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Le chien, cet animal qu’on empêche d’être lui-même

Dès son arrivée à la maison, on tente d’exhorter le chien à « ne pas faire ». Ne pas sauter, ne pas mordiller, ne pas creuser, ne pas mâchouiller, ne pas aboyer. Ne pas être un chien.


J’ai vu récemment une vidéo d’une éducatrice qui expliquait que le chien était le seul animal domestique que l’on essayait de changer dès le premier jour de sa vie au sein de notre foyer. Elle a mille fois raison.


Un chien, ça court, ça bouscule, ça jappe, ça lève la patte partout, ça fait des trous dans le jardin, ça vit. Un chien, ça croque la vie à pleins crocs et je pense que les vrais amoureux des chiens les aiment pour cette raison.


Pourquoi vouloir toujours changer le chien ? Ne peut-on pas le laisser être ? Lui aménager un coin du jardin où il pourra creuser ? Le laisser aboyer de temps en temps ? Lui procurer des friandises à mastiquer plutôt que de le disputer parce qu’il mange les pieds de la table ? L’emmener tous les jours en extérieur pour combler son besoin de renifler et de marquer ?


« Éduquer » un chien passe avant tout dans le fait de combler ses besoins. Il sera alors possible de les canaliser puisqu’il trouveront un exutoire dans des activités saines. Vouloir interdire n’est pas la solution.


Personne n’est obligé d’avoir un chien. Si l’on choisit de partager notre existence avec l’un d’entre eux, alors on accepte qu’il ne soit pas un morceau de pâte à modeler que l’on peut changer selon nos caprices, mais un être vivant à part entière avec une volonté inextinguible de vivre. Avec les aboiements, le poil mouillé, l’exubérance, les trous dans le jardin et les choses mâchouillées qui vont avec.


Vouloir éteindre tout cela, c’est vouloir éteindre le chien. Tant que la liberté des autres est respectée, laissons vivre nos chiens ! Et profitons des moments passés auprès de celui qui partage notre existence, cet être précieux qui sait mieux que quiconque à quoi ressemble une vie pleinement vécue.


Elsa Weiss / Cynopolis

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