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89 éléments trouvés pour «  »

  • Help, mon chien course tout ce qui bouge !

    De nombreux chiens réagissent excessivement au passage d’un coureur, d’un vélo ou d’une voiture. Ils peuvent se jeter en bout de laisse en vocalisant ou non, essayer de mordre, et s’ils sont en liberté, poursuivre l’objet ou la personne en mouvement, l’encercler ou même se placer devant l’objet ou la personne pour tenter de contrôler ce qu’ils perçoivent comme une fuite. Il est possible de désensibiliser ces chiens au mouvement, en travaillant très progressivement sur leur distance de déclenchement. Avant d’entreprendre le moindre travail, il est indispensable de s’assurer que les besoins inhérents à leur espèce sont comblés : par exemple, un chien qui ne sort pas suffisamment sera beaucoup plus excitable qu’un chien dont les besoins d’activité physique et mentale sont comblés. Il sera donc bien plus susceptible de réagir à l’excès au passage d’un objet ou d’une personne. D’autre part, les besoins liés à la génétique de sa race doivent aussi être pris en compte : les chiens qui réagissent excessivement au mouvement sont pour la plupart des chiens de berger, sélectionnés initialement pour contrôler le mouvement du bétail. C’est la vie en ville qui fait de cette spécificité un « défaut », mais il faut se rappeler qu’initialement, il s’agissait d’une qualité recherchée chez ces chiens, et ce pendant des générations. Assurez-vous donc de trouver un moyen de combler le besoin de « poursuivre » de votre chien, s’il fait partie de cette dernière catégorie : en lui proposant des jeux de course-poursuite avec d’autres chiens (s’ils sont d’accord et si les rôles s’inversent régulièrement), des jeux de lancer limités dans le temps et contrôlés, des séances de Frisbee, de flirt pole, etc. Mais soyez toujours attentif au niveau d’excitation de votre chien. Ne le laissez pas monter dans les tours, ou se « déconnecter » totalement de ce qui l’entoure. Combler le besoin de poursuivre est cependant capital, car il s’agit d’un patron-moteur ancré dans la génétique du chien : vous ne le ferez pas disparaître s’il n’est pas satisfait d’une façon ou d’une autre. Avant d’entreprendre un travail de désensibilisation, il peut être bon de faire redescendre le taux de cortisol de votre chien en évitant de le confronter pendant quelques jours au stimulus qui l’excite, le met en colère ou l’effraie. Pendant le temps qui vous semblera nécessaire, prenez votre voiture pour l’emmener en promenade et éloignez-vous de la ville : le fait de faire des sorties à la campagne, loin des stimuli de la ville, fera redescendre le taux de stress de votre compagnon qui sera alors prêt pour l’entraînement. Le stress bloque le processus d’apprentissage, seul un individu détendu peut apprendre sereinement. Une fois que votre chien vous semblera prêt, munissez-le d’une longe et d’un harnais. Vous pourrez choisir un endroit où l’exposer par tout petits paliers au stimulus auquel il sur-réagit. S’il réagit au passage des vélos, choisissez un parc spacieux où vous pourrez prendre de la distance par rapport à ces derniers. Gardez en tête que l’objectif sera que votre chien ne réagisse pas : ne le mettez pas en situation d’inconfort, restez dans une zone où il se sent à l’aise. Si c’est à cinquante ou cent mètres, ce n’est pas grave ! Conservez la distance jusqu’à ce que vous sentiez que votre chien est suffisamment détendu pour la réduire de quelques mètres au fil des jours ou des semaines. Chaque fois que votre chien est capable d’apercevoir un vélo sans réagir, récompensez-le fortement ! Laissez-le faire ses propres choix : s’il veut regarder le vélo, sans réagir, récompensez. S’il revient vers vous, récompensez. S’il renifle le sol, récompensez. Vous pouvez employer un clicker si vous savez vous en servir : l’emploi d’un marqueur pour indiquer au chien qu’il « fait bien » permet des résultats plus précis et plus rapides, à condition que ce marqueur soit employé avec un bon timing et qu’il soit toujours suivi d’un renforçateur, quelque chose qui compte vraiment aux yeux du chien. N’allez pas trop vite ! C’est l’erreur que nous sommes tous tentés de faire, même en tant qu’éducateur ! Si votre chien réagit à nouveau, ou vous semble en inconfort, reprenez de la distance. Au fil des jours, des semaines ou de tout le temps qu’il faudra pour que votre chien se détende en présence du stimulus, vous verrez votre compagnon s’apaiser. Vous ne pourrez peut-être jamais le lâcher en présence de vélos, et peut-être que son comportement « indésirable » resurgira une fois sur dix au lieu d’une fois sur deux, mais n’est-ce pas déjà une formidable avancée qui vous permettra à tous les deux de profiter de promenades bien plus sereines ? Je précise que cette méthode de travail n’est pas unique. Il y a mille et une façons d’agir sur un comportement ! Il s’agit d’une méthode relativement simple et peu invasive pour le chien, pour peu que son binôme humain soit suffisamment patient. N’oubliez pas cependant que l’idéal reste de travailler en étant accompagné d’un(e) éducateur(trice) en méthodes respectueuses. Prenez le temps d’étudier les profils des professionnels de votre secteur, et choisissez celui qui vous semble correspondre à vos valeurs. Travailler avec un(e) éducateur(trice) compétent(e) vous permettra d’éviter de faire des erreurs et vous donnera un point de vue extérieur sur les progrès de votre binôme. Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2024 Pour en apprendre davantage sur le comportement de poursuite du chien, comment le canaliser et comment mieux le gérer, vous pouvez retrouver notre formation sur l’instinct de poursuite ici (durée 1h, tarif 30€) 👉 https://www.cynopolis.fr/formations

  • « Si on vous écoutait, plus personne ne prendrait de chien ! »

    Quand j’évoque dans mes articles la nécessité de combler les besoins de son chien, quand je parle du fait qu’un chien demande de la disponibilité, du temps de qualité passé avec son humain, des promenades pour combler ses besoins exploratoires et olfactifs, il m’arrive d’observer dans les commentaires la réponse suivante : « Si on vous écoutait, plus personne ne prendrait de chien ! ». Bon, heureusement, ce genre de commentaire est sous-représenté, car vous êtes nombreux, sur cette page, à être capables de faire preuve d’un minimum de bon sens et de mesure, et je vous en remercie infiniment. Quant à ce genre de commentaire, ma foi… J’aimerais parfois qu’il reflète la réalité ! Cela signifierait que davantage de personnes seraient prêtes à renoncer à l’envie de partager leur vie avec un chien, sachant qu’elles ne pourraient pas le rendre heureux. Je ne vois rien de négatif là-dedans, bien au contraire ! Nous vivons dans une société de consommation et notre volonté de « posséder » s’étend à nos animaux de compagnie. On regarde « Game of Thrones », il nous faut un chien-loup. On est confiné, on s’ennuie, achetons donc ce chiot berger australien dont nous rêvons depuis longtemps ! Après tout, ce n’est pas demain la veille que nous reprendrons le travail, nous verrons bien ce que nous en ferons à ce moment-là. Nous faisons un tour au salon du chiot, et nos enfants réclament ce petit bouvier bernois qui ressemble à une peluche. Nous n’avons aucune connaissance en matière de chiens, mais ça ne doit pas être si compliqué, et puis ça complètera notre joli tableau familial. Bref, vous saisissez l’idée. Il n’y a jamais eu autant de chiens qu’aujourd’hui. Je vais être honnête, je n’ai pas les chiffres exacts, d’ailleurs personne ne les détient, mais cela crève les yeux. Il y a des chiens partout, mais pas souvent aux bons endroits. Dans notre commune, la plupart vocifèrent derrière des portails toute la journée. Quelques-uns ont la chance de sortir de chez eux, mais ce sont toujours les mêmes que nous croisons. Les autres sont condamnés à vivre toute leur vie dans une prison dorée. Et finalement, qui se satisfait de cette relation ? Ni le chien, ni le maître qui en a peut-être profité les premiers mois, mais dont le chien a fini par devenir un boulet. Ou pire, un fantôme : celui qui est là, qui erre parmi les pièces de la maison, mais qu’on ne voit plus. Une gamelle de croquettes et deux sorties pipi dans le jardin par jour sont les seuls événements de sa journée, et l’attention, les jeux, les sorties, tout cela n’existe plus. La surconsommation est un fléau. Si nous nous contentions de moins, le monde serait indéniablement plus beau. Notre envie d’avoir, de posséder, nuit à nos animaux de compagnie -et à notre propre espèce. L’impression que nous avons tous les droits, et que si nous avons envie d’un chien, personne ne peut nous en empêcher (ce qui est vrai), est pire que tout. J’ai envie d’un border, je prends un border. Peu importe si ma vie lui conviendra ou pas. J’ai envie d’un malinois, je prends un malinois. S’il sera heureux ? Je m’en fiche pas mal, après tout, je ne vais quand même pas lui demander son avis sur la question. « Si on vous écoutait, plus personne ne prendrait de chien ! »… Mais j’en rêve ! Je rêve que davantage de personnes réfléchissent avant de prendre un animal, qu’elles mettent tout en œuvre pour lui offrir une qualité de vie décente et qu’elles prennent en compte le fait qu’il faudra s’occuper de lui pendant quinze ans. Et si elles doivent y renoncer parce qu’elles savent qu’elles ne pourront pas rendre un animal heureux, n’est-ce pas là une grande preuve de sagesse ? (De gauche à droite sur la photo, mes trois chiens, Indy, Farouk et Sirius. Sont-ils heureux ? Je l’ignore. J’essaie de tout mettre en œuvre pour leur offrir une vie riche et intéressante, mais je ne suis pas une gardienne parfaite. Cependant, je sais que vivre avec des chiens est une somme de contraintes -dont celle de sortir sous la pluie depuis maintenant quatre mois 😁- et j’essaie de ne pas me défiler, parce qu’ils sont des êtres vivants avec des besoins, qu’ils n’ont pas demandé à vivre avec moi, et que c’est le minimum que je leur doive). Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2024

  • La notion de consentement n’est pas réservée aux humains

    Sauf cas de force majeure (soin d’urgence, par exemple), on ne devrait jamais forcer un chien à un contact physique non souhaité. S’abstenir de toucher un individu qui n’a pas envie de l’être, c’est la base du respect entre êtres vivants. Même si cet individu a une tête de nounours, un poil soyeux ou l’air « gentil ». Rappelons-nous que nous sommes des primates pour qui le toucher est un sens capital, mais le chien en face de nous ne touche pas avec sa patte : ce geste n’a rien de naturel pour lui. Un chien peut apprendre à apprécier les caresses (il s’agira d’un comportement acquis et non inné), mais il peut aussi les avoir en horreur, même si elles viennent de vous. De même, si votre enfant n’a pas envie d’embrasser Tonton Albert, mais qu’il lui dit bonjour poliment, où est le problème ? Son corps n’appartient qu’à lui. Personne ne devrait l’obliger à accepter d’être touché s’il ne le souhaite pas. Le consentement commence là. Votre chien n’est certes pas un enfant, mais ne pas avoir envie d’être touché à tout bout de champ fait partie de ses droits les plus fondamentaux. Quand vous caressez votre chien, pensez toujours à enlever régulièrement vos mains et observez sa réaction pour voir s’il souhaite que le contact se poursuive. Quant aux personnes étrangères au foyer, bien peu de chiens aiment être touchées par elles : n’hésitez pas à l’expliquer poliment à votre entourage. En respectant l’intégrité physique du chien, on limite également le risque de morsures. Ce principe devrait être enseigné aux enfants dès le plus jeune âge afin d’éviter des accidents dramatiques. Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2024

  • Quand les chiens de refuge souffrent de nos préjugés

    🐕 « Il y a six mois que je suis derrière ces barreaux. Dans la maison où je vivais avant, j’étais laissé seul toute la journée, et je m’ennuyais. Je m’occupais comme je le pouvais, en mâchonnant les tapis, les pieds des chaises et le canapé. On a dit de moi que je cherchais à me venger d’être livré à moi-même, et qu’il n’y avait rien à faire pour remédier à la situation. J’ai atterri ici, où je me sens encore plus seul et où il n’y a rien à ronger pour m’occuper. Chaque jour me semble une éternité. » 🐶 « Mes humains m’ont laissé ici avec un soulagement palpable. Je n’étais plus un chiot, et pas encore tout à fait un adulte. Ils me voulaient vraiment, et j’étais le chien de leurs rêves, à la robe bigarrée, à la fourrure opulente et aux yeux vairons. Ils m’ont choyé les premiers mois : après tout, je n’étais qu’un chiot pataud et si les pipis dans l’entrée les agaçaient un peu, je n’étais pas un individu trop exigeant. Puis est arrivée l’adolescence et son lot de doutes : j’avais besoin de sortir, d’explorer, de rencontrer des congénères, j’avais envie de vivre ma vie à fond. Parfois, je me laissais un peu dépasser par mes émotions, et j’aboyais sur les passants ou certains congénères que je n’aimais pas. Je sentais que mes humains fatiguaient, mais je ne pouvais pas refouler ma nature de chien. J’avais besoin de plus que ce qu’ils m’offraient. Un jour, ils m’ont fait monter dans la voiture et m’ont déposé ici, où j’attends encore aujourd’hui. » 🐕 « Je suis issu d’une portée entre un chien et une chienne d’un même quartier. Mes frères, mes sœurs et moi avons été distribués comme des petits pains. Ma famille était gentille, mais avait rarement le temps de s’occuper de moi. Il y avait trois enfants jeunes avec lesquels je jouais un peu, au début. Mais peu à peu, je ne les ai plus trop intéressés. Leur maman était douce avec moi, mais elle semblait dépassée par ses propres petits, et un jour, elle m’a amené ici. Elle pleurait, mais après m’avoir laissé, elle ne s’est pas retournée. » 🐶 « Je vivais depuis tout petit chez un couple qui m’avait soigneusement choisi. Ils voulaient un chien issu d’une race de garde, et paraît-il que j’en suis un, même si je ne sais pas trop ce que cela veut dire. Ils en rêvaient depuis longtemps, et pourtant, ils ont semblé s’étonner quand j’ai commencé à exprimer certains comportements typiques de ma race. Mes gènes me dictaient de protéger ma maison, et chaque fois que mes humains faisaient entrer une nouvelle personne dans le jardin, je l’encerclais en lui aboyant dessus. Ils m’ont grondé à maintes reprises, mais faire fuir la menace était plus important à mes yeux que de les écouter. Jusqu’au jour où je n’ai plus rien eu à protéger, puisqu’ils m’ont déposé derrière ces grilles où le temps semble s’étirer à l’infini. » *** Il est faux de penser que les refuges sont pleins de chiens qui présentent des problèmes de comportement. Ils sont remplis de chiens qui ont juste exprimé des comportements de chiens. Ils sont pleins d’animaux achetés par des humains ayant minimisé le fait qu’un chien est un animal très exigeant. Ils sont pleins de chiens que des personnes ont achetés en pensant qu’une « bonne éducation » pouvait changer la génétique d’un animal. Ils sont pleins de chiens qui ont été abandonnés parce que leur famille n’était pas assez disponible pour eux. Ils sont pleins de chiens tout juste arrivés à l’âge adulte, à cette période charnière qui peut s’avérer un peu compliquée à gérer et qui décourage de nombreux humains. Dans un environnement adapté, avec, de la part de leurs humains, de la psychologie, de l’empathie, de la disponibilité, et le souci de combler les besoins de l’espèce qui partage leur vie, ces chiens sont NORMAUX. Ils peuvent être des compagnons rêvés. Il est triste que des chiens de refuge n’aient pas droit à leur chance parce qu’on pense qu’ils ont été tous traumatisés et qu’ils ne sont pas faits pour être placés entre toutes les mains. Il y en a certains, oui, mais c’est une minorité. La plupart des chiens de refuge ne poseront pas plus de soucis qu’un chien qu’on a acquis à trois mois. Laissons leur chance aux chiens de refuge, oublions les préjugés et laissons parler notre cœur et notre tête, et offrons-leur la possibilité de vivre la plus belle des vies, celle d’un chien dont les besoins sont comblés. (En photo, Farouk, mon American Staff, adopté alors qu’il avait quatre ans -il en a treize aujourd’hui- et qui a toujours été un chien doux, sociable et équilibré). Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2024

  • Formation #5 : La protection de ressources

    Votre chien montre les dents dès que vous vous approchez de sa gamelle, ou qu’un congénère convoite son jouet préféré ? Notre formation sur la protection de ressources a pour but de vous aider à reconnaître les signaux de sécurisation d’une ressource afin d’éviter l’escalade agressive, de limiter l'apparition de ces comportements, ainsi que d’apprendre quelques exercices indispensables vous permettant d’échanger ou reprendre - en cas de nécessité - une ressource à votre chien. Nous aborderons également le cas particulier de chiens faisant de la protection de ressources sur leur humain. Cette vidéo s’adresse aux particuliers, propriétaires de chien faisant de la protection de ressources, ou aux professionnels de l’éducation et du comportement canins rencontrant cette problématique en clientèle. La protection de ressources, qu’est ce que c’est ? (1min50) Définition, origine et explication du ou des comportements. Comment se manifeste la protection de ressources ? Différents cas. (5min25) Quels sont les différents signaux de protection de ressources ? Apprendre à les lire et à les respecter pour éviter l'escalade de l’agression liée à la protection de ressources. Comment limiter l’apparition de comportements de protection de ressources ? (16min55) Pourquoi ne faut-il jamais déranger un chien qui mange ou détient une ressource ? Multiplier les ressources, ranger les ressources “interdites” pour le chien, privilégier l’échange … Que faire quand la protection de ressources est déjà installée ? (29min30) Exemples d’exercices d’échanges de ressources, apprentissage des commandes “lâche” et  “tu laisses” Cas de chiens qui font de la protection de ressources sur leur humain (37min30) Exercice de contre conditionnement associant la présence d’autres humains à quelque chose de positif (friandise ou jeu de haute valeur)

  • Le chien, cet animal qu’on empêche d’être lui-même

    Dès son arrivée à la maison, on tente d’exhorter le chien à « ne pas faire ». Ne pas sauter, ne pas mordiller, ne pas creuser, ne pas mâchouiller, ne pas aboyer. Ne pas être un chien. J’ai vu récemment une vidéo d’une éducatrice qui expliquait que le chien était le seul animal domestique que l’on essayait de changer dès le premier jour de sa vie au sein de notre foyer. Elle a mille fois raison. Un chien, ça court, ça bouscule, ça jappe, ça lève la patte partout, ça fait des trous dans le jardin, ça vit. Un chien, ça croque la vie à pleins crocs et je pense que les vrais amoureux des chiens les aiment pour cette raison. Pourquoi vouloir toujours changer le chien ? Ne peut-on pas le laisser être ? Lui aménager un coin du jardin où il pourra creuser ? Le laisser aboyer de temps en temps ? Lui procurer des friandises à mastiquer plutôt que de le disputer parce qu’il mange les pieds de la table ? L’emmener tous les jours en extérieur pour combler son besoin de renifler et de marquer ? « Éduquer » un chien passe avant tout dans le fait de combler ses besoins. Il sera alors possible de les canaliser puisqu’il trouveront un exutoire dans des activités saines. Vouloir interdire n’est pas la solution. Personne n’est obligé d’avoir un chien. Si l’on choisit de partager notre existence avec l’un d’entre eux, alors on accepte qu’il ne soit pas un morceau de pâte à modeler que l’on peut changer selon nos caprices, mais un être vivant à part entière avec une volonté inextinguible de vivre. Avec les aboiements, le poil mouillé, l’exubérance, les trous dans le jardin et les choses mâchouillées qui vont avec. Vouloir éteindre tout cela, c’est vouloir éteindre le chien. Tant que la liberté des autres est respectée, laissons vivre nos chiens ! Et profitons des moments passés auprès de celui qui partage notre existence, cet être précieux qui sait mieux que quiconque à quoi ressemble une vie pleinement vécue. Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2024

  • La tragédie du petit chien

    Quand on est un individu de petite taille (et j’en sais quelque chose !), on souffre parfois du manque de respect de son entourage. Je ne parle pas de moqueries, mais plutôt du fait que l’on passe plus facilement inaperçu au quotidien qu’une personne plus imposante, et qu’il faille toujours en rajouter quand on a besoin d’être écouté. Je n’ai jamais souffert d’être petite, c’est une particularité dont je me suis toujours bien accommodée, et j’en plaisante moi-même volontiers. J’aime la discrétion donc ma petite taille m’arrange dans bien des situations. En revanche, en situation conflictuelle (que je déteste), je ressens une profonde difficulté à m’imposer. Je finis donc par m’agacer, parce que je ne me sens pas écoutée, et ma crise de colère fait sur mon interlocuteur l’effet d’un pétard mouillé. Alors, j’ai beaucoup de compassion pour les petits chiens. Quand je les vois se déchaîner en bout de laisse, aboyer et se débattre comme de beaux diables, et qu’ils ne reçoivent comme réponse qu’un hélitreuillage en bonne et due forme, j’ai de la peine pour eux. Leur colère provoque le rire ou l’indifférence, alors qu’elle serait effrayante s’ils pesaient le poids d’un Berger Allemand. Les petits chiens sont obligés de tout faire en grand pour se faire remarquer, et même là, ils provoquent l’hilarité : « Ce sont toujours les plus petits qui aboient le plus ! » plaisante le premier badaud venu. C’est dur, d’être un petit chien. On pense qu’un jardin est amplement suffisant pour dégourdir ses petites pattes. On oublie que, dans ce petit corps, se cache un esprit aventureux qui rêverait de découvrir le monde. Le petit chien, on l’attrape sans lui demander son avis, on le cajole, on l’étouffe, on lui inflige nos parfums d’humains. Il est réduit à l’état de bibelot, il sent bon, il fait joli dans le salon. Les rares fois où l’on daigne lui accorder une promenade, il ne peut jamais s’approcher des autres chiens. Pourtant, il n’y a qu’auprès de ces derniers qu’il arrive à obtenir un peu de respect. Chez les chiens, que l’on soit grand ou petit, c’est la confiance en soi et le charisme que l’on dégage qui inspire l’estime. Et il arrive que l’on soit mille fois plus charismatique en Yorkshire qu’en Dogue Allemand. Mais le petit chien n’a pas le droit de socialiser. On ne se pose même pas de question. On ne se dit même pas qu’il appartient à la même espèce que le Labrador ou le Doberman qui passe sur le trottoir d’en face. Il y a d’un côté les gros chiens, et de l’autre les petits. Aussi dissemblables que chien et chat. Alors le petit chien est tracté, soulevé, retenu, et toute sa colère contenue explose. Il aboie, il enrage, et sa petite voix insignifiante ne recueille que des éclats de rire. « Ce sont toujours les plus petits qui aboient le plus ». Il serait faux de prétendre le contraire. Mais, si l’on ne prêtait jamais l’oreille à ce que vous aviez à dire, que l’on vous empêchait toujours de vous exprimer, que l’on niait vos besoins et vos émotions, et que l’on se riait de votre colère, n’aboieriez-vous pas plus fort que les autres ? Si l’on accordait aux petits chiens tout le respect qu’ils méritent, et que l’on écoutait enfin ce qu’ils ont à dire, on se rendrait alors compte qu’ils savent aussi parler… sans avoir besoin de hurler. Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2024

  • Qu’est-ce qu’un bon chien de berger ?

    Plus on travaille sur du bétail avec des chiens de berger, et plus on comprend qu’il est difficile de tirer des généralités sur ce qu’il convient d’appeler « un bon chien de travail ». J’ai démarré le troupeau en 2018, parce que je venais de recueillir un Border Collie et que le milieu du pastoralisme m’avait toujours attirée. Je me suis laissée séduire par ce travail jusqu’à en faire un objectif professionnel. Je suis partie en alpage pour la première fois en 2020, seule avec mes chiens, et toutes les certitudes que je pensais avoir sur les chiens de troupeau se sont évanouies en quelques heures. J’ai appris énormément lors de cette première estive. J’ai ensuite fait l’acquisition d’un petit Border de lignée travail sur lequel je misais tous mes espoirs. Je pensais qu’il serait facile de le former, puisque -c’est ce que je pensais- je connaissais désormais bien mon sujet. Seconde désillusion ! J’ai fait une quantité d’erreurs monumentales avec lui. Mon jeune chien a subi beaucoup trop de pression pour son jeune âge. Il n’a pas pu apprendre à aborder sereinement les moutons. Je travaillais déjà sur le terrain avec lui alors qu’il n’avait pas un an, et les missions qui lui étaient demandées étaient trop exigeantes pour lui, avec des terrains et des moutons pas toujours faciles, et une conductrice -moi- qui se mettait une pression monstre et faisait subir ce même stress à un chien pas encore mature, malgré sa motivation. C’est d’ailleurs cette motivation énorme qui m’a amenée à lui en demander beaucoup trop : Sirius était tellement passionné qu’il était capable de subir une dose de pression phénoménale, mais par la suite, j’ai vu sa qualité de travail se détériorer, et j’ai compris que cette pression était extrêmement délétère pour lui. Il aimait profondément le travail sur le bétail, mais son processus d’apprentissage était totalement annihilé par le stress. Il n’arrivait pas à progresser, malgré des prédispositions génétiques indéniables. Il se mettait à mordre les moutons de plus en plus fort, pour évacuer son trop-plein de stress. Lorsque j’ai compris tout cela -et il m’a fallu du temps- j’ai mis fin à ces missions avec lui. J’ai décidé de me consacrer aux entraînements à la maison, sur mes moutons, et au travail d’estive. Je ne dis pas que tout est facile depuis, car Sirius reste un chien très explosif et qu’on n’efface pas en un claquement de doigts un mauvais départ dans la vie, mais je prends désormais plaisir à travailler avec lui. Et j’ai vraiment, mais alors vraiment, appris énormément grâce à lui. Je m’égare cependant, et je m’en excuse. Il était toutefois important de « planter le décor » avant d’aborder le sujet que je souhaite traiter aujourd’hui. Qu’est-ce qu’un bon chien de berger ? La question est vaste. Tout d’abord, parce que ce qu’on appelle un « chien de berger » peut être un chien de protection, un chien de conduite et/ou un chien de rive, qui peut travailler sur des petits lots d’animaux, des troupeaux plus conséquents, des ovins, des caprins, des bovins, des oies ou des canards. Le terme « berger » désigne originellement les chiens qui travaillent sur troupeaux ovins, mais certaines races bergères sont capables d’être polyvalentes. Et un même chien peut être bon pour une tâche, et moins bon pour une autre. Cet été, j’ai gardé un troupeau de trois-cents chèvres et brebis, particulièrement difficile à conduire. Le mélange chèvres et moutons ne facilite pas la tâche au chien car les deux espèces ne se comportent pas de la même façon, et en plus de cela, les moutons présents dans le troupeau étaient de plusieurs races différentes, ce qui complique encore les choses. C’était la première fois que je me retrouvais avec un troupeau qui n’avait strictement peur de rien, et qui ne bougeait pas d’un poil quand il avait décidé que ce n’était pas le moment. Et finalement, c’est mon vieil Indiana, mon premier Border qui, à mes yeux, n’était pourtant pas un « bon chien de berger », qui m’a sauvé la mise sur cette estive. Toujours en mouvement, presque pas d’œil (ce qui, normalement, est la grande caractéristique du Border Collie), ayant du mal à travailler à distance du troupeau, Indy, avec son manque de finesse dans le travail, s’est avéré LE chien parfait pour cette mission. Alors que, quand je travaillais en écopâturage, sur des tout petits lots de moutons parfois très fuyants, il s’excitait beaucoup, perdait vite le contrôle, et ne s’avérait finalement pas très efficace. La volonté de gérer le mouvement, de tenir rassemblé, la capacité à prendre des initiatives tout en conservant une certaine souplesse de caractère afin d’écouter les consignes du conducteur, l’impact, de l’œil ou pas d’œil, finalement, on entend bon nombre de généralités sur ce que devrait être un bon chien de troupeau. Mais comment peut-on être aussi péremptoire, quand on sait qu’il existe une multitude de races encore capables de travailler sur du bétail, de notre petit Berger des Pyrénées jusqu’au plus confidentiel Huntaway de Nouvelle-Zélande, et surtout, que ces chiens ont tous leurs caractéristiques individuelles, qu’ils ne travaillent pas tous sur les mêmes espèces, ni avec le même conducteur, ni enfin dans le même environnement ? Plus j’en apprends sur le comportement des chiens au troupeau, et plus je constate que la seule généralité que l’on peut tirer sur le sujet, c’est qu’un bon chien de berger, c’est avant tout celui qui est capable d’effectuer avec efficacité son travail de tous les jours. Avec du style, pas de style, de l’œil ou non, à distance ou au contact, si le bétail est respecté et respecte le chien, alors notre chien de berger est BON pour ce qu’on lui demande. Un bon chien de berger, c’est avant tout un chien qui fait le job ! Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2024

  • Gérer son environnement, c’est important pour lui aussi

    Quand je suis anxieuse, il n’y a qu’une chose qui m’apaise vraiment : faire le ménage. Je range l’appartement, je le nettoie, et je me sens instantanément soulagée. Je pourrais boire un verre de whisky, mais je suis trop souvent anxieuse pour prendre ce risque : en moins de deux mois, je deviendrais accro. Alors je range. Et pouf ! Mon angoisse disparaît, pas pour longtemps certes, mais suffisamment pour me permettre de retrouver des idées claires et de repartir d’un meilleur pied. Si l’on m’en empêchait, j’en souffrirais énormément. Vous trouvez cela étrange ? Pourtant, c’est un comportement relativement courant. Et chez les animaux également -d’ailleurs, n’oublions jamais que nous en sommes- la possibilité de gérer autant que possible son environnement abaisse le niveau d’anxiété globale de l’individu. J’ai connu un chien qui souffrait de détresse liée à la solitude -comme beaucoup d’individus canins. Il stressait énormément quand il se retrouvait seul, et par crainte qu’il ne fasse des dégâts dans toutes les pièces, son propriétaire l’enfermait dans le salon quand il devait s’absenter. Un jour, ce dernier oublia de fermer la porte de sa chambre. À son retour du travail, il retrouva son chien allongé sur son lit, à moitié endormi et l’air apaisé. Le fait d’avoir accès au lit, imprégné de l’odeur de son humain et bien plus confortable, il faut l’avouer, que le panier du salon, lui avait apporté un réconfort inattendu. Depuis, son propriétaire le laissa accéder à sa chambre en son absence, et le problème d’anxiété du chien guérit presque complètement, grâce à la possibilité de gérer son environnement. Bien entendu, tous les problèmes de détresse liée à la solitude ne se résolvent pas aussi facilement, mais le cas sus-cité donne à réfléchir. Comme beaucoup d’éducateurs/trices, j’ai longtemps conseillé l’emploi de la cage à mes débuts. Je pensais qu’elle pouvait être un bon outil pour apprendre au chien à rester seul progressivement. En réalité, elle ne rendait véritablement service qu’à l’humain, et non au chien. Même si ce dernier allait parfois se coucher dans sa cage avec plaisir, elle ne lui enseignait rien. Il s’agissait juste d’une solution palliative. Quand je m’absente, je retrouve mes chiens calmes, mais toujours couchés à des endroits d’où ils peuvent avoir une vue sur la porte. C’est une façon pour eux de gérer leur environnement comme ils le souhaitent : pouvoir guetter mon retour les apaise et leur permet justement de pouvoir rester sereins quand ils sont seuls. De même, un chien réactif tenu en laisse courte ne peut pas gérer son environnement. Il ne peut pas s’éloigner de ce qui le met mal à l’aise, il peut se sentir coincé et se montrer d’autant plus agressif, il n’a pas la possibilité de choisir parmi tout l’éventail de comportements que la liberté lui autoriserait. Évidemment, il est inconcevable de lâcher un chien réactif dans la nature et de le laisser se débrouiller avec les chiens ou les humains qu’il croise. En revanche, offrir davantage de liberté contrôlée à l’animal par le biais d’une longe, c’est lui proposer de pouvoir gérer lui-même son environnement -avec votre aide pour le renforcer dans ses « bons » choix- en lui offrant le choix parmi tout un panel de comportements, qu’il ne pourrait pas proposer s’il était tenu en laisse courte. Restreindre le libre mouvement d’un individu peut être une solution ponctuelle dans certaines situations précises -en utilisant la cage pour le transport routier, par exemple- mais ne constitue pas une méthode d’éducation. Pour n’importe quel animal, avoir la possibilité de gérer son environnement -choisir de fuir, d’observer, de s’approcher, de s’approprier un lieu de couchage, de prendre de la distance- est indispensable à son équilibre. Difficile à appliquer en ville, certes, où l’on est contraint d’évoluer dans des endroits exigus, de croiser des humains et des chiens sur un même trottoir, et où l’on est souvent obligé de garder son chien très près de soi, mais, même par petites touches, apporter un peu de choix et de liberté de mouvement à son compagnon, c’est contribuer incontestablement à améliorer son bien-être. À mes yeux, l’une des pires souffrances que l’humain a jamais infligée à un animal, c’est la restriction de mouvement que subissent les animaux de batterie : ces truies bloquées dans des cases qui les empêchent de se retourner, ces veaux logés dans des niches alors que les bovins sauvages évoluent sur des territoires immenses, constituent le summum de la cruauté. Les chiens sont, pour la plupart, mieux lotis que les animaux « de rente », mais nous avons encore du chemin à faire pour leur accorder davantage de possibilités de gérer leur environnement. Vous serez surpris de constater qu’ils savent bien souvent prendre des décisions pertinentes ! Elsa Weiss / Cynopolis © Tous droits réservés - 2024

  • Mon chien fugue : pourquoi ?

    Il y a peu de situations aussi dangereuses pour le chien que le fait de fuguer de son jardin. D’autre part, un chien qui erre peut provoquer un accident de la route, tuer un chat ou des poules, venir ennuyer une femelle en chaleur pendant sa promenade, etc. Il n’est plus envisageable de laisser son chien divaguer dans notre société actuelle, à moins d’habiter un hameau de douze habitants au fin fond de la Lozère, et encore. Mais, pourquoi certains chiens fuguent-ils, tandis que d’autres peuvent rester dans un jardin à peine clôturé sans même chercher à en franchir les limites ? Chaque cas est différent, comme toujours, mais s’il y a une généralité qui peut être énoncée au sujet des chiens qui fuguent, c’est celle-ci : un chien qui fugue, c’est un chien qui ne trouve pas chez lui tout ce dont il a besoin. Dépense physique ou mentale, besoins sociaux, besoins de sécurité, etc, forcément, l’un d’eux n’est pas comblé. Ce qui n’est pas toujours évident à reconnaître quand on aime sincèrement son chien et qu’on essaie de tout faire pour le rendre heureux. Voici une liste (non exhaustive) des raisons qui peuvent pousser un chien à fuguer : 👉 IL MANQUE D’ACTIVITÉ : Un chien que l’on prend le temps de promener longuement avant de partir travailler, qui a pris le temps de se dégourdir les pattes et de renifler de nombreuses odeurs, sera en toute logique plus apte à rester tranquille pendant l’absence de ses maîtres. Sortir son chien (hors du jardin) avant de partir au travail est certes contraignant, mais c’est indispensable si l’on est contraint de le laisser seul plusieurs heures. Un chien peut tolérer de rester seul, mais il ne faut pas oublier que cela ne fait pas partie de son éthologie : à nous de l’aider à mieux accepter de rester seul en répondant au mieux à ses besoins. Après avoir proposé une longue promenade à votre compagnon, vous pouvez le nourrir s’il est amené à rester plusieurs heures seul. L’exercice suivi d’une bonne ration de nourriture activera son système nerveux parasympathique, c’est à dire qu’il s’apaisera en digérant tranquillement son repas. À votre retour, inutile de préciser qu’une autre sortie s’avérera nécessaire : votre chien aura passé une bonne partie de la journée seul, il aura besoin de se dépenser à nouveau physiquement et mentalement. 👉 IL S’ENNUIE : Cette cause rejoint la précédente : si la vie de votre chien n’est pas assez riche, il pourra être tenté de fuguer pour se trouver des stimulations ailleurs. Rappelons-nous que les chiens n’ont ni la télé, ni Netflix, ni de bons livres à lire. Heureusement, il est possible de rendre le fait de rester seul moins désagréable aux yeux de votre chien, en lui offrant des choses intéressantes à faire quand vous n’êtes pas là : mastiquer des friandises naturelles, chercher de la nourriture dans l’herbe, se régaler d’un sabot de bœuf fourré, etc. Petit bémol pour les chiens qui présentent de la détresse liée à la solitude : leur état de stress peut être tel qu’ils ne toucheront pas à la nourriture en votre absence, ou même, qu’ils l’associeront à des émotions négatives, ce qui n’aura dans ce cas aucun intérêt. Si c’est le cas, faites-vous accompagner par un(e) éducateur/trice qui travaille impérativement en méthodes respectueuses et, si possible, qui est spécialisé dans la détresse liée à la solitude. 👉 IL EST EN DÉTRESSE : C’est une raison très courante qui pousse un chien à fuguer. La solitude, cela s’apprend (dans la limite du raisonnable : s’absenter plus de 8h par jour, sans personne pour venir s’occuper du chien et couper sa journée, cela devient très très compliqué pour beaucoup de toutous). Mais cela s’apprend très progressivement : on n’achète pas un chiot, ou on n’adopte pas un chien en refuge, pour le laisser brutalement seul au bout de deux jours. L’idéal, c’est d’accueillir son nouveau compagnon à la maison pendant ses vacances : on pourra ainsi l’habituer progressivement à rester seul, d’abord 5 minutes, puis 15 minutes, puis une heure, etc. Or, beaucoup de chiens n’ont pas appris à tolérer sereinement de rester seul quelques heures par jour : alors, ils paniquent. S’ils sont en intérieur, ils peuvent détruire, aboyer, faire leurs besoins partout. S’ils sont en extérieur, ils peuvent fuguer, souvent parce qu’ils veulent retrouver leur famille humaine ou d’autres humains pour les apaiser. Encore une fois, un(e) professionnel(le) spécialisée dans ce genre de problème devra être consulté(e) si l’on souhaite améliorer la qualité de vie de son compagnon, car les absences de ses propriétaires sont perçues comme un véritable calvaire pour lui. J’ajouterai que les chiens peuvent avoir des difficultés à vivre avec un humain qui travaille en horaires variables : certains individus canins sont très attachés à la routine et le manque de prévisibilité dans leur vie peut être une grande source de stress. Il n’est pas impossible de conjuguer chien et horaires changeants, mais dans ce cas, l’idéal est d’essayer d’instaurer un maximum de stabilité dans la vie de l’animal, par exemple en employant un pet-sitter qui pourra venir sortir votre chien à peu près aux mêmes horaires que les jours où vous le sortez vous-même. 👉 IL CHERCHE DU CONTACT SOCIAL : Certains chiens fuguent, nous venons de le voir, parce qu’ils ne supportent pas le fait de rester seuls sans leur famille humaine. D’autres peuvent fuguer pour retrouver des congénères, souvent parce qu’ils manquent de contacts sociaux intra-spécifiques dans la vie de tous les jours. Les Huskies, les Beagles, les Anglo-Français, globalement les chiens sélectionnés pour la vie en groupe, sont plus enclins à fuguer pour retrouver des copains chiens, parce qu’ils ont grand besoin de leur contact, là où d’autres se satisferont amplement d’une rencontre ou deux au coin d’une rue de temps en temps. Assurez-vous donc que les besoins de contacts sociaux inter-espèce sont comblés chez votre chien, sans quoi il pourrait être tenté d’aller rejoindre les autres toutous du quartier ! 👉 IL SE SENT EN INSÉCURITÉ : Certains chiens fuguent parce qu’ils se sentent vulnérables lorsqu’ils sont laissés seuls dans leur jardin : ils sont exposés au bruit, au passage et à la vue de parfaits inconnus, parfois des chiens passent devant chez eux et aboient, le facteur vient toucher à la clôture du jardin. etc. Cela peut être très stressant pour un chien. Si c’est le cas, la solution, c’est de sécuriser l’animal : en le rentrant, tout simplement ! Rappelons qu’un chien ne s’amuse pas tout seul dans un jardin. Si certains individus préfèrent rester au grand air lorsqu’ils sont laissés seuls, beaucoup sont plus à l’aise dans leur salon, où ils se sentent en sécurité. 👉 IL APPARTIENT À UNE RACE QUI A BESOIN DE « PATROUILLER » : Certains chiens, tels que les chiens de protection des troupeaux, éprouvent le besoin viscéral de patrouiller pour assurer leur rôle de protecteur. Ces races ont été façonnées par et pour les vastes espaces : un petit jardin ne leur suffit que rarement et une simple clôture ne les arrête nullement. Pour eux, leur territoire s’étend bien au-delà. S’ils ne bénéficient pas de longues sorties pour s’assurer que tout va bien dans les parages, la vie à leurs côtés pourra s’avérer bien compliquée. Attention, il est couramment admis que d’autres races, telles que le Husky, sont « naturellement fugueuses ». En réalité, ce qui pousse le Husky à fuguer, c’est le manque d’activité (activité qui est à la portée de tout le monde si l’on s’en donne les moyens : une à deux heures par jour de sortie qualitative en extérieur peuvent suffire au Husky, qui n’a pas besoin de courir 20km par jour comme on l’entend souvent -le Husky « de compagnie » n’étant plus sélectionné sur ses performances physiques, mais sur des critères de beauté), et aussi le fait que les comportements de prédation soient assez développés chez lui. Enfin, c’est un chien qui a souvent un grand besoin de contacts avec ses congénères. Et comme il est généralement assez débrouillard, il est rapidement capable de trouver comment escalader une clôture. Mais s’il fugue, c’est encore une fois parce que l’un de ses besoins n’est pas comblé, par parce qu’il porte en lui « le gène de la fugue ». Dans tous les cas de figure, si votre chien fugue, je vous déconseille l’emploi de méthodes coercitives, comme la cage, qui empêche le chien de bouger mais ne règle pas le problème, bien au contraire. Le collier anti-fugue est aussi à fuir absolument : il n’est rien d’autre qu’un collier électrique qui peut causer à l’animal de gros dégâts psychologiques et physiologiques et qui, encore une fois, ne résoudra pas le problème de fond. Pour résoudre le problème de fugue de votre chien, aidez-vous de la pyramide de Maslow adaptée au chien : examinez chacun de ses niveaux, et demandez-vous si chaque besoin cité est comblé chez votre compagnon. Ainsi, vous pourrez repérer des manques auxquels vous n’avez pas forcément pensé jusqu’à présent. Aucun problème n’est insoluble : en offrant au chien tout ce que sa personnalité complexe réclame, on peut améliorer sa qualité de vie, et la nôtre par la même occasion ! Elsa Weiss / Cynopolis Formations © Tous droits réservés - 2023

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