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Peut-on dire « Non » à son chien ?

Ceux qui dénigrent l’éducation dite « positive », ou ceux qui l’interprètent mal et n’en connaissent pas les fondements, pensent qu’elle consiste à n’enseigner aucune limite au chien et à le laisser faire tout ce qu’il veut sans jamais le contrarier. Le terme d’éducation « positive » peut en effet s’avérer trompeur, car il donne l’impression qu’on n’utilise que le renforcement positif pour éduquer l’animal, ce qui est strictement impossible. Bien sûr, si l’on peut employer au maximum le renforcement positif, c’est tant mieux ! Mais parfois, on emploiera le renforcement négatif, la punition négative et même la punition positive (je ne prône évidemment pas cette dernière comme méthode d’éducation, mais que celui qui n’a jamais haussé le ton une seule fois au cours de sa cohabitation avec son chien me jette la première pierre). Instaurer un cadre peut cependant se faire sans avoir besoin de crier, car ne l’oublions pas, s’il est humain de perdre parfois pied et de s’énerver, il est rare que la punition positive soit bénéfique dans le processus éducatif de l’animal. Ne pensez donc pas que je la prône. Je cherche surtout à la comprendre et à la justifier, car parfois, nos propres émotions sont annihilées par notre volonté de bien faire, d’être pour nos chiens la parfaite « Maman calme » de Florence Foresti, jusqu’au jour où nous « pétons un plomb » pour avoir trop longtemps refoulé nos émotions négatives.


Mais je m’égare. Je le répète, instaurer un cadre pour l’animal se fait sans avoir aucunement besoin de crier, en lui faisant tout simplement comprendre ce qui est autorisé et ce qui est interdit, et en s’y tenant au quotidien. Mes chiens, par exemple, n’ont pas le droit de monter sur le canapé, sauf si je les y invite. C’est une règle chez nous, mais elle peut être différente chez vous : vous avez tout à fait le droit de laisser votre canapé en libre accès à vos chiens, comme vous avez le droit de le leur interdire complètement. Chacun instaure les règles qui lui conviennent. Mes chiens, donc, n’ont pas le droit de monter sur le canapé, en revanche, quand j’y suis assise, ils ont le droit de poser leurs pattes avant sur mes genoux pour un câlin. De temps en temps, je constate une petite tentative d’escalade, et je sens une patte arrière qui se pose sur ma cuisse. Je dois interrompre ce comportement, puisqu’il n’est pas accepté. Cela va peut-être vous surprendre, mais dans ce genre de cas, j’utilise le mot « Non » pour arrêter le chien alpiniste. En revanche, je fais toujours suivre le « Non » par une consigne, par exemple « Non, descends ». Le « Non » n’est qu’un signal permettant d’interrompre un comportement : utilisé seul, il n’indique pas à l’animal ce qu’il doit faire à la place du comportement interdit.


C’est là que l’emploi du « Non » pose problème. Combien de fois ai-je pu entendre ce mot au cours de certaines séances, surtout avec des chiots nouvellement arrivés à la maison ! Ces pauvres chiots devaient probablement penser qu’ils s’appelaient « Non ». « Non, pas le pied de la table ! », « Non, laisse le chat tranquille ! », « Non, pas le vase du salon », voilà à quoi ressemblait leur quotidien. Non seulement, quand on accueille un chiot à la maison, on a la possibilité d’éviter de se mettre en conflit avec lui en aménageant son environnement (cachez vos bibelots, ne laissez pas traîner d’objets qui pourraient être mâchouillés, planquez vos vases, vous ressortirez tout cela quand votre chiot aura un peu grandi. Et au lieu de sanctionner son besoin naturel d’explorer par la gueule tout ce qui est à sa portée -qui aurait l’idée de sanctionner ce même besoin chez un bébé humain ?- fournissez-lui de quoi mâcher, en quantité et en variété), mais en plus, on sera un référent beaucoup plus crédible si l’on montre au chiot ce qu’il a le droit de faire à la place d’un comportement non souhaité. Et, en disant simplement « Non », on n’apprend rien au chien.


L’emploi du « Non », je n’y suis donc personnellement pas opposée, à condition qu’il se fasse sans crier (votre chien n’est ni sourd, ni débile), qu’il soit suivi d’une consigne permettant au chien de savoir quoi faire au lieu d’adopter le comportement indésirable, et qu’il ne soit pas employé à outrance. Mais ne tombons pas dans les extrêmes, mettre des limites à son chien et instaurer un cadre de vie cohérent à la maison est non seulement bénéfique pour vous, mais aussi pour lui (des règles claires rassurent). Cela peut passer par l’emploi occasionnel du « Non », et ne fera pas pour autant de vous une personne maltraitante. Le « Non », pourquoi pas, mais avec parcimonie !


Elsa Weiss / Cynopolis

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