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Le Beauceron : un « Frenchie » qui mérite le détour

Quand j’étais enfant, je me souviens que le Beauceron, souvent appelé « Bas rouge », n’avait pas très bonne réputation (tout comme la plupart des races de grande taille de la même couleur, allez savoir pourquoi…). Déjà à cette époque, je ne croyais pas trop à la réputation sulfureuse de certaines races de chiens, car je pense qu’elle est tout simplement issue d’un inconscient collectif qui fait perdurer une peur ancestrale du loup et plus généralement des bêtes à crocs. Mais ce n’est que ces dernières années que j’ai appris à bien connaître le Beauceron, car il a regagné en notoriété cette dernière décennie.


Le Beauceron fait partie, à mes yeux, des races de chien les plus stables et les mieux adaptées à une vie de chien de compagnie actif. Sa réputation de chien mordeur, presque fourbe selon les dires de ses détracteurs, est totalement infondée. Certes, certains individus sont craintifs, résultat d’une mauvaise sélection génétique et/ou d’une socialisation insuffisante, et devraient être écartés de la reproduction (le standard mentionne un « chien d’un abord franc et sans peur), et peuvent aboyer sur les personnes inconnues croisées dans la rue. Mais le Beauceron est idéalement calme, réfléchi, et sait aborder les situations nouvelles sans inquiétude excessive.


Le Berger de Beauce est issu de chiens qui travaillaient dans les grandes plaines françaises, et qui se sont divisés en races telles que le Beauceron et le Briard, qui sont de proches cousins, l’un à poil court, l’autre à poil long. Le Beauceron tenait (et tient encore) un double rôle auprès des troupeaux ovins : celui de chien de conduite et celui de gardien. Il était (et est encore !) un excellent chien de rive, c’est à dire qu’il longe le troupeau au trot en faisant de vastes aller-retours pendant que ce dernier se repaît d’herbe, le but étant de le protéger contre d’éventuels dangers, mais aussi de l’empêcher d’aller grignoter sur les parcelles voisines comme les champs cultivés, par exemple. Il est donc plus calme, plus attentif à son environnement et moins obsessionnel que le Border Collie notamment, essentiellement dédié à la conduite du troupeau et donc totalement focalisé sur le moindre mouvement des brebis.

Dans la vie de tous les jours, cela se ressent : le Beauceron, pour peu qu’il ait confiance en son humain, tisse généralement de solides liens avec lui sans pour autant lui réclamer constamment un travail comme d’autres races bergères en recherche d’interactions permanentes. Il en découle une réelle polyvalence, et le Beauceron peut remplir presque tous les rôles qu’on lui confie : agility, mantrailing, dog dancing, ring, obéissance, il est capable d’exceller dans toutes les disciplines, pour peu qu’on fasse attention à sa croissance assez longue et à son poids conséquent (même s’il s’agit d’un chien athlétique, sauter des obstacles n’a pas le même impact sur les articulations d’un chien de 15 kilos que sur celles d’un chien de 38 kilos). Actif sans être constamment sur le qui-vive, il sera toujours ravi de partager une activité avec sa famille, mais il sera aussi capable de se poser quand il le faut. Naturellement gardien, il ne laissera pas entrer un cambrioleur mais saura se faire discret quand son propriétaire recevra des amis : légèrement réservé avec les inconnus, il est très rare qu’il se montre agressif envers eux. Bien sûr, il s’agit de généralités sur la race, et l’on peut trouver des chiens réactifs chez le Beauceron comme chez n’importe quelle autre race de chien.


Avec ses congénères, le Beauceron est généralement équilibré, mais il peut parfois se révéler « harceleur » lorsqu’il est placé dans un groupe, aboyant et pinçant les autres chiens s’ils s’excitent, par exemple. J’ai souvent observé cela chez la race : si votre Beauceron agit de la sorte, appelez-le et éloignez-vous, et préférez des interactions calmes lors desquelles il se débrouille généralement très bien.


Niveau allure, impossible de rester impassible devant un Beauceron : tantôt majestueux, tantôt « grand dadais », avec sa tendance à traîner des pattes arrière comme s’il portait des charentaises, ses double ergots (indispensables pour la confirmation !) et sa propension à aller à l’amble, il impressionne et attendrit à la fois. Mention spéciale au Beauceron « ado » qui traverse une période un peu ingrate : le chiot semble pousser tout en hauteur, sa croupe dépassant la hauteur du garrot, avant de s’étoffer, aux alentours de deux ans, pour donner un superbe chien de berger à l’ossature impressionnante et à la superbe robe noir et feu ou arlequine.


Tout comme le Rottweiler, dont j’envisage de faire le sujet d’un prochain article, le Beauceron fait donc partie de ces gentils géants dont l’image mérite d’être redorée. Si vous cherchez un compagnon de grande taille, actif sans être hyperactif, qui pourra vous accompagner dans toutes vos activités (il n’est pas fait pour rester seul dans un jardin et a besoin d’être avec vous !), opter pour un Beauceron peut être un excellent choix, et il y a fort à parier que vous n’aurez plus jamais envie de changer de race par la suite !


Elsa Weiss / Cynopolis

© Tous droits réservés - 2022



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