu développées. Alors oui, bien sûr que l’on peut améliorer tout cela grâce à une socialisation de qualité, et cette dernière n’est jamais à négliger, mais on fera rarement d’un Staffie un aussi bon communicant qu’un Beagle ou qu’un Husky. Et alors ? Cela en fait-il un chien de moindre qualité ? Certainement pas. Concernant l’Amstaff, c’est la même chose. J’ai la chance d’avoir un American Staff qui est un excellent communicant. Ses capacités de communication dépassent de loin celles de beaucoup d’individus d’autres races. Pourtant, mon chien reste un Amstaff, avec des traits comportementaux d’Amstaff : par exemple, il ne déclenche quasiment jamais une bagarre, mais si un conflit éclate, il aime y mettre son petit grain de sel, et heureusement que je connais bien mon chien et que j’interviens au bon moment, car un Staff est sélectionné pour avoir une morsure tenue. Comme les autres terriers de type Bull. Comme le Malinois. Comme les chiens courants. Et j’en passe. Sauf qu’aujourd’hui, bien peu de propriétaires de ces chiens par ailleurs extraordinaires, sont informés de ces traits comportementaux dont il faudrait pourtant être au courant afin de pouvoir gérer correctement son compagnon. Et d’autres prétendent même qu’ils n’existent pas. Allons bon ! Soyons raisonnables, et cessons de cacher les « mauvais » côtés de nos races de cœur. Ce n’est pas leur rendre service. Mieux vaut un propriétaire de Malinois averti, qui sait que son chien est programmé pour avoir une morsure tenue et prendre plaisir à cela, qui sait aussi que son compagnon peut rapidement devenir accro à l’adrénaline, qui comblera les besoins de son chien en toute connaissance de cause et lui enseignera le calme, plutôt qu’un propriétaire dans le déni, persuadé que l’éducation (ou pire, l’amouuur !) transforme n’importe quel chien en peluche et que la race n’a que peu d’impact sur le comportement d’un chien. Ce genre de binôme fonctionne bien une fois sur cent, si la chance accompagne les deux protagonistes. Alors oui, un Malou ça aime mordre (je n’ai pas dit que ça aimait mordre les gens, hein…), un terrier de type Bull aussi, un Australien ça sur-réagit à tout, un Cane Corso c’est un gardien redoutable doublé d’un gros pétochard (deux caractéristiques qui ne font pas forcément bon ménage), un Shetland ou un Spitz ça aboie, un Beagle ça passe sa vie la truffe au sol, un Berger Allemand ça aime émettre des chapelets d’aboiements qui peuvent irriter les voisins, un Basenji ça aime son indépendance… Mais, quand on aime une race, n’aime-t-on pas aussi ses « défauts » ? J’aime le Staff, j’aime le Border, Laura voue un culte au Cane Corso, mais nous sommes tout à fait conscientes de leurs traits comportementaux moins plaisants, parce qu’une fois que nous les connaissons et les acceptons, nous pouvons aménager notre vie en fonction de ces derniers. Pas de balade urbaine sur-stimulante pour les Borders, pas de rencontres canines à tout va pour les Cane Corso qui aiment leur « zone de confort », tout est une question d’adaptation. Apprenons à mieux connaître la race avec laquelle nous voulons vivre, car ce n’est pas à elle de s’adapter à nous, mais à nous de nous adapter à elle. Ne nions pas qu’une race peut avoir d’immenses qualités mais aussi quelques « défauts » qui, une fois qu’on en a conscience, font aussi son charme. Il faut de tout pour faire un monde, et c’est aussi valable pour nos merveilleux amis canins. Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2023

  • L’enfant, meilleur ennemi du chien ?

    Quand j’étais enfant, j’ai été mordue plusieurs fois par des chiens. Je les adorais, pourtant. Je ne vivais que pour les animaux, les animaux, les animaux. Dès qu’il y avait un animal dans une pièce, je lui collais aux basques et je ne le lâchais plus. Mes parents étaient vigilants et je n’avais pas le droit de caresser un chien dans la rue si je n’avais pas demandé l’autorisation à ses propriétaires avant, ce qui m’a probablement épargné d’autres incidents. Les deux morsures que j’ai subies (provoquées ?) et dont je me souviens ont eu lieu quand mes parents n’étaient pas là. Les deux fois, je n’ai pas compris pourquoi je m’étais fait mordre. Maintenant, en repassant ces scènes dans ma tête et avec mes yeux d’adulte et surtout de professionnelle du chien, les raisons me paraissent évidentes. Je harcelais les chiens. Je les aimais tellement que j’en devenais envahissante, et je ne me rendais pas compte que les animaux aussi avaient besoin qu’on respecte leur espace vital. Ces pauvres chiens m’avaient probablement envoyé des dizaines de signaux de malaise puis de menace avant de passer à l’acte, la morsure étant souvent une solution de dernier recours pour nos canidés domestiques. Ces chiens avaient sûrement essayé de s’éloigner de moi pour trouver un peu de repos, mais j’étais revenue à la charge avec toute ma délicatesse d’enfant amoureuse des animaux. Heureusement, je n’ai pas subi de morsure grave et j’ai eu la chance d’avoir des parents qui étaient plutôt du genre à me faire comprendre que si je me faisais mordre, c’était ma faute, pas celle du chien. Aujourd’hui, les temps ont changé. Les enfants sont toujours des enfants, généralement animés de bonnes intentions envers les animaux, mais souvent maladroits et surtout, trop jeunes pour être capables de déceler un signal de menace chez un chien. Les chiens, eux, ont investi nos salons, pour le meilleur certes, mais aussi pour le pire : on en oublie qu’ils sont des animaux, et on leur prête des intentions qui ne sont pas les leurs. Un chien qui mord l’enfant de la famille, c’est la trahison suprême : comment peut-il agir ainsi alors qu’on lui offre une place de roi dans la maison, les meilleures croquettes et tellement d’amour ? Souvent, le chien est alors relégué au rang d’être félon qui ne mérite plus la confiance qu’on lui accorde. On envisage son abandon (on ne sait jamais, maintenant qu’il a goûté au sang !) ou son euthanasie, parce que peut-être qu’il a « pété un plomb ». Pourtant, ce chien avait prévenu l’enfant plusieurs fois de le laisser tranquille quand il dormait dans son panier. Une fois, deux fois, il avait grogné. Personne ne l’avait écouté, et une fois, on l’avait même disputé. Il avait fini par cesser, puisque cela ne servait à rien. Il avait continué de montrer des signaux de malaise, mais l’enfant avait continué de le caresser. Alors, il avait fini par mordre. Il n’avait pas aimé mordre son petit humain. Mais il avait aussi vraiment besoin de dormir, et l’enfant l’en empêchait, quand il ne le réveillait pas carrément pour jouer avec lui alors qu’il était encore plongé dans ses rêves. Et maintenant, tout le monde le regardait avec horreur. L’enfant peut être le meilleur ami du chien, s’il apprend à le respecter. Et c’est par vous que cet apprentissage doit passer. Votre chien doit bénéficier d’un endroit à lui, où il peut se reposer sans qu’on le dérange. Évitez les endroits de passage qui l’empêcheront de se reposer correctement. Le canapé, c’est à vous de décider si vous souhaitez le laisser accessible à votre chien ou non, mais offrez-lui dans tous les cas un panier ou une niche d’intérieur à lui. Il est indispensable que son panier soit interdit d’accès aux enfants. Il s’agit de « sa chambre », et s’il vous faut mettre une petite pancarte « Ne pas déranger » à cet endroit pour que vos enfants se souviennent de cette règle de vie, pourquoi pas ! Vous pouvez même les mettre à contribution en leur faisant dessiner cette petite pancarte : cela les sensibilisera d’autant plus. L’enfant ne doit pas non plus approcher le chien quand il mange, ni vous, d’ailleurs. Laissez votre animal profiter de son repas tranquille, comme vous-même aimez être laissé en paix quand vous mangez. Enfin, apprenez à lire les signaux de malaise chez le chien car quand l’enfant devient trop envahissant, ils deviennent très visibles. Détourner la tête, bailler, se lécher la truffe, se secouer sont les plus connus d’entre eux. Parfois, ils peuvent être trompeurs : le chien lèchera le visage de l’enfant frénétiquement comme dernière demande de distancement (on trouvera ça mignon...), ou il restera prostré, sans réaction. Un chien qui ne réagit pas pendant que votre enfant fait du cheval sur son dos a beau ne rien exprimer, il est certain qu’il n’est pas à l’aise. Il s’agit d’une forme de détresse : ne sachant quelle réaction adopter, le chien se fige et subit. L’enfant n’est pas le meilleur ennemi du chien, mais il peut le devenir si vous n’êtes pas suffisamment vigilant. Il m’est arrivé, en séance, de constater que certains enfants étaient de véritables tyrans avec leur animal. Et si personne ne met de l’ordre dans la situation, malheureusement cela se finit parfois en drame pour l’enfant... et pour l’animal. Je conclus ce texte en précisant qu’aucune race n’est plus disposée à mordre un enfant qu’une autre : je me souviens de l’abandon d’un Golden Retriever qui avait mordu sa petite maîtresse au visage (les enfants sont souvent mordus au visage car ils se penchent sur les chiens...). Il a été replacé et n’a jamais mordu ensuite. Le vice, la méchanceté, la cruauté ne sont pas des notions applicables à certaines races plus d’à d’autres, ni même à aucun chien d’ailleurs. Un chien n’a pas « l’intention » de mordre. Il mord parce qu’il n’est pas à l’aise à un instant T et ne voit aucune autre issue à la situation. Évitez ces situations dérangeantes pour votre animal et vous serez quasiment assuré que la cohabitation se passera sans heurt. Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2021

  • Le « assis », c’est bien pour les photos…

    Mon conjoint et moi sommes actuellement en vacances pour quelques jours dans un camping qui accepte les chiens. Il y a ici de nombreux couples de tous les âges avec des toutous, et, si je ne suis pas du genre à observer ostensiblement les autres propriétaires de chiens, je ne peux cependant pas m’empêcher de les voir et de constater certaines choses. Déformation professionnelle, je n’y peux rien 😉 ! Je vais commencer par une remarque très positive : je suis étonnée du calme qui règne dans ce camping où l’on trouve un chien presque à chaque emplacement. Peut-être parce qu’il s’agit de chiens habitués à bouger avec leurs propriétaires, peut-être parce qu’ils mènent ici une vie de plein air qui correspond mieux à leurs besoins qu’une vie citadine, peut-être aussi parce que leurs propriétaires sont plus vigilants ici, sachant que la tranquillité du lieu doit être respectée. On peut tout imaginer. En tout cas, l’atmosphère ici est particulièrement paisible et reposante. C’est aussi très propre. Je n’ai pas vu une seule crotte dans le camping, comme quoi, quand on veut, on sait se pencher et ramasser les déjections de son chien. À mes yeux, c’est extrêmement important, car laisser des cacas de chiens partout où l’on passe, c’est s’assurer l’interdiction future de plus en plus de lieux à nos compagnons. Les pelouses ici sont plus propres que certaines entrées de forêts où les restes de papier toilette indiquent que ce ne sont pas des chiens qui sont passés par là… alors que ramasser ou enterrer son petit paquet (et la guirlande de papier toilette qui va avec !), cela devrait être une obligation pour tous -c’est d’ailleurs la règle numéro 1 en bivouac. Dans le cas des chiens, il est en tout cas très agréable de ne pas se promener sur des pelouses jonchées de crottes comme on peut encore en trouver un peu partout en 2023, hélas. Mais je n’ai pas commencé cet article pour parler caca. Ce qui m’a inspirée, c’est une dame qui j’ai aperçue en train de promener son Setter Anglais au loin, dans un pré qui jouxte le camping. Cette dame a commis une énorme erreur de débutant (je l’ai faite aussi, à mes débuts, ne voyez aucune critique dans mes propos, juste une occasion de rappeler aux propriétaires novices une règle de base en éducation) : elle a rappelé son chien plusieurs fois, et son compagnon a tardé avant de la rejoindre. Il a cependant fini par revenir, et c’est là que son humaine a commis une erreur : au lieu de le féliciter, elle lui a demandé un « assis ». Mettons-nous deux minutes à la place de son chien : en pleine exploration passionnante d’une prairie inconnue, il n’avait nulle envie de revenir à son humaine, qu’il aime certainement, mais qu’il voit tous les jours, tandis que les odeurs toutes neuves d’un pré du Lot, ça n’a pas de prix. Cela dit, quand on est un chien dans un monde d’humains, il faut parfois revenir au pied même quand on n’en a pas envie, nous en conviendrons. Là n’est pas le problème. Le problème, c’est ce « assis », que beaucoup de propriétaires imposent à leur chien à tout va, sans se demander si la raison pour laquelle ils le demandent est valable ou non (dans 99% des cas, c’est non. Je vous assure…). Ce « assis » me gêne particulièrement après qu’on a demandé au chien de revenir au pied, et encore davantage si le chien a déjà des difficultés à revenir au rappel. Quand vous enseignez le rappel, il est important de ne renforcer QUE le rappel. Votre chien revient, félicitez-le ! Ne lui demandez rien d’autre. Non seulement, si vous demandez un « assis » à votre chien et que vous le félicitez après, c’est le « assis » que vous renforcez et non pas le retour au pied. Mais surtout, quand votre chien fait l’énooooorme effort de revenir à vous alors qu’il meurt d’envie de poursuivre son exploration, ne le soûlez pas en plus avec un « assis » ! C’est un peu comme si vous rappeliez un gosse en train de s’amuser à faire des châteaux de sable sur la plage avec ses copains de vacances, pour lui demander de réciter sa table des 7… Le « assis », je l’ai longtemps enseigné à mes clients, parce que j’aimais bien voir cette petite étincelle dans les yeux des propriétaires novices quand ils se rendaient compte qu’ils arrivaient à enseigner quelque chose à leur chien. J’ai cependant toujours précisé qu’il était contre-productif d’en abuser, car c’est une position contraignante peu utilisée par le chien lui-même. Pour être honnête, c’est même une demande que mes chiens connaissent tous, mais que je n’utilise jamais, à part à l’occasion d’une photo de temps en temps 😉. Je vous assure qu’on peut s’en passer sans souci, et que nos chiens ne deviennent pas pour autant ingérables… Allez, je m’en retourne à mes occupations de vacancière, et si une autre anecdote de camping canin me vient, je ne manquerai certainement pas de la partager avec vous ! Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2023

  • Votre chien est obsédé par les jeux de lancer ?

    En promenade, je croise souvent des propriétaires de chiens harcelés par leurs compagnons, ces derniers passant l'intégralité de leur balade à poser un bâton ou un caillou aux pieds de leur humain. « Ô, grand lanceur d'objet, accomplis ton devoir et fournis-moi ma dose d'adrénaline quotidienne », semblent-ils demander avec leurs grands yeux de junkies -euh, de chiens battus. Je ne comprends pas cette tendance éducative actuelle qui consiste à vouloir interdire à tout prix les jeux de lancer. Après tout, on aime les chiens aussi parce qu'on prend plaisir à partager ces activités avec eux depuis la nuit des temps. Le chien, chasseur-né, a toujours aimé courir derrière des objets en mouvement, et l'humain, animal néoténique* tout comme son ami canin, a tissé des liens profonds avec lui notamment par le partage de jeux communs. En revanche, il est indispensable pour l'équilibre mental de l'individu canin, de limiter ces jeux hautement addictifs à des sessions courtes et contrôlées. Un animal qui harcèle son propriétaire toute la journée pour jouer, cela indique qu'il y a un déséquilibre quelque part. Soit le chien ne partage QUE cette activité avec son humain (chien trop peu sorti du jardin et à qui on lance une balle régulièrement pour le « défouler » tout en s'épargnant les promenades), soit les jeux de lancer qu'on lui propose sont mal cadrés. Il est pourtant simple de lui enseigner quand un jeu commence, et quand il finit. La première fois que j'ai vu des Borders travailler au troupeau, j'ai été étonnée de constater qu'à chaque fin de séance, leur conducteur leur signalait que le travail était terminé, et que les chiens comprenaient. Les mots « C'est fini », semblaient être leur bouton off, et ils passaient en un quart de seconde d'un état de focalisation extrême sur le troupeau, à un retour à une activité normale. J'ai décidé d'appliquer ce principe au quotidien quand je jouais avec mon chien Indiana, et j'ai été agréablement surprise de l'efficacité de la méthode. Chaque fois que je jouais avec lui, je stoppais le jeu en lui disant « C'est fini », et je ne m'intéressais plus à lui. Si nous étions dans le jardin, je passais à une autre activité. Si nous étions en promenade, je poursuivais tout simplement ma balade sans plus prêter attention au jouet d'Indiana. Cela a fonctionné au-delà de mes espérances : maintenant, quand je dis « C'est fini » à Indy, il lâche tout seul son jouet et passe de lui-même à une autre activité, ou il continue simplement sa promenade si l'on est en extérieur. Non seulement l'acquisition du « C'est fini » apporte un confort pour le propriétaire du chien qui ne subit plus le harcèlement de son compagnon, mais il s'agit aussi d'une consigne ayant un effet apaisant pour l'animal. Le chien sait que ses parties de jeux sont cadrées, il comprend qu'elles sont terminées quand on le lui signale, et il peut ainsi passer sereinement à une autre activité sans avoir besoin de garder son humain à l'oeil dans l'espoir qu'il lui lance quelque chose. Pensez aussi à initier le jeu dans la majeure partie des cas : si vous répondez à toutes les demandes de votre chien quand il vous apporte une balle ou une pomme de pin, et même si vous lui dites « C'est fini » ensuite, il essaiera d'initier des parties de jeux aussi souvent que cela sera possible. Mieux vaut que vous l'appeliez quand vous souhaitez jouer avec lui, ou que vous inventiez une consigne de début de jeu (par exemple : « On joue ? »). Les consignes de début et de fin de jeu doivent bien entendu être toujours les mêmes. Votre chien ne comprend pas ce qu'elles signifient, mais il fait une association entre ces sons et le fait que vous commenciez et finissiez une partie de jeu. Si vous dites « C'est fini » un jour et « C'est terminé » le lendemain, vous risquez d'embrouiller l'esprit de votre chien. Avec cette méthode, votre chien sera beaucoup moins obsédé par les balles et les bâtons. Il se donnera toujours à fond quand vous les lui lancerez, mais il saura faire la part des choses et cessera de vous harceler en permanence pour s'amuser avec vous. Mon chien Indiana a à sa disposition balles de tennis et jouets divers dans le salon, et pourtant il n'y touche quasiment jamais, car il sait qu'on ne joue que quand le moment s'y prête. C'est un véritable confort pour lui et pour moi. Enfin, comme mentionné plus haut, je vous conseille de ne pas abuser des bonnes choses : les jeux de lancer ne devraient pas constituer l’activité principale de votre compagnon. Tous les chiens devraient pouvoir bénéficier en priorité de promenades calmes pendant lesquelles ils peuvent explorer et renifler. Cinq minutes de jeu de lancer de temps en temps, c’est bien suffisant pour faire plaisir à votre chien… sans le rendre complètement accro ! *Néoténique : qui conserve des caractéristiques juvéniles, physiques et/ou comportementales, à l'âge adulte. L'humain, par exemple, continue de présenter un intérêt pour le jeu toute sa vie (tout comme le chien!). Extrait du livre "Dans la Tête du Border Collie : Comportement et Education d'une race extraordinaire", écrit par Elsa Weiss, disponible sur Amazon en format papier et numérique via le lien suivant : https://www.amazon.fr/Dans-Tête-Border-Collie-extraordinaire/dp/B09YQQJXCD/ref=sr_1_2?crid=138MIPCHB61L3&keywords=elsa+weiss&qid=1655395762&s=books&sprefix=elsa+weiss%2Cstripbooks%2C133&sr=1-2 Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2022

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